Nous sommes arrivés au blog 19 pour le livre psychanalyse et au blog 6 pour le livre sur l’EMI. En raison du congrès sur l’EMI à Paris (mai 2020), je privilégierai dorénavant la parution des blogs EMI. Le choix de l’édition sur internet permet cette adaptation qui va au-delà de l’organisation de ces deux œuvres (de 300 à 400 pages chacune) telle que prévue pour une publication en livre. Alors que le démarrage de la « psychanalyse pléni-intégrative » était un peu poussif parce que trop théorique (et classique), la mise en avant de textes plus sexy sur le rêve, sur les expériences EMIques et mes initiations les plus riches booste les clics. Je continue donc à privilégier les apports les plus incitatifs.

Rappelez-vous le sommaire (du livre) donné en début du blog EMI. Quatre parties le constituent :

  • les initiations personnelles (piano, rebirth, tanking, méditation),
  • les révélations exubérantes (chez mes élèves, Eben Alexander, Anita Moorjani, etc.)
  • les manifestations sous toutes les formes (rêve, récits anciens, mythe dogon, religions, neuroscientifiques en particulier),
  • les applications pour la vie bonne (morale, politique, écologie).

Comme dit ci-dessus, le passage du livre au blog permet de modifier le sommaire, au gré de l’actualité, de l’inspiration (EMIque) et des échanges avec les proches et professionnels.

Je viens de dîner avec deux dames, (février 2019) l’une pharmacienne, éprise d’objectivité (chimique) que me élucubrations horripilent. J’en parle quand même deux minutes pour résumer en : tunnel sombre, lumière. L’autre, sa copine, se rappelle tout d’un coup qu’à 12 ans, pendant ses trajets en mobylette, elle s’arrêtait dans la nature, se perdait en contemplation et émerveillement jusqu’à être envahie par la lumière, plusieurs fois, mais plus depuis. La première dame lance : « ce sont les vibrations de la selle ». Pourquoi pas, comme starter ? Mais çà monte dans le cerveau : tunnel sombre, lumière, volupté, évidence, cinquante années plus tard encore.

Du coup, en mode holo(istique), il m’apparait avec évidence que je dois bloguer plus rapidement les applis. Voici celle qui s’est invitée dans la foulée et qui pourrait devenir l’une des couvertures du livre et/ou l’une des affiches du congrès.

 

Dr. R. MEYER

EMI / NDE

çà s’appelle

Expérience de Mort Imminente
Near Death Experience

mais c’est bien plus encore :

– le miracle qui guérit la mort,

– la révélation qui enseigne la vie,

– l’exaltation hédonique, éthique et mystique

un blog, un livre, un congrès (mai 2020)

 

 

Le code source transconscient

l’Expérience de Mort Imminente en son cycle de cinq séquences

L’auteur qui arrivera à développer ce nouvel arrivant (et aussi le plus ancien) sur le mode dit scientifique, avec arguments et statistiques, l’auteur qui saura présenter sa démonstration de façon suffisamment compréhensive (pour ne pas dire vulgariser), cet auteur méritera le prix Nobel de médecine et pourra rester derrière le téléphone en octobre comme Freud l’a fait, en vain. Je ne serai pas celui-là parce que je n’ai aucune envie de faire de ce texte une troisième thèse de doctorat. J’ai donné deux fois. De plus, de présenter ma science de façon non dure, un peu molle et surtout bien folle, me convient tout à fait et me remplit d’une satisfaction digne du spectacle qui me charme en face de moi : la mer Méditerranée vue de haut, face aux îles Porquerolles, avec le cap Nègre à ma droite et les silhouettes éthérées de Carla et Nicolas au bout de l’eau noire. (Vous devinez l’évocation du tunnel noir !) Malgré tout, c’est très sérieux. Le Rayol (mon lieu de vacances) vaut bien Stockholm. Plus sérieusement quand même nous avons à parcourir :

  • l’expertise qui me donne cette évidence,
  • les trois occurrences de l’EMI,
  • les cinq séquences du cycle EMIque,
  • les deux temps de chaque séquence: subversion de structure et actualisation de ressources transcendantes,
  • la réception publique, la vulgarisation médiatique et le traitement scientifique du phénomène,
  • les actualisations psychologiques, symboliques, culturelles, religieuses, anthropologiques, du même phénomène,
  • et le « à quoi bon ? », « ça sert à quoi ? » autant pour la psy que pour la survie de l’humanité.

 

L’expertise personnelle

Ça ne tomberait quand même pas miraculeusement du ciel, ça ne surgirait pas spontanément des profondeurs. Mais si. Il suffit d’accueillir. Voilà quarante années que j’accompagne des milliers de patients et élèves en pneumanalyse, terme abrégé en pneumo-. Après une quinzaine d’années, je commençais à entendre dans leurs restitutions une constante, une trame commune, un invariant dans le déroulement de leur Expérience. Je lisais déjà les bons auteurs tel Raymond Moody. Et quand je tombe sur l’article de Pim Van Lommel, ça fait tilt. Ça sonne comme un bouchon de champagne. Ce cardiologue hollandais voulut avoir le cœur net, (le cœur). Il relança les trois cent cinquante patients qu’il sauva du coma par infarctus du myocarde et leur demanda ce qu’ils avaient vécu pendant les heures et les journées de coma. Quinze pour cent des interviewés relatèrent une EMI. Sur ce, j’interrogeai moi-même les patients qui avaient subi une anesthésie générale et trouvai des résultats analogues (sans prétention statistique).

Cela devint évident pour moi. La trame de la pneumanalyse n’était rien d’autre que le processus EMIque. Ma conviction fut totale. L’évidence issue de la « nature de l’esprit » ne me quitta plus. Il y a huit jours, je proposai une pneumanalyse à douze élèves tous novices. Dix d’entre eux expérimentèrent le tunnel noir dès le premier essai.

J’avais donc lu les meilleurs auteurs. Je ne les citerai pas tous puisque je ne veux pas le prix Nobel. Des douze séquences initiales de Raymond Moody (lui, oui, faut le citer, encore que, comme on verra), on s’est rabattu sur cinq, celles de la pneumanalyse et de la trame qui en émerge. La corrélation, l’association, se firent. C’était bien ça. Les premiers textes des professionnels se contentaient de décrire le contenu de ce phénomène tout comme les textes sacrés de ces derniers millénaires. Mais, depuis, ça se corse. Un neurochirurgien très médiatisé est ressorti de sept jours de coma et prétend avoir été mort, avoir visité le paradis et en apporte la preuve, titre de son livre. J’avais fait une conférence à l’Association Médico-Psychologique, la plus ancienne confrérie psychiatrique française, devant six petits vieux, quand on me donna enfin la parole en fin de journée. L’un d’eux avait autant d’humour que moi et me lança : « A part Jésus, personne n’est revenu de la mort ! ». Evident, mon cher Watson. Et même Jésus, ça se discute. J’avais aussi contacté un autre cher confrère qui intervertit les trois séquences centrales : éveil énergétique, intime du lien, nature de l’esprit. Ce qui semble d’ailleurs logique pour nos esprits rationnels. Il ne répondit même pas. Mais non, désolé, c’est dans l’ordre universel: éveil énergétique, nature de l’esprit, intime du lien, comme nous le verrons.

 

Mort et résurrection

On reprend Jésus, symboliquement. « Lux aeterna dona eis domine » , « Seigneur, donne leur la lumière éternelle » chante-t-on à la messe des morts (catholique). Tiens donc. Mon passage au couvent (cinq années de petit séminaire puis trois années de vie conventuelle, sans compter huit années préalables de servant de messe) m’a évidemment baigné dans l’ambiance des profondeurs à la fois psychologiques, sociales et symboliques. Je n’y ai pas eu d’extase voluptueuse. Mais j’ai vu Dieu, comme une silhouette nébuleuse lors des quinze jours de silence de la retraite préparatoire à la prise d’habit. Ce type de visualisation est courant dans la séquence n° 4 de l’EMI de l’intime du lien. Il s’y ajoutait tout autant l’endoctrinement religieux avec les preuves de l’existence de Dieu (comme du paradis chez Alexander, notre neurochirurgien). A défaut d’y croire encore, ça fait néanmoins de belles références autrement importantes que burkini versus monokini !

Pendant les années de couvent, on m’a permis de suivre l’année de Propédeutique Lettres dans la ville voisine. Puis, lors du service militaire, j’ai arraché le droit d’aller à Montpellier en fac de sciences humaines : ethnologie et sociologie générale (ce dernier certificat obtenu). J’ai mené ces sciences « molles » jusqu’au doctorat à la Sorbonne. Mais pourquoi répéter ce que j’ai déjà écrit ailleurs ? Pour rappeler cette autre expertise, anthropologique, qui s’intéresse totalement aux manifestations culturelles et civilisationnelles de l’EMI. Ma thèse sur le mythe dogon (que l’on résumera plus loin) ne le mentionne pas, ce cycle EMIque, ou seulement par la bande. Cette observation vaut son pesant d’or, a contrario. Lorsqu’on n’est pas prévenu de l’EMI, on ne la décèle pas. On se contente de travailler ses manifestations multiples sans accéder à leur fondement. On est à la surface et pas en profondeur, dans les contenus symboliques et pas dans la trame contenante. Les anthropologues s’interrogent depuis longtemps sur les grottes rupestres peintes il y a vingt à trente mille ans, telles Lascaux et Chauvet. Il y en a des dizaines sinon des centaines de par le monde. Eh bien, la théorie qui fait de plus en plus d’adeptes se réfère précisément à l’expérience de mort initiante. Les auteurs (chamans ?) entraient dans l’expérience EMIque (par hyperventilation, drogue ou méditation) et laissaient le vécu animer leurs mains alors qu’ils n’y voyaient rien, ou très peu, au fond de la grotte. La lumière, elle, inondait leurs yeux. La référence aux oeuvres archaïques constitue une validation précieuse de l’EMI. Le fameux Bardo Thödol des tibétains ne se traduit pas par « livre des morts » mais par « livre des changements ». Il y en a quatre, de ces bardos, comme par hasard. A voir plus loin.

Faut-il insister et appeler à la rescousse la musique ? Je suis pianiste amateur et j’ai décrit mes prouesses ci-dessus. Marie-Christine, ma compagne, est artiste lyrique et me raconte ses extases sur scène. L’art plastique agit plus discrètement. Il faut se laisser imprégner profondément par l’œuvre. Mon pourvoyeur en statues dogons est venu me voir dernièrement. Il a aligné ses objets : hogon, cavalier, bisexualité, telem… C’est une poterie legba que j’ai retenue (à bon prix !) représentant le mythe de l’androgyne de Platon : une poterie ronde comme une grosse boule avec les sexes masculin et féminin de chaque côté. C’est un émerveillement que de voir matérialisé ce mythe qui m’habite depuis quarante ans. L’art prépare à lâcher le regard et l’esprit au-delà des raisons suffisantes.

Concluons. La pneumanalyse constitue le laboratoire expérimental de l’EMI. Les autres pratiques psy- et somato- élargissent cette approche pratique. Les connaissances psychologiques, culturelles, religieuses, attestent de la trame du processus EMIque et de sa présence universelle dans toutes les manifestations humaines. Ça fait presque plaidoyer (pour prix Nobel). Allons-y quand même sérieusement.

 

Les trois occurrences de l’EMI

L’EMI est un processus bio-physio-logique à expression psychologique et gestion sociale et culturelle qui constitue la vie et se manifeste inconsciemment, implicitement, subrepticement, à tout instant. Mais sa forme complète à cinq séquences ne se révèle que dans des circonstances particulières que nous proposons de regrouper en trois catégories :

  • les survenues traumatiques et pathologiques,
  • les pratiques extatiques, méditatives et spontanées,
  • et les avènements thérapeutiques et analytiques.

Ça rime. C’est beau comme le veut l’intime du lien ou créativité symbolique. Encore faut-il accepter l’évidence qu’il s’agit de la même EMI bien que la première (traumatique) se déploie en clivage et que les deux suivantes le fassent en unification. Voilà le point névralgique et la pomme de discorde éventuelle. Tiens donc. La pomme, d’Eve, devait-elle faire accéder cette dernière aux ressources transcendantes à l’instar de Yahvé ?

 

Les EMI violentes, traumatiques et pathologiques

Un choc violent perturbe le fonctionnement cérébral et le déstructure. Il en découle un ECM, Etat de Conscience Modifié, et éventuellement une EMI. Ce peut-être un coup de massue (ou de matraque !) sur la tête (image de tout impact extrême), une tête qui cogne le pare-brise, ou un arrêt cardiaque qui prive le cerveau de sa nourriture en oxygène en quelques minutes ou une anesthésie générale. Voilà les cas extrêmes que la médecine privilégie à l’instar de Raymond Moody, jeune interne en psychiatrie à l’époque. Ces expériences sont généralement attrayantes et spectaculaires pour les scientifiques eux-mêmes qui ne boudent pas le spectacle. Et comme çà se termine bien – par la résurrection – c’est encore mieux.

Il faut reconnaitre ici la fonction de résilience de ce processus qui atténue la souffrance, la remplace même par la jouissance empêche souvent le trépas et enlève la peur de la vraie mort.

Lux aeterna dona eis domine. Dominus, le seigneur, ici, c’est maître EMI qui transforme l’instant de la mort en extase suprême. Ce qu’on oublie, c’est que cette « EMI trauma et coma (et cata-strophe)» se fait en clivage jusqu’à la dissociation. L’impact est tellement violent et instantané que çà disjoncte. La manifestation de ce clivage se lit dans la fameuse OBE, Out of the Body Experience ou sortie du corps. Tout d’un coup on est deux : un corps incarcéré dans une voiture scotchée contre un arbre et quelqu’un de tout guilleret (l’âme ?) qui se perche sur la plus haute branche de cet arbre. Ce clivage peut se développer jusqu’au voyage astral et au panorama de vie (en deux minutes lors de noyades). En pneumanalyse, un début de clivage peut se manifester également, quoique moins intensément, sous forme de tétanie puis d’hyperacuité sensorielle chez les analysants hyperstructurés.

Que la même expérience se fasse sous anesthésie générale ou dans certaines formes d’épilepsie montre l’importance de la modification biophysiologique. J’ai moi-même eu un flash EMIque au sortir d’une anesthésie générale et encore sous morphine antidouleur avec la vision très lumineuse de la salle de réveil où tout était brillant, beau et réconfortant. Mais faut-il ranger les effets des drogues volontaires dans les occurrences extatiques ou ici en clivage ? Il se constitue actuellement des banques de données réunissant de plus en plus de cas, des milliers et dizaines de milliers. Je n’ai pas cherché à consulter ce matériel intéressant qui ouvre la route de la Suède. Les échos que j’en ai me font craindre que la masse des descriptions des plus variées ne complique la recherche sur l’essentiel, sur l’invariant, comme j’essaye de le faire. Par contre les trois cent cinquante cas de Pim Van Lommel sur des comas après infarctus doivent déboucher sur quelque chose de cohérent. C’est presque comme des cohortes randomisées.

 

L’occurrence extatique

C’est merveilleux et fantastique sans qu’il n’y ait ni traumatisme ni pathologie. Ça ne clive donc pas sauf dans certains cas. Voici comment mon expérience religieuse me fait évoquer les extases orgasmiques de Thérèse d’Avila. Confer la statue du Bernin à Rome. Pendant le noviciat, nous nous donnions la discipline, à savoir des coups de fouet sur les fesses mais avec deux édulcorations récentes : on le faisait seul dans sa cellule et sur le pantalon et non plus cul nu. Par contre, c’est moi qui fabriquais les disciplines (fouets) ! Alors Thérèse ? Elle jeûnait. Elle loupait du sommeil. Elle mortifiait son corps en portant des cilices (colliers de chien à pointes) et tutti quanti. L’énergie du centre source périnéal et sexuel bloqué par le tube digestif martyrisé est malgré tout présente, contourne les viscères insensibilisés et s’accumule dans la tête. Et, de temps en temps, cette surcharge énergétique se décharge massivement en une extase : félicité dans la tête, vision lumineuse avec Jésus au centre, et descente dans le cœur et le ventre érotisé. C’est une hypothèse personnelle mais ça peut s’expérimenter assez facilement. Je vous ai donné le mode d’emploi ! Quant au fouet, adressez-vous à la Congrégation des Rédemptoristes. Alors est-ce en clivage ? Chez Thérèse, oui.

Autre protocole statistiquement validé. Quand fait-on plus de rêves érotiques ? Quand on a une vie sexuelle régulière ou lorsqu’on cultive l’abstinence ? Vous avez tout faux ! C’est comme chez Thérèse, dans l’abstinence sexuelle.

Le sexe occupe une place de choix (comme je l’évoque souvent) et explique le regain du trantrisme sexuel, à deux ou tout seul, plus compliqué à deux, plus idiopathique (simple) seul ! Et ceci pour partir dans le spirituel, le mystique et le méditatif. La musique, l’art, l’amour, les émotions fortes, sont de la partie. La méditation remplit de plus en plus ce rôle d’incursion dans l’EMI. En Méditation Pleine Présence, les étapes préliminaires préparent le terrain, plus en douceur que chez Thérèse et son compagnon, Jean de la Croix :

  • relaxation, pour lâcher les tensions qui pourraient provoquer stress et clivage ;
  • expansion dans l’espace, prolongement haptonomique du corps aux six parois du lieu, équivalent du contact haptique;
  • éveil énergétique du 1er chakra au 7ème;
  • submersion du cerveau par cette énergie montante (kundalini) et subversion de la structure mentale ;
  • abandon passif (mais conscient) au mode auto (nome). On verra plus loin.

Tout cela se passe dans un être unifié, centré en son axe le long de la colonne vertébrale (kundalini) et expansé tout autour, aux six parois du lieu, puis au-delà. Voilà la différence d’avec les EMI trauma et coma encore que l’opposition ne soit pas toujours aussi nette. Ici, nous expérimentons clairement le temps de subversion de la structure et le temps d’épanouissement des ressources transcendantes. Et là se pose la place de la drogue. Sans entrer dans les spécificités de chaque produit (morphine apaisante, cocaïne excitante, psychédélique hallucinant) nous reconnaissons ici la dimension biologique de l’EMI puisque ces produits agissent par l’intermédiaire des neurotransmetteurs. (Nous verrons plus loin l’effet EMIque du DMT, ayahuasca)

J’allais oublier le phénomène des conversions religieuses joliment valorisées à l’intérieur de leur communauté/culture et repérées comme radicalisations quand ça se passe chez les autres ! Pensons à Paul de Tarse, Augustin le Maghrébin, Verlaine en prison, Claudel à Notre Dame de Paris. C’est comme pour Thérèse. Une bourrasque énergétique remplit le corps de volupté, submerge la tête de conviction et relie (religion) à la communauté. Puis ils vont combattre l’incroyant avec l’Inquisition, (500.000 victimes sur le bûcher. C’est quand même moins que les cinquante millions de Hitler, de Staline et de Mao chacun, ex aequo et médailles d’or). L’humour (noir) qui voudrait faire tomber les défenses et résistances ne peut pas ajourner l’interrogation : est-ce encore l’EMI ? Quant à la dernière occurrence, analytique, nous y sommes plongés dans ce livre.

 

La survenue thérapeutique et analytique

Nous n’en rajouterons pas sauf à apporter un nouveau regard. Est-il scientifique ? L’hyperventilation de la pneumanalyse est du même ordre que le trauma violent et le coma, mais moins intense évidemment. Elle modifie les constantes sanguines: hyperoxygénation non évacuée par l’action, hypercapnie, perturbation de l’équilibre acido- basique et autres chocs. Il s’agit d’un trauma à compenser par un lâcher prise psycho-corporel sans lequel s’installe la tétanie avant-coureur du clivage (esquisse de sortie du corps). Dès que la structure mentale a cédé dans le tunnel noir, le cervelet (autonome) prend le relais du cortex cérébral (volontaire) et ralentit la respiration jusqu’à l’apnée pour corriger les modifications biologiques et rétablir les équilibres homéostatiques.

Comme pour la pratique religieuse et pour la passion amoureuse, sans parler du sexe, les débuts (de carrière) peuvent être fulgurants au point de provoquer des défenses subites tout aussi fortes et prolongées. Il faut répéter ces pratiques, apprendre à les gérer et accepter les changements d’état d’être qui peuvent s’en suivre. Il en va de même des drogues si on ne veut pas se retrouver addict rapidement. Parce que l’Expérience de Mort Imminente est un processus biophysiologique à trame simple et commune mais complètement déjanté dans sa dimension psychologique. C’est ce que nous devons décrire à présent.

 

Le cycle EMIque en ses cinq séquences

Le monde savant fait à présent consensus sur ces cinq temps de l’Expérience de Mort Imminente/Initiante. C’est la trame formelle qui émergeait des milliers d’EMI expérimentales de mon laboratoire pneumanalytique. Chacune de ces séquences se subdivise en deux temps :

  • la subversion de la structure défensive et
  • l’exaltation de la ressource qui transcende.

Nous allons décrire la dimension formelle de ce qui dure spontanément trois quarts d’heure en pneumo-, et des heures et des jours dans le coma. Ma fille était restée trois semaines dans le coma après une chute de cheval. Dernièrement, je l’ai entreprise.

  • « Qu’as-tu vécu pendant ces trois semaines, des visions, des intuitions ? »
  • « Rien de spécial de ce côté-là ; mais j’ai essayé chaque soir pendant des années de retrouver la même qualité de sommeil. En vain ».

Elle sommeillait donc en plein apaisement et en tendre volupté. C’était nirvana sans glissement dans les images de l’intime du lien. Pour les Orientaux, c’est le summum.

Si vous avez en tête le tableau du déroulement de la pneumo-, vous vous rappelez que j’insiste sur les séquences centrales, 2, 3 et 4, négligeant les première et cinquième. Or ces dernières valent aussi leur pesant d’or. De plus j’ajoute clairement une sixième étape qui ne fait pas partie du cycle court mais qui en découle régulièrement et qui marque l’effet thérapeutique/analytique de l’expérience EMIque, l’étape du changement de vie. Je propose une description simple de ces six temps en me référant aux meilleurs exemples tirés de mon expérience. Dans le jargon scientifique, on appelle cela phénoménologie. L’EMI est phénomène. C’est tellement complexe qu’on ne peut pas la réduire à des concepts simplistes.

 

Première séquence :
la subversion de la structure clivante  et l’état de bien-être

On connait. On sort de l’ordinaire et des convenances. On se rebelle et on y va, dans cette première rébellion/subversion du formatage. Il arrive du bon, de l’agréable, du bien-être. Je m’attendais au pire et il vient du sublime. Surprise. Je dérape en voiture sur la plaque de verglas et dévale la pente en attendant de m’encastrer autour du tronc d’arbre salvateur. Même pas peur. Même pas catastrophé. Je me sens bien. Mon corps se remplit agréablement. L’esprit s’apaise. Le cœur fait confiance. Sous la torture, je m’absente ailleurs. Pendant le viol, je le laisse faire sa besogne. Et pendant l’anesthésie, tchao, byebye, je ne suis plus là. Souvent ça s’arrête là, sans percevoir que ce n’est que le début.

 

Deuxième séquence :
la subversion de la structure corporelle et la submersion énergétique

Dès la cellule primitive, le processus EMIque est à l’œuvre. Elle propulse celle-ci dans le toboggan de la trompe pour qu’elle aille s’accrocher à la muqueuse utérine. Neuf mois plus tard, elle se fraye son chemin par la voie génitale jusqu’au grand jour. Le créateur du rebirth (Léonard Orr) a pris le tunnel noir comme réminiscence du passage du vagin : obscurité et aspiration vers l’avant. C’est une image et une métaphore plus qu’une réalité difficile à accréditer. Tout ce processus va finalement constituer ces êtres magnifiques que nous sommes tous, vous et moi. Et ça se fait d’autant mieux qu’on laisse faire. Le bien-être se transforme peu à peu en énergie chaude, douce, agréable, picotante, voluptueuse. Ça commence dans l’un des chakras, se propage de l’un à l’autre jusqu’à envahir tout le corps. Dans un trauma/coma, ça se fait tout seul. En pratique extatique et analytique, faut faire activement : se concentrer, respirer, méditer. Les chakras s’ouvrent progressivement et libèrent leur énergie. Le corps structuré par la musculature striée le cède à l’énergétique de la musculature lisse (des viscères et des vaisseaux). C’est cela cette subversion psycho-corporelle. Lors d’un trauma violent, la structure corporelle n’a pas le temps d’effectuer ces préliminaires. L’énergie se concentre brutalement et effracte les obstacles jusqu’au clivage. Elle est pourtant tout aussi plaisante et même voluptueuse. Notre organisme ne pourrait pas supporter la souffrance illimitée du corps incarcéré, violé, torturé, brulé, noyé. L’EMI déploie sa résilience et assure la survivance.

 

La sortie du corps est résilience, l’expansion du corps donne jouissance

Beaucoup d’EMI trauma/coma/cata s’arrêtent dans cette seconde séquence, dans cette douce béatitude qui a duré trois semaines chez Aurore, ma fille. Ça se fait tout seul, on s’en doute. Les tentatives volontaires extatiques et analytiques s’arrêtent parfois aussi dans cet état. C’est plus ou moins voulu parce qu’on ne sait pas trop comment s’y prendre. On jouit et ça suffit, même si la présentation théorique préalable que je donne aux élèves annonce les cinq séquences. Après coup, ces élèves se montrent frustrés de ne pas avoir construit de belles histoires symboliques. Il fallait sniffer (hyperventiler) un peu plus et sentir la main de l’analyste sur son thorax, lui faire confiance, adopter un regard aurique dans le tunnel. Parce qu’après cette première phase volontaire, il se passe tout d’un coup un mouvement de plénarisation où toutes les sensations fusionnent et diffusent dans tout le corps et même au-delà. C’est la plénarité, l’expansion du corps, opposée à la dissociation de la sortie du corps.

 

Eben Alexander, la preuve du paradis

Je propose d’illustrer ces descriptions issues de mes expériences personnelles et de celles de mes élèves par un autre avis, celui d’Eben Alexander. Il s’agit du fameux neurochirurgien et prof de Fac, qualités qu’il fait lourdement valoir pour asseoir la crédibilité de son récit. Vers cinquante ans, il entre dans un coma de sept jours à cause d’une méningite à Escherichia Coli. Cette petite bête est réputée tuer ses victimes. Elle détruit en particulier les cellules grises du cortex cérébral et élimine donc de l’humanité. Alexander considère qu’il était mort même si ses confrères ont fait du bon boulot. « J’étais mort, au paradis, j’ai rencontré Dieu. Donc tout cela est vrai et réel ». Nous en reparlerons. En attendant, nous avons une belle description d’une EMI tout à fait classique, n’en déplaise à son auteur.

 

Le Monde souterrain

« L’obscurité, mais une obscurité visible – comme être pris dans la boue tout en étant capable de voir à travers. Ou peut-être qu’une meilleure description serait de la gelée sale. Transparente, mais d’une manière trouble, floue, claustrophobe et suffocante. La conscience, mais une conscience sans mémoire ni identité – comme un rêve dans lequel vous savez ce qui se passe autour de vous, mais vous n’avez pas vraiment idée de qui, ou de quoi, vous êtes. Le son, aussi : un battement rythmique, lointain et pourtant puissant, dont chaque pulsation vous traverse entièrement … Je n’étais pas particulièrement mécontent d’être là où j’étais. Je me rappelle avoir conceptualisé que j’allais peut-être survivre ou non, mais mon indifférence à cette éventualité ne faisait que renforcer mon sentiment d’invulnérabilité. Je n’avais aucune idée des lois qui gouvernaient ce monde dans lequel je me trouvais, mais je n’étais pas pressé de les apprendre. Après tout, pour quoi faire ?  … En repensant à cet endroit par la suite, j’en suis venu à l’appeler le Monde Vu du Ver de terre …  Cette sensation d’immersion profonde, intemporelle et sans limites a laissé place à autre chose : le sentiment que je n’appartiens pas vraiment et même pas du tout à ce monde souterrain, mais je m’y trouvais piégé… Puis j’ai pris conscience d’une odeur : un peu comme des excréments, un peu comme du sang, un peu comme du vomi. Une odeur biologique en d’autres termes, mais de mort biologique plutôt que de vie biologique. Plus ma conscience s’aiguisait et plus j’approchais de la panique. Qui ou quoi que j’étais, je n’avais rien à faire là. Je devais sortir. » (o.c.passim p.47 à 50)

De bien être, point, avec E. Coli dans la tête ! D’éveil énergétique, oui, mais en souffrance, avec l’énergie transformée en stress, spasme, souffrance et panique. Les chakras sont fermés mais bel et bien sollicités.

 

Troisième séquence :
la subversion de la structure mentale et  la révélation de la « nature de l’esprit »

Dès qu’un patient/analysant évoque la lumière, les plages de couleur, l’évidence, l’amour inconditionnel et la plénitude déjà évoqués, c’est qu’il a lâché la tête. Il faut lui demander après coup, lors du debriefing, de retrouver le passage de la Seudre (fameux exploit lors de la dernière guerre mondiale). Il doit revoir et sentir à nouveau ce moment clé qui divise l’EMI en deux moitiés précises, avec puis sans structure mentale, avec puis sans contrôle ni volonté. Obscurité et aspiration hélicoïdale se combinent en un tunnel noir. Voir l’illustration chez Jérôme Bosch et Google, (tableau appelé Le Tunnel de Lumière et l’Ascension des Âmes ).

On trouve toujours ce passage. Il suffit d’un assombrissement et d’un mouvement vers l’avant et surtout de la lumière au bout. Mais auparavant, ça peut souffrir. A force de ne pas vouloir lâcher, on reste scotché dans le tunnel et l’on peut se sentir en enfer. Dans la bible, Jonas s’est fait avaler par la baleine avant d’être recraché sur la plage ensoleillée.

Nous avons trouvé le paradis (sans preuve néanmoins) et l’enfer, en attendant Dieu. Mais pas Allah. J’avais une promotion tunisienne pendant dix ans. Les musulmans ne visualisaient pas Allah dont la représentation est interdite. Ça se rapproche des bouddhistes pour qui la réalisation suprême ou nirvana correspond à la nature de l’esprit décrite ici. Dès qu’on recrée des images avec des traits autour de la plage de couleur, on se réincarne. Vous griffonnez autour du vert et visualisez l’herbe de mon parc … vous risquez de vous réincarner en ver de terre entre mes petits chênes. Et les corbeaux s’occuperont de vous.

Nous n’allons pas développer la révélation de la « nature de l’esprit » puisqu’elle est sans structure. Il faut l’avoir vécu ! Evoquons juste quelques éléments.

  • J’ai insisté sur «l’évidence » en introduction, elle m’inspire tout autant en ce moment, révélant les choses sans souci de cohortes randomisées ni de résultats statistiques (encore que !).
  • Se rappeler l’expression « voir le bout du tunnel ».
  • Retrouver les jeux de couleur des meilleurs peintres jusqu’au tunnel de Bosch; je possède un petit tableau représentant l’intérieur d’une cathédrale avec une belle lueur provenant d’une fenêtre au fond à droite.
  • Se souvenir de certains rêves de paysages paradisiaques, de fange noire où grouillent les crapeaux, d’évidence, d’amour indicible, jusqu’à l’orgasme qui continue à traîner toute la journée dans le corps.

Enfin, les délires qui recréent des Jeanne d’Arc et des Napoléon avec une conviction inébranlable et une charge énergétique agréable (mégalo) au-delà de toute hésitation.

 

Eben Alexander :  Le passage, le tunnel noir et l’être de lumière.

« Quelque chose était apparu dans l’obscurité. Tournant lentement, cela irradiait de fins filaments d’une lumière blanche et dorée, et peu à peu l’obscurité autour de moi a commencé à se fendre et se disperser. Alors, j’ai entendu un autre son : un son vivant, comme la pièce de musique la plus riche, la plus complexe, la plus belle qu’on ait jamais entendue … Puis, au centre même de cette lumière, une autre chose est apparue. J’ai concentré toute mon attention, essayant de comprendre de quoi il s’agissait. Une ouverture. Je n’étais plus du tout en train de regarder la lumière qui tournoyait doucement, je regardais à travers elle … Au moment même où j’ai compris cela, j’ai commencé à m’élever. Rapidement. J’ai entendu un souffle, et en un flash je suis passé par cette ouverture et je me suis retrouvé dans un monde entièrement nouveau. Le monde le plus étrange et le plus beau que je n’avais jamais vu. Brillant, vibrant, extatique, stupéfiant… Je pourrais aligner les adjectifs les uns après les autres pour décrire ce à quoi ce monde ressemblait et ce qu’on y éprouvait, mais aucun n’y parviendrait. J’avais l’impression que je venais de naître. Je n’étais pas re-né ou né à nouveau. Seulement… né … Quelqu’un était à côté de moi : une belle jeune femme avec des pommettes hautes et les yeux d’un bleu profond. Elle portait le même type de vêtements fermiers que les gens du village d’en dessous. Des tresses mordorées encadraient son joli visage. Nous volions tous les deux, posés sur une surface aux motifs intriqués, vivante et pleine de couleur indescriptibles et éclatantes – l’aile d’un papillon. En fait, des millions de papillons étaient autour de nous… Elle a posé un regard qui, si on le regardait quelques instants, justifiait à lui seul d’avoir vécu jusque-là, quoi qu’il se soit passé dans sa vie … Sans utiliser aucun mot, elle m’a parlé. Le message m’a traversé comme le vent et j’ai immédiatement compris que c’était authentique… Le message avait trois parties et si je devais les traduire en langage terrestre, je dirais quelque chose comme ceci : « Tu es aimé et chéri, totalement, pour toujours. » « Il n’y a rien dont tu doives avoir peur. » « Il n’y a rien que tu puisses faire mal…   « Nous te montrerons beaucoup de choses ici », a dit la jeune femme – de nouveau, sans réellement utiliser ces mots, mais en transmettant leur essence conceptuelle directement en moi. « Mais finalement, tu retourneras. » (o.c.passim p. 59 à 63)

Eben ne reste pas longtemps dans la nature de l’esprit ou nirvana. Il passe rapidement dans la quatrième séquence.

 

Quatrième séquence :
subversion de la structure sociale et accès aux êtres aimés vivants, morts et/ou virtuels.

Pour éviter cette restructuration mentale partielle, les Orientaux méditent, beaucoup. Le dalaï-lama le fait au moins six heures par jour même à la retraite. Nous autres Occidentaux nous glissons très vite dans « l’intime du lien ». Les couleurs s’entourent de traits, l’évidence concerne les dix chiffres du loto et l’amour retrouve des comparses même si ce ne sont que de vagues silhouettes ou des sensations que c’est celui-ci ou celui-là. Il reste néanmoins une nouvelle structure à subvertir, celle qui définit la personne humaine. Dès le premier jour de la naissance, le nouveau-né distingue les objets inanimés et les êtres vivants. Dès le deuxième jour, il sépare les animaux des humains. La structure de la personne est foncièrement inscrite dans l’humanité et interdit l’inceste et le meurtre.

Maintenant apparaissent indifféremment et également les silhouettes de nos êtres chéris vivants ou déjà morts. Grand-mère, grand-père adorés arrivent, papotent avec nous, affirment qu’ils vont bien puis, tout d’un coup, nous enjoignent de repartir chez nous et de les laisser repartir chez eux. Ce n’est pas douloureux. Au contraire, ça constitue une étape parfois définitive d’un deuil encore en cours. S’affichent aussi les êtres virtuels. Osons une nouvelle évidence. C’est l’EMI qui créé les griffons, dragons et autres chimères et ce ne sont ni les artistes ni les chamans ni les maitres à penser qui le font. Chacun de nous est dans les starting block pour faire encore mieux que l’homme de Cro Magnon. N’est-ce pas fantastique ? Pour cela, il faut subvertir les structures, et pas seulement avec une massue ou une obésité qui tue le cœur.

 

Eben Alexander : le cœur, l’intime.

Il appelle cela cœur. Ça colle avec l’intime du lien. Voici cette nouvelle étape.

« J’ai continué à avancer et me suis retrouvé pénétrant dans un vide immense, totalement sombre, infiniment grand, mais aussi infiniment réconfortant. Bien que d’un noir total, il débordait de lumière… Ma situation était assez proche de celle d’un fœtus dans un utérus. Le fœtus flotte dans l’utérus associé au placenta qui le nourrit et permet ses relations avec l’omniprésente mais pourtant invisible mère. Dans ce cas, la « mère » était Dieu, le Créateur, la Source qui est responsable de la création de l’univers et de tout ce qu’il contient. Cet Etre était si proche qu’il semblait n’y avoir aucune distance entre Dieu et moi. » (o.c. p. 71)

Puis Alexander fait le yoyo entre le Cœur et le Ver, aller-retour et vice versa. « Je retournais, je m’éloignais du Cœur. Sa brillante noirceur d’encre s’est fondue dans le vert panorama du Passage avec tous ses paysages éblouissants… Ma compagne était présente également. Elle avait bien sûr été là tout au long de mon voyage dans le Cœur, sous forme d’une sphère de lumière. » (o.c. p. 99)

« Plus je devenais familier avec le plan supérieur et plus il m’était facile d’y retourner. Pendant la période que j’ai passée hors de mon corps, j’ai fait ce déplacement aller-retour, depuis l’obscurité boueuse du Monde Vue du Ver de terre à la brillance émeraude du Passage, puis dans l’intense noirceur sacrée du Cœur, un grand nombre de fois. » (o.c.p.101)

L’enseignement, lui, reste toujours là. « Tu es aimé et chéri, totalement, pour toujours. Il n’y a rien dont tu doives avoir peur.  Il n’y a rien que tu puisses faire mal. »  Si je devais concentrer ce message en une seule phrase, cela donnerait : Tu es aimé. Et si je devais le résumer encore davantage, en un seul mot, ce serait (bien sûr) tout simplement : Amour » (p. 102-103).

 

Cinquième séquence :
subversion de la structure amalgamante et intégration de la réalité présente.

Ce n’est pas la castration. On ne nous la coupe pas. C’est simplement la fin d’un cycle, intense et étrange, celui de l’EMI. Mais le fond reste là, bien installé. La grand-mère bien aimée va bien. Ça me réconforte. J’ai rechargé mes batteries et je peux retrouver ma vie quotidienne, avec énergie et attention, bien mieux qu’avant. Un cycle, tels les nombreux cycles de la vie, (de la glycémie, du nycthémère, de mes amours) s’achève. Il ne faut pas le transformer en pulsion (irrépressible pour Freud), en passion (qui me fait faire plein de conneries) ni en addiction (on s’en sort difficilement et surtout pas avec la psychanalyse).

Dans le laboratoire expérimental de la pneumo-, les analysants sortent de là sonnés pour les uns un peu, frustrés pour les autres, heureux pour la plupart. Sur le lit de la réanimation médicale, le médecin doit intervenir fort pour re-connecter, ramener le truc de là-haut dans le corps d’en bas. (Comme externe, j’ai vu les plus pressés des réanimateurs pincer les seins des femmes, c’est imparable). Mais il y a aussi des êtres de lumière qui enjoignent au comateux de penser à ses enfants. (Presque jamais à partenaire !).

Comme pour la première séquence, j’avais négligé/méconnu l’importance de ce processus qu’on appelle étrangement de « non retour » dans le jargon officiel. Ce n’est pas seulement la clôture d’un processus biophysiologique comme d’une glycémie qui revient à 1 gramme par litre. Ça prend un sens beaucoup plus profond et, surtout, ça inscrit ce sens dans tout l’être, en cœur, corps et âme. C’est l’antidot des pulsions, passions et addictions. C’est leur atténuation, leur prévention.

Il reste l’énorme travail de « retour ». Il y a trente ans, j’avais participé au premier congrès européen du transpersonnel à Bruxelles et l’on avait convié des « expérienceurs » qui pouvaient enfin parler après des dizaines d’années de silence contraint. Ce silence rend plus malade que l’expérience elle-même ! Il y a donc une double réalité à intégrer : le processus EMIque quitté et la réalité retrouvée. A l’Eepssa, nous écoutons les récits et essayons de retracer le cycle formel (des cinq étapes) mais nous n’interprétons pas les contenus, le laissant aux soins de l’élève en sa thérapie personnelle.

L’insistance nouvelle sur les subversions des séquences une et cinq nous montre que l’EMI n’est en rien clivée de la réalité sociale et matérielle. Elle nous en débarrasse en un premier temps, nous montrant combien elle nous formate. Elle nous y ramène après avoir reconstitué les fondamentaux intérieurs.



Eben Alexander : la fermeture et la descente

Alexander était parachutiste et son livre commence par un des sauts épique dans sa carrière. Le retour se fera aussi comme une descente en parachute après fermeture du monde supérieur. Le yoyo ne marche plus entre Monde Vu du Ver de Terre et Cœur.

« A chaque fois que je me retrouvais de nouveau englué dans le grossier Monde Vu du Ver de terre, j’étais capable de me rappeler la brillante Mélodie Tournoyante et Filante qui ouvrait le portail vers le Passage et le Cœur. J’ai passé de « longs » moments – qui paradoxalement semblaient ne pas avoir la moindre durée – en présence de mon ange gardien sur l’aile du papillon et une éternité à apprendre les leçons du Créateur et de la Sphère de Lumière dans le Cœur. A un certain point, je suis arrivé au bord du Passage et j’ai découvert que je ne pouvais plus y pénétrer. La Mélodie Tournoyante – jusque-là mon ticket pour me rendre dans ces régions supérieures – ne m’y emmenait plus. Les portes du Paradis étaient refermées … Dès l’instant où les portes du Paradis ont été closes pour moi, j’ai ressenti une tristesse comme je n’en avais jamais connue. Les émotions sont différentes là-haut. Toutes les émotions humaines sont présentes, mais elles sont plus profondes, plus étendues … Quelque chose en moi a senti une étrange confiance m’assurant que tout irait bien » (passim p. 143-145)

« A mesure que je descendais, de plus en plus de visages surgissaient de la boue, comme à chaque fois que je retournais dans le Monde Vu du Ver de Terre. Mais cette fois, il y avait quelque chose de différent avec ces visages. Ils étaient désormais humains et non plus animaux … Cette reconnaissance s’est concentrée sur les six visages, mais en particulier sur le sixième. Il était si familier. J’ai compris avec un sentiment de choc se transformant en peur intense que, qui que ce soit, c’était le visage de quelqu’un qui avait besoin de moi. Quelqu’un qui ne pourrait jamais s’en remettre si je partais. Si je l’abandonnais, la perte serait insupportable – comme le sentiment que j’avais eu lorsque les portes du Paradis se sont refermées. Ce serait une trahison que je ne pouvais tout simplement pas commettre… Il est important que je revienne. J’avais des liens ici – des liens que je devais honorer. Plus le visage devenait net et plus je le comprenais. Et je reconnaissais ce visage. » (passim p. 151-153)

Au terme de la description du cycle proprement dit, il nous reste à considérer la construction de chaque séquence en deux étapes : subversion et submersion et plus particulièrement le premier des deux. Il faut lâcher pour y arriver. Cela est bien connu dans l’art de vivre, dans le développement personnel et la thérapie/analyse ainsi que dans la démarche spirituelle. Mort et résurrection. L’EMI y est pour quelque chose, et même pour beaucoup. En reconnaissant ce nouveau point, nous approchons un peu plus de l’évidence que l’EMI est le messager du grand ordonnateur de la vie. Si l’on peut commencer à percevoir cela dans nos descriptions, on approche, c’est chaud. Sinon, évidemment, ce n’est que publicité (mensongère) pour le comité de Karolinska (à Stockholm). Il n’y a rien de tel dans le processus onirique (le rêve) trop lié aux restes diurnes qui n’emmènent qu’à mi-chemin. Ici, l’entièreté de la voie chemine de mort en révélation et de lâcher prise en construction.

 

Sixième étape :
changement de personnalité, intégration des ressources transcendantes

Cette nouvelle réalité est bien affirmée par les expérienceurs qui ont fait la totale. Ils ont découvert une nouveauté évidente et opérante à laquelle ils ne veulent pas résister même si c’est compliqué. Les convertis évoqués, Paul, Augustin, le second Paul (Verlaine) et le troisième (Claudel) sans oublier Pascal n’ont en rien renié leur conversion. La psychanalyse pléni-intégrative change son monde parce qu’elle donne accès au processus EMIque. La méditation lui emboite le pas. Mais, encore une fois, la radicalité du processus doit être perçue, vécue, partagée.

 

Eben Alexander : répandre la nouvelle.

« Je me suis réveillé un matin en possession de continents entiers de connaissance scientifique et médicale que je n’avais plus la veille. Ce fut l’un des aspects les plus étranges de mon expérience : ouvrir les yeux un matin avec plus que les fondamentaux d’une vie entière d’apprentissage et d’expérience qui fonctionnaient à nouveau. Alors que mes connaissances de neuroscientifique revenaient lentement et timidement, mes souvenirs de ce qui s’était produit s’imposaient avec une netteté et une clarté extraordinaires. Ce qui s’était produit hors du monde matériel avait tout à voir avec le bonheur sauvage qui m’habitait à mon réveil et la félicité qui continuait de m’accompagner. J’étais « fou » de joie, car je revenais auprès des gens que j’aimais. Mais j’étais aussi heureux parce que – pour le dire aussi simplement que possible – je comprenais pour la première fois qui j’étais vraiment et dans quel genre de monde nous habitions. » Mais, « pour faire court, ils ne pouvaient pas admettre dans leur esprit ce que j’essayais désespérément de partager. Cependant, comment pouvais-je les en blâmer ? Après tout, je ne l’aurais certainement pas compris non plus – avant ». ( o.c.p.171-172) That’s it. Merci Eben.

Actualités

Début janvier, je commençais à abattre mes cartes. La révélation EMIque est tellement importante qu’on ne peut pas attendre encore des années, ni même notre congrès de mai 2020. Alors je distille encore une nouvelle merveille qui nous vient de la même revue Sciences et Avenir (janvier 2019 p.32).

 

Ne vous effrayez pas. Çà semble compliqué. Non, c’est seulement complexe. On nous présente ici les principales pratiques qui induisent des états de conscience modifiés en regard des ondes cérébrales émises. Tout est dans le texte. Faut s’appliquer !

Et puis vient le miracle, tout à droite, dans l’avant dernière colonne : « EMI, ondes émises : inconnues » ! Qu’est-ce que çà veut dire ? Ce que je soulignais dans le blog EMI 4.

L’EMI n’est pas une méditation, sans cela on aurait ses ondes stabilisées. Elle est autre chose. L’EMI n’est pas plus une « thérapie », ni une « théorie », ni le meilleur des « parais ».

Elle est autre chose, bien plus. Elle est absolue et universelle. Excusez du temps. Alors on continue patiemment. Quarante années à trouver, pour moi ! Un peu moins pour vous si vous continuez la démarche !

Rappelez-vous les quatre étapes de cette démarche reprise par les quatre parties du nouveau livre : initiations (de quarante ans), révélations (comme ici), manifestations (par la musique notamment) et applications.

 

L’éveil musical comme esthétique et mystique, EMIque

Vendredi Saint, seul à en crever, seul à se créer

“A cinquante-cinq ans, je viens d’entamer ma quatrième carrière de pianiste bricoleur, avec un bonheur sans égal. Pour les besoins de la nouvelle formation de musicothérapeute, j’ai fait installer mon piano -un Petrof trois-quarts-queue- dans la grande salle du centre de formation alors que je ne jouais plus depuis cinq ans ; j’avais mieux à faire : lire, écrire, méditer ! Lors de la dernière formation de la promotion polonaise, Marie-Christine était là, elle, l’artiste lyrique qui s’occupe de la voix dans cette formation. Je l’avais conviée au piano pour découvrir la sonorité de l’instrument dans ce nouveau lieu. Elle n’était pas en forme et, de séduction las, je m’y suis mis moi-même, pianotant les beaux restes d’antan !

Je viens aussi de laisser partir la femme que j’aime… et qui m’aime. Aussi ai-je le temps de jouer et du sentiment à revendre !

Quel bonheur. La sonorité d’abord. Elle est fantastique dans cette salle, couvercle grand ouvert, surtout dans les notes aiguës. Jamais je n’avais tant apprécié les aigüs qui me semblent aussi riches que les graves. La vibration ensuite. Je la sens dans les doigts, remontant dans les bras, dans le pied posé sur la pédale, puis dans le corps entier. Certes, quand je m’abandonne à ce fin tremblement, je perds de mon attention et… me plante plus souvent ! Mais quel délice que d’être entièrement là, dans la vibration du son, du piano, de la salle, du printemps naissant, de l’univers.

Ayant débuté en autodidacte à quinze ans, je n’ai jamais eu une très bonne technique. Je sentais en particulier que mes accords arrivaient souvent en cascade. Mais aujourd’hui, je sens qu’il suffit de poser souplement la main sur les touches et d’enfoncer les doigts pour qu’ils se mettent à l’unisson et… à vibrer tout autant. C’est toute une attitude qui se modifie, tout un état d’être à investir ce toucher de deux, quatre, six doigts simultanément, l’instant d’un éclair, à répéter d’instant en moment, jusqu’à l’explosion de lumière et des sons.

 

La musique est-elle femme ?

Ma troisième carrière musicale avait démarré après mon divorce et vingt années d’arrêt du piano. Tiens donc, la musique remplacerait-elle la femme, l’affectif, la volupté fusionnelle ? Du coup je me rappelle que mes débuts à l’harmonium datent de mon départ à l’internat, loin des parents, frère et sœur !

Après vingt années d’arrêt, je tombe un jour sur une copine qui… joue du piano, modestement mais avec cœur. Je m’y essaye aussi, timidement, persuadé d’avoir été un piètre pianoteur et que même ce statut là je ne le retrouverai pas. Non seulement j’ai rapidement récupéré mon niveau d’autrefois mais je l’ai largement dépassé en cinq années, toujours autodidacte.

Je passais des nuits à jouer, tard le soir, tôt le matin, avec une frénésie insatiable et me suis constitué un répertoire de près de deux heures que je connaissais par cœur et dans lequel j’avais inclus les morceaux de maître que j’adorais : Clair de Lune (Beethoven et Debussy), Marches Turque et Funèbre, Pathétique, Appassionnata, jusqu’à la “Révolutionnaire” de Chopin. J’atteignais là quelque chose qui me semblait à jamais inaccessible. J’arrivais à ce que je fantasmais parfois : être musicien. Certes, je biaisais ; je jouais plus lentement que les tempos indiqués, j’excluais les passages trop rapides et trop compliqués. Mais c’était divin ! Je préférais même les sons imparfaits de mon propre jeu à ceux des disques parce qu’ils me parvenaient plus vibrants, plus pleins et vivants.

Elle, celle que je viens de laisser partir, était arrivée en pleine euphorie “pianistique”. Elle a aimé. Au début, elle s’asseyait à côté de moi pour m’écouter. Quand elle traînait à se maquiller, je déposais mon impatience sur le clavier. Et pourtant j’ai flanché, joué de moins en moins et, lors d’un déménagement, arrêté définitivement. Il me semble que cette période-là était aussi celle de l’affirmation, de la puissance, du pouvoir même, au détriment de l’âme.

En cet instant même je retombe dans cette tentation de l’avoir, du savoir et du pouvoir. Je commence à jouer calmement, profondément, avec sensibilité et concentration, puis le besoin de retrouver mon répertoire d’antan m’envahit. Je veux le posséder au plus vite, le connaître par cœur, le jouer au mieux… avec une avidité qui n’amène pas seulement les fausses notes, mais qui fige aussi les doigts et le corps, les privant de toute vibration. L’avidité investit le note-à-note, oubliant les nuances et phrases musicales, étouffant la sensibilité, empêchant de percevoir l’émotion du morceau. C’est une façon de ne pas me laisser envahir par elle.

Quand je m’en aperçois, j’arrête de jouer, je me mets en Présence Juste, je recontacte ma Kundalini puis je m’y remets : morceaux simples, lents, lecture puis par cœur, pose sensible des doigts, vibrations, nuances, phrasée… (rien que d’écrire cela me fait retrouver une délicieuse énergie dans mon ventre et dans mon dos). Je rejoue le morceau jusqu’à ce que je dépasse la pure technique et l’exécution potable pour entrer dans l’esthétique : pureté du son, harmonie de l’accord, beauté de la mélodie, composition de l’ensemble.

Pour entrer dans l’émotion, je joue la Marche Funèbre de Chopin, ses deux passages centraux (simples et lents) et là c’est le déluge. Elle est là, son image, son absence ; ma solitude est là, totale, peut-être définitive (mes yeux s’humectent à l’écrire). Me vient l’image de Lino Ventura jouant le thème central, funèbre, dans les “Dix petits nègres” me semble-t-il, chacune des apparitions au piano annonçant une nouvelle mort.

Son image à Elle vient toute seule mais ce sont les accents du morceau, la tristesse des accords, l’accompagnement lourd, lugubre et obsédant de la main gauche avec ses deux uniques accords répétitifs et lancinants, qui ébranlent les tripes et le cœur. Et la main continue inlassablement son martèlement : “faut y aller, faut avancer”, tel un rouleau compresseur. La main droite égrène le thème, trois notes seulement, consolateur, une descente dont on dit qu’elle est dépressogène… J’y mets plus de cœur et de… pleurs. J’y mets plus d’accents et de… sentiment. Et les mains continuent imperturbablement.

Vient une rupture radicale, une mélodie en haut, belle, douce, avec un accompagnement montant en arpège, une seule note par main mais la pédale pour faire plein. C’est le printemps en ce week-end de Pâques, c’est le soleil, la tendresse, l’espoir. C’est même tellement d’attente que ça coule encore, des yeux ! La mort, l’absence, la plénitude, l’espoir. C’est aussi cela la musique, c’est aussi cela l’esthétique. J’y suis bien resté une demi-heure à cette Marche Funèbre, un peu dans l’apprentissage, beaucoup dans l’émotion et l’affectif. J’ai pu vivre toute la douleur et toute l’absence. J’ai pu fusionner la musique et le sentiment, la mélodie et la vie, l’harmonie et le beau.

 

Esthétique, vibration et relation

Pour illustrer l’effet subjectif du “beau”, voici quatre effets tirés de l’expérience de la Marche Funèbre :

  • L’esthétique “touche” là où c’est sensible, urgent et à fleur de peau : Chopin pose son doigt directement sur la plaie vive de son absence à Elle, c’est la catharsis émotionnelle.
  • L’esthétique “contacte” plus profondément au niveau de l’énergétique et du sentiment : les vibrations sonores affaiblissent les tensions défensives, laissant l’harmonie et la mélodie pénétrer au cœur de l’être. Plus besoin d’elle, il n’y a pas de manque dans cette plénitude.
  • L’esthétique “relie”, elle fait sortir l’être de son tréfonds et le reconnecte avec l’Autre, les autres, même si c’est douloureux comme lorsque c’est Elle. L’art réunit, rapproche, pacifie.
  • L’esthétique “transcende”, connecte avec les valeurs fondamentales qui sont aussi les valeurs communes. Même si elle n’est plus ma compagne et dans mon lit, nous partageons encore cet univers-là comme lorsque nous visitions les musées, main dans la main, au même rythme, avec les mêmes intérêts, émerveillements et commentaires. Elle parlait même de “synchronicité” à propos de ces goûts communs (petite larme à l’œil).

L’esthétique est conscient ! Mais il est tellement plus riche que ce “conscient” réducteur qui affiche à peine deux ou trois items à la fois. On pourrait l’appeler “transconscient”, au-delà du conscient, conscient + inconscient réunis. Le transconscient, c’est toute la complexité des processus inconscients avec la conscience en plus. L’esthétique est transconsciente. On pourrait aussi écrire ‘‘conscience phénoménale’’. Tous ces termes expriment la même chose. (En Présence Juste, elle prend toute sa place dans le module 9 avec ‘‘l’esthétique du monde’’.)

Après cela, j’ai repris le Clair de lune de Beethoven, avec partition, sans avidité. Pour moi, c’est la sérénité, une sérénité un peu grave ; les arpèges montants et continus de trois notes marquent le mouvement absolu, l’avancée, la progression, mais en douceur : ça y va, ça avance pas à pas ! Après deux heures de jeu, je me retrouve au salon, à lire les… manuels de musico- et art-thérapie. C’est calme et recueilli dehors en ce Vendredi Saint.

Une énergie immense m’envahit à partir du bassin, pleine et stable, douce et voluptueuse. Je suis là, simplement là, à la fin de ce premier des quatre jours de solitude : je n’ai besoin d’aucun expédient, ni de manger, ni d’aller à la télé, ni même de méditer. Je n’ai pas besoin d’Elle. On m’a invité à un concert ce soir. Je n’irai pas. Je reste ici, plein de bonheur, avec plein de livres. C’est cela la musique. Une musique toute simple et avec cœur. C’est cela l’esthétique, une simple note qui vibre et fait éclater les rigidités comme le fait le cri strident du petit Oscar dans le Tambour. Avec la vitre brisée se libèrent la vie, la santé, le bonheur.

Je pourrais dire la même chose de l’acteur. J’en ai quelques-uns sur le divan : ils me parlent de la jouissance de la scène. Et du chanteur, comme Thomas dont j’entends la plénitude sur la cassette qu’il m’a donnée à écouter et qui en a pourtant vu des vertes et des pas mûres dans son passé : le chant harmonique et l’assise (méditative) l’ont sorti de là. Ma propre histoire avec le piano montre combien ce dernier est thérapeutique, analytique, maître de vie.

 

Dimanche de Pâques, catharsis

Samedi matin, j’ai réessayé la Marche Funèbre, j’ai laissé venir son image… Non, ce n’était plus ça. De l’émotion, bien sûr, mais sans plus. Elle ne me prenait plus aux tripes. Car la musique a pris la place. Le martèlement de la main gauche, les deux accords lugubres amplifiés à la main droite par les mêmes deux notes séparées d’un demi-ton, fa-sol bémol, ressortait de plus en plus. Tout d’un coup, je me suis senti envahi par le crescendo irrésistible de cet accompagnement. Une énergie puissante se libérait, gueulait. Samedi soir, de retour de ma tournée en ville avec le courrier et plein de revues, je ne me suis pas jeté sur les news mais sur mon piano. J’ai fait une merveilleuse séance de près d’une heure et demie pendant laquelle les morceaux s’égrenaient avec légèreté, sérénité, rapidité. Tous mes tempos s’accéléraient. Le par-cœur rentrait facilement, même le Clair de Lune. Un peu d’euphorie me gagnait. Puis j’ai fait un écart alimentaire ce qui m’a réveillé à trois heures du matin. Levée, café, assise patiente, pour faire passer la lourdeur digestive. Petit somme, levée, écriture puis piano.

De nouveau, légèreté, esthétique, beauté. Tout d’un coup, j’ai vu que Beethoven proposait un tempo de 60 pour son Clair de Lune ; j’y suis allé beaucoup plus vite, avec partition, et tout d’un coup la première note de l’arpège inlassablement répété me frappait comme un battement cardiaque. Ta-ta-ta, Ta-ta-ta, Ta-ta-ta. Ce rythme devient familier, important, proéminent. C’est lui qui occupe bientôt toute la place, lui, la vie, un rythme, une cadence entraînante, belle, harmonieuse, tantôt grave quand l’accompagnement descend, tantôt léger quand la main droite égrène son chapelet de notes légères et cristallines. Puis je ralentis imperceptiblement, et constate que c’est pas du 60, c’est pas le rythme cardiaque, le rythme de la vie, que c’est trop lent. Et ça reprend en 60, dans le familier, l’évident, le vivant, l’entraînant.

Du coup, j’ai enchaîné avec le mouvement lent de la Pathétique, avec cette mélodie si belle qu’elle a été reprise dans “Midnight blues” (me semble-t-il). Je l’ai joué deux fois plus vite qu’auparavant et il était quatre fois plus prenant, poignant, grisant. La catharsis du Vendredi Saint avait fait son effet.

 

Lundi de Pâques, éveil

Ce n’est qu’en soirée que je suis retourné au piano, mais quelle soirée. J’ai retrouvé la frénésie que je connaissais il y a dix ans. J’avais commencé très calmement les premiers morceaux du répertoire avec l’inévitable Lettre à Elise, un Andante grazioso de Mozart et la Marche Funèbre, longuement. Quelque chose semble acquis avec cette dernière : pas de trop grosse émotion mais beaucoup de beauté. Je fantasmais mes élèves en train de me demander ce morceau et moi de le jouer, sachant qu’ils savaient à quoi il me renvoyait. Ils la connaissent, ils attendent la larme au coin de l’œil. Je le jouerai… au risque de la larme !

J’ai enchaîné sur le Clair de Lune, de plus en plus vite, une bonne demi-heure. Puis Midnight blues, vingt minutes. Puis… une valse du même Beethoven, une valse très puissante, avec de gros accords à marteler puis des petites mélodies cristallines assez simples pour que je puisse m’y adonner à cœur joie. Ça devenait de la frénésie, de la folie. Je ne voulais pas repartir dans les nuits cathartiques d’autrefois et pourtant ça y allait presque automatiquement. Un flash obnubilait mon esprit et si elle était là et entrait tout d’un coup dans la salle ? Non, ce n’était qu’un craquement de colombages.

Ça s’accélérait ; ça jouait de plus en plus fort. Et les doigts suivaient. Je ne me souvenais pas d’avoir joué cette valse aussi vite, juste et nuancée, avec folie. Le morceau se terminait, ça recommençait da capo ; le tempo de la valse s’imprimait dans le jeu, j’allais commencer à tourner, j’aimerais danser la valse avec elle. Et ça s’accélérait, ça sautillait, ça se terminait et recommençait. Repeat, j’avais dû appuyer sur repeat ! Une frénésie me gagnait, l’euphorie m’envahissait. Ce n’est pas possible, pas juste après trois semaines de reprise ! J’ai arrêté après une heure et demie. Ce ne sera pas une folle nuit. Je m’assis près d’une porte fenêtre en Présence Juste, face au soleil couchant. Quelle beauté là dehors, à travers le parc. Un avion dans le ciel, tous phares scintillants. Un corbeau entre les arbres. La Kundalini est montée, la paix est descendue.

En fait, ce n’est pas de l’avidité, ce n’est pas de la folie ! C’est du Canada Dry, couleur alcool, sans être de l’alcool. Menace de folie sans être folie. Défoulement ? Je n’aime pas ce mot ! Libération ? Oui, libération d’une puissance inouïe, d’une pulsion monstrueuse, mais en même temps paix dans ce corps qui ne s’émeut plus trop. Je me demandais déjà : et après, que ferai-je ? Comment réatterrir ? Eh bien, tout simplement, sur mon coussin qui trônait devant la porte-fenêtre. J’ai réussi à manger frugalement et à me remettre au bureau pour écrire ce texte. Nulle autre situation ne permet un tel défoulement… pardon, une telle libération de puissance contrôlée, sans danger pour autrui, avec quelque frayeur pour soi seulement, pour sa santé mentale !

 

Week-end de Quasimodo : extase

Quatre jours à Vienne pour le Forum des créateurs de somato- psychothérapies. Arrivé à l’aéroport à six heures du soir, je me retrouve au Konzerthaus dès sept heures et demie pour un récital de piano avec Beethoven, Schubert et Brahms au programme et, au clavier, un Japonais blanchi sous le harnais. Brahms d’abord, une sonate très longue que je ne connais pas, un début grave, pathétique, qui me plonge dans ma souffrance : la dernière fois c’est avec elle que j’étais là.

Je lâche mes tripes, la douleur pénètre avec des accords puissamment martelés, puis quelque dissonance me rappelle à la vigilance ; de brefs passages harmonieux et mélodiques me redonnent l’espoir. L’énergie monte, descend. Les aigus font lâcher ma tête, libèrent quelques endorphines et m’inondent de douceur. Beethoven avec Les Adieux : des accents tristes et des envolées sereines. C’est pour découvrir autre chose que l’on quitte, pour changer, pour assouvir la curiosité, pour enrichir.

Entracte : je m’imprègne de ce décor mythique, en contact avec une énergie forte et voluptueuse dans mon dos, proche de ces Viennois endimanchés, fins connaisseurs, aux applaudissements généreux qui obtiendront trois “bis” de grande qualité. Après l’entracte, une Fantaisie de Schubert : c’est de la pure musique, de la pure beauté ; il n’y a plus d’idées ou d’images, il n’y a que du ressenti. Les sons me font vibrer ; ce n’est plus seulement dans le dos, une Kundalini un peu diffuse, ce n’est pas uniquement à l’avant du corps, une bouffée d’amour ; ça s’élargit, ça englobe tout le corps, ça dépasse les contours du corps. Je me transforme en une espèce de masse vibratoire aux limites de plus en plus floues. Il ne s’agit pas d’une intention comme lorsque je me “prolonge” dans l’espace, dans les six directions (haptonomie) ; ça se fait tout seul. Les vibrations du piano se fondent dans ma propre vibration et la modulent, me transformant moi-même en moments d’attaque puis de retombée, en vagues de violence puis de douceur, en sensations de suffocation puis de soulagement.

Les accords deviennent autant d’émotions : tristesse et bonheur, peur et joie. Les mélodies dessinent des lignes affectives, pures et éthérées. Elle, elle se fond dans cette esthétique. Elle se perd dans cette beauté ; ça se passe ailleurs, au-delà, ce n’est plus un problème. La nuit j’ai fait un rêve étrange et délicieux. Une main de femme stimulait les deux extrémités de mon périnée, l’avant et l’arrière, en un mouvement alternatif très rapide. Elle réveillait une double sensation, sexuelle en avant et mystique en arrière qui ne devenait bientôt qu’une seule sensation à la qualité nouvelle : ce n’était pas purement érotique, ce n’était pas le canal de la Kundalini. Et ça s’est terminé en un paroxysme bien délicieux !

 

Parler de soi donne en vie

Je traîne cette dernière partie de texte depuis cinq jours bien que j’aie le temps, les idées et le plan. Mais ça ne s’assied pas devant la feuille blanche, ça n’agrippe pas le stylo et ça ne laisse pas démarrer la rédaction. Ça bloque ! Je vais méditer, pianoter, manger pour fuir. En ce moment même, je grignote des gâteaux et me reverse du café pour installer enfin le bon équilibre, la bonne proportion de maîtrise / jouissance.

Zut, je n’ai plus de gâteau… vais-je en rechercher ou rédiger ? Je rédige ! Et voici que me vient une nouvelle idée, hors plan, hors propos, mais avec… jouissance : parler de moi encore, truffer cet écrit d’une nouvelle indiscrétion personnelle comme je le fais régulièrement depuis mon premier livre. Mais pourquoi ? Eh bien, au moment même où j’ai écrit “parler de moi”, quelque chose s’est réveillé dans mon ventre, une vague d’énergie, un élan de vie, qui me donne envie de continuer, qui me ‘‘donne en vie.’’

Depuis 1980, j’en ai trouvé des rationalisations pour justifier ces intrusions du privé dans mes écrits… Et voici qu’en ce moment même en vient probablement la plus réelle : elles “me donnent en vie”, et cela suffit. Je sais pourtant que c’est un manque de maîtrise patent que de bavarder ainsi avec soi-même dans les écrits et que cela fait beaucoup de tort à mes livres. Un jour, peut-être, ce sera perçu comme du génie ? Actuellement, il suffit que je m’y sente “en vie”.

 

Fête de la musique : mort et résurrection

Ma fille Aurore devait me rejoindre pour aller à la fête de la musique et fêter les pères. Elle n’est pas venue. Trois heures plus tard, c’est moi qui l’ai retrouvée en Réa Chir en coma profond. Son frère lui fera un montage de ses musiques préférées pour les lui passer. Après trois semaines, elle s’est réveillée.

L’évocation de l’expérience pianistique ne vient évidemment pas par hasard. Ce n’est pas du pur narcissisme d’autant plus que les circonstances affectives restent douloureuses. Il y a un message : la musique est un puissant outil de l’art de vivre et de la méditation. Les descriptions des effets de la Présence Juste décrites par ailleurs rappellent clairement ces vivances au piano. La musicothérapie aide à ouvrir à ces vécus méditatifs et mystiques et nous l’utilisons dans l’entrainement à la Présence Juste. Pour le module 9, centré sur l’esthétique du monde, je passe le boléro de Ravel dirigé par Célibidache. Sa composition très simple avec seulement trois lignes instrumentales répétitives (mélodie, accord d’accompagnement et rythme des caisses claires) invite à s’y plonger en pleine présence jusqu’à la transe et l’extase.

 

Traduction EMIque. On a du pot.

Etape 1

Subversion de la structure clivante : Pour cela, j’ai dû quitter ma famille et aller au couvent !

Ressource : bien-être par la musique, orgue en particulier, et authenticité (étymologiquement : développement de soi) par l’apprentissage de l’harmonium et du piano.

 

Etape 2

Subversion de la structure corporelle rendue crispée pour acquérir la technique pianistique.

Ressource : submersion par les vibrations de l’instrument, éveil énergétique et éclairs de kundalini.

 

Etape 3

Subversion de la structure mentale, oubli de la partition, dépassement de la technique, (pas de tunnel noir).

Submersion par la pure musicalité, évidence de justesse du jeu, pur amour, même sans Elle.

 

Etape 4

Subversion de la réalité objective des indications du compositeur et des interprétations habituelles.

Submersion par la créativité symbolique, fantasmatisation sur le vendredi saint, Pâques, sur Elle.

 

Etape 5

Subversion de la structure amalgamante : je m’arrête après une heure, deux heures ; je respecte les contraintes de l’entourage.

Intégration éthique : cet arrêt n’est pas un crève-cœur mais un état de fantastique disponibilité pour la tâche suivante.

 

Cette nouvelle période pianistique fut aussi la dernière. Une structure figée s’était reconstruite, qui s’est manifestée par l’interprétation d’un double triolet et elle a tout fait péter. Quant aux ressources qui en ont surgi ce furent : le développement de l’Eepssa, la création de la Méditation Pleine Présence et une demi-douzaine de livres sans oublier l’accueil du POH-EMe de la vie. Quant à la musique, je la délègue à Mezzo, Mezzo live et Brava. Et les morceaux préférés ? Devinez. Les concertos pour piano ! Et le concertiste ? Lang Lang.

Toujours est-il que nous assistons à une nouvelle valse hésitation ou, plutôt, à une nouvelle polarisation : submersion par la musique et restructuration par l’action (entrepreneuriale et intellectuelle). En psychanalyse, on parlerait de mécanisme de défense contre … la folie extatique par la musique, comme auparavant par la mystique. Mais, soixante années plus tard, ces flux et reflux entrent tout simplement dans la trame POH-EMIque au risque de la submersion par les 5 jouissances.

 

De piano en mantra

L’amour de la musique m’a approché du Saint Graal de façon inattendue et m’a fait dénicher une pierre philosophale étrange sous la forme d’un mantra chanté. Voici l’histoire de cette nouvelle œuvre qui participe au Grand Œuvre… pour l’EMI 6 le 13 février 2019.

Actualités

Gilets Jaunes, Stop ou EnCorps ? Marcheur ou Castagneur ?

 

Le père Noel a calmé nos révolutionnaires et, à moi, il m’a apporté de la lecture bienvenue, trois belles revues en un jour :

  • Sciences et Avenir : « Comment l’esprit guérit le corps ? » (janvier 2019)
  • Sciences Humaines : « Le cerveau en douze questions » (janvier 2019)
  • Cerveau et Psycho : « Donner un sens à sa vie » (janvier 2019).

Voilà quarante années et quinze livres ago (et bientôt seize et dix sept) que je m’attèle à ces thèmes dont voici les développements dans les revues citées.

  • « Il existe un feed back constant entre le corps et l’esprit» (Joel de Rosnay, Sciences et Avenir p.6)
  • « Entre le corps et l’esprit, un dialogue vital » (Elena Sender, Sciences et Avenir p.17)
  • « Les Indiens avaient tout compris » (o.c.p. 23)
  • « La médecine intégrative pense le patient dans sa globalité – corps, esprit, cadre de vie – et le soigne en associant médecine classique et pratiques psychocorporelles ». (Isabelle Celestin – Lhoupiteau, Sciences et Avenir, p.30)

Psychocorporel ? Somatothérapies ?

Voilà quarante années que je m’y attèle et, quinze et bientôt dix-huit (avril 2019) livres plus tard, çà donne quoi ?

Pas un mot de mon apport professionnel dans ces textes. Pas une référence bibliographique. Silence radio et stylo. Comment se fait-il ? Malgré 1200 praticiens formés, dans toute l’Europe et en Afrique ?

C’est assez simple. Dès que je posais une nouveauté, je passais à la suite. Dès que j’entrais dans un réseau professionnel, je fuyais son inertie. Fuite en avant ou liberté créative ? Toujours est-il que çà me permet, après quarante années, d’aller enfin à l’essentiel, au fondamental et à l’universel. C’est déjà pas mal, isnt’it ? Et ce n’est pas trop cher payé, en tout cas pour moi ! Voulez-vous vous en persuader ? Lisez la suite.

 

EMI / NDE / Encorps

Serait-ce :

  • une nouvelle thérapie ?
  • une xième méditation ?
  • la plus maligne des théories ?
  • le meilleur des paradis ?

Rien de tout cela.

  • Il ne s’agit pas de la 701ème technique psy,
  • ni d’une autre MB, Mindfulness Based … praxis,
  • encore moins d’une conscience modifiée, délocalisée, quantique ou inconsciente,
  • et surtout pas la preuve de l’après-vie.

L’EMI ne se laisse pas instrumentaliser. Elle est, elle agit, elle s’impose. Faut faire avec. Autant le faire au mieux, en expérimentant jusqu’à l’évidence.

L’EMI est le processus spontané, commun et universel qui fonde l’humanité, à savoir l’être humain particulier et la communauté de tous ces humains.

Certes, en tant que telle, elle

  • informe les psycho-, socio- et somato-thérapies,
  • inspire les méditations
  • et manifeste la réalité humaine,
  • jusqu’à imaginer d’un dieu et de la vie dans un au-delà.

 

Çà fait beaucoup à la fois ! Too much ?

Eh bien non puisque, à l’extrême, on peut la vivre en quelques minutes et s’en nourrir toute la vie.

Bouddha, dans l’himalaya,

Moïse, dans la nuée,

Mahomet, dans sa grotte,

Socrate, sous cigüe ….

Et moi, et moi et moi ? C’était comment ? Ce sera quand ? Ferai-je quelque chose pour que çà m’arrive aussi ?

En attendant faut se taper les livres 16ème et 17ème à travers ces blogs ! Courage. Quarante années, ce n’est pas long du tout !

Chacun de nous est un gilet jaune marchant sur les Champs Elysées (paradisiaques) sachant qu’il a raison et qu’il atteindra le (arc de) Triomphe. En face, se déploient les castagneurs (stipendiés, eux, de 150 € réels par mois et de 300 € illico) soutenus par les canons à eau et des véhicules blindés.

Et pourtant nous marchons et avançons.

On continue ?

 

Le Miracle E M I

l’Expérience qui sauve de la Mort Imminente, enlève la peur de la mort, et la transforme en extase.

 

L’EMI nous initie au

CODE ONTOLOGIQUE

Hédonique Ethique et Mystique : ce que c’est que d’être humain

Naissance de l’ontoanalyse et l’ontosynthèse

 

SOMMAIRE

Préface

Hédonique, Ethique, Mystique : les fondements de l’Etre

Envoi

Initiations, Révélations, Manifestations, Applications

Introduction

L’Expérience de Mort Imminente, médicalement et scientifiquement reconnue, devient Initiante



PREMIERE PARTIE INITIATIONS

Introduction

Un cheminement personnel d’expansion de l’être

Chapitre I

Soixante années pour trouver la pierre philosophale : couvent, rêve, piano, transe musicale

Chapitre II

Psychiatrie, somatothérapie,

intégrer le corps à la psychothérapie : bonding, rebirth, pneumoanalyse

Chapitre III

L’expérience mystique dans le caisson d’isolation sensorielle

Chapitre IV

La création de la Méditation Pleine Présence et du mantra

Chapitre V

L’EMI par trauma et coma, hyperventilation, méditation et psychose aigüe

Conclusion

 

DEUXIEME PARTIE REVELATIONS

Introduction

L’EMI révèle le code ontologique ou OntoCode

Chapitre VI

Le Code Source inconscient, l’Expérience de Mort Imminente/Initiante

Chapitre VII

Le Processus Organisateur de l’Humanité (POH) : dynamique, dialectique, transcendantique

Chapitre VIII

Le mythe dogon et sa structure informée par l’EMI

Chapitre IX

Le rêve, révélateur de l’OntoCode

Conclusion

 

TROISIEME PARTIE MANIFESTATIONS

Introduction

Les sciences psy et neuro pour étayer le trio EMI, OC et POH

Chapitre X

Le paradigme holantropique : ontologie, ontogenèse, le modèle structuro-fonctionnel, EISARC Plé

Chapitre XI

L’OntoCode : la révolution hédonique, éthique et mystique

Chapitre XII

L’apport des neurosciences : les modes de conscience par défaut et auto

Chapitre XIII

Les grands textes de l’humanité et la manifestation des EMI, OC et POH

Conclusion

 

Chapitre I

Soixante Années pour trouver la pierre philosophale

Mais comment arrivent ces irruptions d’Expérience de Mort Imminente et Initiante? Je propose mon histoire à moi avec des moments forts et souvent méconnus par moi sur le moment. Il aura fallu soixante années en partant de mes quatorze ans où j’ai décidé de partir au couvent. Deux vécus étranges ont marqué mes débuts. J’aime me rappeler ces deux événements que je cachais jusqu’à présent et qui me semblent évidents depuis que j’en parle ouvertement : j’ai vu un ange et dieu lui-même. Décrit ainsi ça semble énorme et pourtant c’est simple. J’avais cinq ou six ans ; mon frère et moi étions envoyés dans notre chambre, le 24 décembre au soir, pour laisser aux parents le temps d’installer l’arbre de Noël et de déposer les cadeaux. En descendant l’escalier, je vis un ange, j’en mets ma main au feu ! En fait, il s’agissait d’une silhouette blanchâtre ressemblant à une nappe de brouillard, point barre. Mais c’était un ange !

Quinze ans plus tard, au début du noviciat, se plaçait une retraite silencieuse de quinze jours. Lors d’une pause dans le parc du couvent, je vis dieu en personne. C’était aussi une silhouette éthérée, blanchâtre et c’était dieu, j’en mets encore la main au feu ! Ces deux visions n’ont rien d’extraordinaire ni de remuant. Je n’en parlais néanmoins pas. Aujourd’hui elles me semblent claires : ce sont des visualisations telles qu’on les vit couramment dans la quatrième étape du rebirth / pneumanalyse comme nous le décrirons.

Non seulement je n’ai rien compris à l’époque mais je n’en ai pas plus parlé, même pendant mes psychanalyse et somatoanalyse personnelles. A vingt-deux ans, j’ai quitté le couvent et affronté le monde et j’ai fait des rêves qui ont résulté de ce qui fût plus précisément un renvoi du couvent.

Dans ces premières pages, je propose des expériences bien vivantes et des évidences (à moi, en attendant que vous les partagiez). Les unes et les autres servent d’illustrations sinon de modèles. Çà peut se passer comme cela, pour vous aussi ! Mais dès à présent, la rigueur scientifique fait son retour, doucement, soft power. Après dix-huit années d’études supérieures et deux doctorats ainsi que l’élection à l’Académie de Médecine (de Pologne où je donnais des formations). Voici.

 

Le renvoi du couvent et les rêves post traumatiques. 

Dès mon éviction du couvent, je faisais des rêves à contenu ‘‘religieux’’ qui se découpent en cinq séquences homogènes de par la chronologie. Les premiers rêves se sont répétés pendant trois à quatre ans autour du renvoi de la communauté. Au début du rêve, je me trouve au milieu de mes confrères et je porte la soutane. Je fais partie de la communauté. Tout d’un coup, on me renvoie et je vis des départs poignants où je m’éloigne à pied, toujours en soutane, la mort dans l’âme.

La deuxième période dure elle aussi trois à quatre ans et se caractérise par l’absence de rêve ayant trait à la communauté. J’en fais une séquence importante à cause de l’absolu de l’absence.

Une troisième période a débuté après dix ans avec des rêves encore une fois homogènes et répétitifs. Je me retrouve au couvent et en soutane, au contact de mes compagnons d’autrefois, sans animosité ni émotion, avec une grande paix intérieure. Tout d’un coup, le commutateur switche I’image et je me retrouve dans ma vie actuelle et m’y sens tout aussi bien, sans regret par rapport à la communauté. Je suis psychiatre, paisible, content de ce rôle.

Après une nouvelle absence de ce rêve, une cinquième période s’étend sur quatre autres années. Je cumule les deux fonctions. Je suis religieux et psychiatre. Je suis en soutane et je dirige un groupe de socio-somatanalyse. Je suis un religieux psychothérapeute et cela crée un vécu de plénitude. Il n’y a pas d’image particulière, d’anecdote ou de scénario, c’est seulement une pensée et un ressenti. Je suis religieux et thérapeute de groupe. Depuis quelques années le rêve d’appartenance à la communauté religieuse est de nouveau absent à part des rêves ponctuels.

Ce qui se visualise dans ces rêves, c’est le communautaire, le groupe des frères, et donc le religieux. Religare veut dire lier, réunir. Il y a la soutane qui montre l’appartenance à cette communauté. L’évolution du rêve nous donne aussi la part sensitive, ressentie. Il y a d’abord une grande paix (troisième période) puis une plénitude profonde (cinquième période), C’est ainsi que j’avais vécu ma “foi”, dans la paix et l’entièreté. Mais il n’y avait ni jouissance mystique ni illumination extatique. C’est probablement pour cela que j’avais hésité à retourner au couvent.’’ (Meyer 2013 p.197-198)

Comme vous le lisez, les premiers commentaires sont bien gentils. Mais dans la reprise de ces rêves dans mon livre précédent (Psychanalyse Pléni-Intégrative) je m’astreins à un gros travail de validation des interprétations possibles. Et ici, pour ce tome II, je continue, avec l’arme EMIque évidemment. Allons-y.

 

Le couvent et la quête du saint Graal

Ce raoût de rigueur (dite scientifique) apporte-t-il quelque chose à notre POH-EMe ? Le valide-t-il un peu plus ou l’alourdit-il ? Suffirait-il de nous contenter de la dernière interprétation EMIque ? Et l’on snoberait Freud et Jung et mes propres modèles onto-psychologiques ? Et l’on relancerait la guerre des écoles, théories (et recrutement d’élèves) ? Eh bien, nous ferions comme les communistes. Après avoir subverti des structures, nous en reconstituerions des nouvelles ! Voilà comment fonctionne l’humain et l’humanité : on tire la couverture à soi, on crée sa sécurité bien douillette et l’on dérape dans l’illusion groupale. Mais ce n’est pas cela la révélation EMIque qui nous enseigne qu’il faut toujours subvertir ce qui se fige ou à tout le moins ne pas bétonner à nouveau !

Et le retour à la raison, au mental, à l’hypothético-déductif et aux concepts n’est -il pas un tel bétonnage ?

Car, après les délices de l’ange, la vision de dieu et le port de la soutane, j’ai entamé les études de médecine, 10 années, et parallèlement, le doctorat de sociologie/ethnologie, six années. On ajoute les deux années de philosophie au couvent, et le compte est bon ! Peut-être faudrait-il plutôt mettre en avant l’année de noviciat, à 19 ans, où j’apprenais la vie religieuse, sans bouquins sinon les hagiographies doucereuses (vie des saints). A part la vision de Dieu évoquée, je n’y ai vécu ni volupté ni extase. Par contre, un jour, en déambulant dans l’église, j’ai eu une intuition : je m’étais juré de sauver dix mille âmes ! Ce projet, je l‘ai transformé en formation de dix mille psycho-somatanalystes ! J’en suis à mille trois cents pour le moment ! Mes élèves feront le reste. Cet élan ressortit de l’étape deux de l’EMI avec éveil énergétique qui devient action au lieu de passion et volupté. Mon supérieur avait vu juste qui me renvoyait dans le « monde », pour agir !

Mais le couvent m’a apporté une ressource bien plus appréciable, la passion de la musique. Bien que mes parents aient été musiciens, piano pour la mère, violon puis baryton pour le père, on ne nous a pas mis aux instruments. J’ai donc commencé au séminaire jusqu’à mes vingt-deux ans puis ai connu trois phases de plusieurs années. En voici la dernière. Ce texte a vingt années. Il n’était pas encore question d’EMI et surtout pas de POH. Mais tout est déjà là. Après coup, çà ressort facilement. Cette nouvelle illustration personnelle nous montrera encore mieux comment cela se passe. On y est, of course. Et on ne le sait pas ! Çà éveillera certainement des choses chez vous. Laissons venir.

 

Première partie

Initiations

 JouissanceEthique et Mystique
J’EM, J’aime

Ce livre nous fait découvrir le Saint Graal.
Il déniche la Pierre Philosophale et réalise le Grand Œuvre.
Que des majuscules to Make Psycho great again.

 

Introduction

L’EMI, Expérience de Mort Imminente, est enfin reconnue médicalement comme un processus universel et validée scientifiquement. Il s’agit de la manifestation la plus complète et la plus précise du fonctionnement humain.

Elle se constitue d’une forme et d’un contenu. C’est la forme qui est commune à toutes les expériences. Le contenu, lui, est personnel, créatif, et varie selon les personnes et les ressources. Et parce que ces vécus individuels sont tellement riches, on en déduit « la vie après la vie » (Raymond Moody), « la preuve du paradis » (Eben Alexander) et « le livre des morts » (tibétain et égyptien notamment). Et l’on s’y perd dans ce story telling. Et çà débouche malheureusement aussi sur des fake news et fake sciences.

Mais la forme est commune et universelle. Elle se constitue de deux processus : un cycle d’éveil en cinq étapes et une dialectique entre deux moments,

  • la subversion d’une structure figée et
  • la submersion par les ressources libérées.

C’est vivant. C’est la vie même. C’est humain. C’est l’humanité même, à savoir l’être humain. Et qu’est ce que ce Graal qui prouve notre spécificité d’homme et de femme ? Eh bien, c’est cela. That’s it. C’est cette expérience qui nous sauve de la mort alors qu’elle est imminente. C’est ce phénomène qui nous enlève la peur de la mort quand on a survécu. C’est cette révélation qui apporte les cinq ressources et jouissances fondamentales :

  • le bien-être authentique,
  • la volupté énergétique,
  • la félicité mystique,
  • la création symbolique
  • et l’intégration éthique.

A condition de subvertir les structures fixées correspondantes :

  • la structure clivante des convenances externes qui me coupe de mes fondements,
  • la structure corporelle,
  • la structure mentale,
  • la structure identitaire,
  • la structure amalgamante qui me rend addict à ces jouissances.

Et çà bouge, et çà va et vient, de fixation en mouvement. Et çà nous sort de l’instinct. On est donc au-delà de l’animalité. Et çà crée : le paradis, l’éternité, le nirvana, dieu et la laïcité. Et çà insère dans l’humanité.

L’EMI survient inopinément chez un tiers des humains après trauma et coma, dans l’amour et l’orgasme, pendant les pratiques méditatives et mystiques ainsi que dans des exercices thérapeutiques/analytiques intégratifs. Ce phénomène qui humanise s’insère dans notre quête de nous-même et dans l’accomplissement du Grand Œuvre. Çà aussi, c’est spécifiquement humain : réaliser son œuvre à soi, l’œuvre en soi.

L’EMI est un processus bio- et physio- logique à expression psychologique et structuration sociale et culturelle. Elle se passe en moi, dans mon cerveau à moi, en cœur, corps et âme, dans la globalité de mon être, en psycho-, socio- et somato-. Cette complexité est souvent de trop, to much. Elle ne se conçoit que comme un phénomène que l’on peut décrire phénoménologiquement mais pas conceptualiser. Certes, je dois bien utiliser des mots et des symboles pour cette description, mais ce ne sont ni des théories ni des croyances.

En fait, et pour dire juste, l’EMI n’est que la manifestation de quelque chose d’autre, la manifestation la plus complète et la plus précise des fondements de l’humanité, de ce qui organise l’être humain. Et là, çà semblerait théoriser ! Nous l’appelons « Processus Organisateur de l’Humanité » (POH). Poh, poh, poh ! Vous constatez que j’utilise beaucoup le « est » et le « çà » et que j’ajoute autant d’humour et d’anglais. Oui. Le POH et l’EMI « sont ». Ils sont même POH-EMe (e = extatique), le poème de la vie. Ils sont comme « çà », comme le çà de Freud piqué à Groddeck. Et « c’est » tellement énorme qu’il faut se protéger par l’humour comme Moïse qui a été enveloppé dans la fumée et n’a vu « çà » que de dos.

Sans tourner plus longtemps autour du pot, concevons ce POH comme fondement même de l’humanité qui ne se connait que par ses manifestations telles que l’EMI mais aussi tels que le rêve, l’extase, la création artistique, musicale en particulier, l’amour, les constructions symboliques des mythes et religions, les pratiques tels la méditation et des textes comme celui-ci. L’essentiel de notre livre consiste à dénicher le processus d’hominisation sous sa forme EMIque mais aussi dans toutes ses autres manifestations.

 

Digression

Un numéro récent de la revue « Sciences et Avenir » (oct 2017) nous rappelle les « 9 révolutions scientifiques qui transforment le monde ». Pour mémoire : le zéro, l’héliocentrisme, l’évolution, l’atome, la relativité, le monde quantique, l’ADN, l’homme neuronal, l’intelligence artificielle. L’être humain est très mal représenté dans cette série entre ADN et neurones, en train d’être dépassé par l’intelligence artificielle (IA). Eh bien, il y a une belle place laissée vacante, celle de l’homme EMIque avec sa fantastique intelligence naturelle (IN). Les Universaux de l’Humanité se révèlent enfin au monde, Jouissance, Ethique et Mystique, et ce sont eux qui pourront sauver ce dernier en gardant le contrôle de l’IA et du réchauffement climatique. Il faut subvertir l’arrogance de la science et laisser advenir le meilleur de l’humain. Jusqu’à présent on n’avait que des théories et des croyances sur l’homme et la femme, et des guerres entre eux. A présent l’évidence nous submerge : bien-être authentique, volupté énergétique, félicité mystique, création symbolique et intégration éthique.

Voilà la dixième révolution, la plus précieuse, aussi évidente que les neuf autres, aussi universelle et éternelle. Ce n’est pas celle de « l’homme dieu » de Hariri mais celle de l’homme homme et de la femme femme. Ce n’est pas celle de Freud qui truffe ses livres de « la psychanalyse a prouvé que » Mais qui c’est que la psychanalyse ? Et qui prouve donc in fine ?

Notre révolution est celle du tiers de l’humanité qui expérimente spontanément l’EMI. Les deux autres tiers vivent et survivent grâce au POH, Processus Organisateur de l’Humanité. A ce niveau, on n’a pas besoin de prouver, il suffit d’observer et d’accepter les résultats de la cohorte des deux milliards d’expérienceurs. Lorsque l’on injectera ces big data dans l’algorithme de l’humanisation, tout le monde opinera (Sinon, on sort les opinels !) Trêve de plaisanterie. (Mais de quoi je me défends ?) Aujourd’hui même, 3/11/17, un article du journal Le Monde (page 7) « Le nombre de déplacés climatiques explose. Plus d’un milliard de personnes pourraient migrer d’ici à la fin du siècle, en raison du dérèglement du climat ». Sortez vos opinels ! (des couteaux bien français) et manifestez à la Cop 23 puis aux suivantes !

L’humanité qui est abordée dans ce livre désigne aussi l’ensemble des humains, les quelque bientôt dix milliards. Le POH, Processus Organisateur de l’Humanité, concerne également l’organisation de cet ensemble, de ces milliards ici évoqués. Dès à présent, anticipons sur la dynamique EMIque : subvertir les structures figées, se laisser submerger par les ressources humaines. Il y a cent ans exactement le tsarisme a été subverti par le communisme qui promettait à chacun selon ses mérites puis à chacun selon ses besoins. Comme nous le savons, çà s’est restructuré et figé bien avant. A chacun son baston.

Actualités

Gilets Jaunes
casseurs et castagneurs

 

Mai 2018. La France n’a pas voulu fêter le cinquantenaire de mai 1968 (contrairement à notre commémoration, blog n°3). Qui ne se réfère pas à son histoire est condamné à la rejouer. Nous y sommes. 75% de la population reconnait le bien-fondé de la révolte, (insurrection, sédition, émeute ?) 50 à 60% de la population n’arrive plus à boucler les fins de mois.

Mais ils se payent la plus belle avenue du monde. Ils manifestent, certains cassent et, en face, on castagne. Et l’on voudrait faire croire que les français aux revenus modestes sont des casseurs. Et on les accule à élever le ton, à braver, affronter et même casser. La provoc marcherait-elle ? Ben non !

Les 75% d’approbations deviennent 80%. Les 250.000 manifestants restent 150.000 quinze jours plus tard, malgré la castagne. Quant aux 500 arrêtés, bouclés, prévenus et jugés, les procureurs nous disent qu’il s’agit de braves gens comme vous et moi. Car les casseurs, on les a laissés se casser. Quant aux castagneurs, ils sont toujours là !

Deux réflexions, au-delà de toute politique :

  • la sociodynamique de cette situation toute nouvelle et
  • le coup de sang … EMIque.

 

La dynamique de groupe en ses quatre séquences universelles

Schéma 1 : le modèle sociodynamique

 

80% de la population, çà fait plus de 50 millions de citoyens qui animent cette sociodynamique en ses quatre étapes :

  • conflit : on y est, ce qui inclut les 20% restants, 100% !
  • sécurisation : les 50 millions, oui, ça s’organise et se régule, en réaction aux matraques, lacrymogènes et autres jets d’eau ;
  • consensus : d’un côté oui, toute une nation ; de l’autre côté, çà conteste sous le manteau (et çà recule même) ;
  • don altruiste : ce serait la solution, dans trois mois ou, mieux, aujourd’hui et « en même temps »?

 

L’ontodynamique en ses six étapes du développement humain

Tableau 4 : Le modèle ontogénétique

 

Comment ce grand ado qui s’est laissé socialiser (étape 3) et qui paie l’impôt, comment cet adulte acteur de la socialité citoyenne (étape 4), peuvent-ils se mettre à casser ? Au-delà de l’imitation (merci les neurones-miroir) et de l’engrenage, il se passe autre chose que la castagne ne fait que développer. Çà passe tout d’un coup à « l’univers créatif » (étape 6), à l’affirmation la plus authentique, à l’explosion des valeurs les plus éthiques, à l’accès aux profondeurs de l’être. On est au-delà des 6cts par litre de diesel.

Il suffit du coup de matraque, sur soi ou sur le voisin, et c’est le trauma qui déclenche l’EMI. Çà ne s’arrête pas malgré trois mois avec sursis (justice). Çà ne fera que 300 acteurs en moins mais 5 millions d’approbations en plus. Apprenez votre métier grâce aux gilets jaunes. Revoyez votre psychologie et votre sociologie tout comme les castagneurs réapprennent la politique.

 

Morale de l’histoire.

La France nous rappelle qu’on ne joue pas avec le SocioCode (et ses quatre étapes couronnées par le don altruiste) ni avec l’Ontocode (actualisé par l’exaltation EMIque).

 


 

Nous aborderons ce livre dans le désordre et non tel qu’il est prêt pour l’édition. En effet, il est bon d’entrer de plein pied dans le cœur du sujet, l’EMI. Voici le chapitre V (du livre) avec quatre descriptions du processus, quatre accès différents, mais la même arrivée, l’invariant EMIque en ses cinq étapes. Ce texte remonte à une douzaine d’années et emprunte encore des termes classiques (inconscient, personnel et collectif Freud et Jung). Nous pouvons suivre ainsi ma démarche personnelle qui coïncidera éventuellement avec votre évolution personnelle vers cette mise en cause de bien des connaissances sensément définitives.

 

Chapitre V

EMI, l’Expérience de Mort Imminente

 

Nous venons de lire de belles et riches descriptions d’états d’être étranges : vision d’ange et de dieu, extase musicale, voyages merveilleux en rebirth et dans le caisson d’isolation sensorielle. Ces vécus se recoupent et, au-delà de toutes les variables de contenus, il s’annonce quelque chose de commun, un invariant, que je n’osais pas encore qualifier d’universel. Mes hésitations de près de quarante années pourraient bien vous faire sentir les vôtres à cette lecture ! Si vous avez encore quarante années devant vous, prenez le temps. Sinon, lâchez-prise !

Car le fondement commun, universel et intemporel, essentiel, s’impose enfin, c’est l’EMI révélateur du POH, Processus Organisateur de l’Humanité. J’en rajoute pour vous obliger à réagir ! Tu veux ou tu veux pas ?

Il y a l’EMI classique, par trauma et coma, mais aussi les expériences analogues, complètes et exactes comme la dite classique. Nous en verrons trois : celles de la pneumanalyse, de la Méditation Pleine Présence et … de la psychose aigüe. Ce texte reprend pour partie ce qui fait déjà le cœur de mon dernier livre (La psychanalyse pléni-intégrative, 2017 l’autre blog). Il fallait remettre ça ici parce que ces présentations sont originaires (de ma recherche) et exemplaires.

 

I – L’expérience de mort imminente : après trauma et coma

Une nouvelle étape s’impose dans la connaissance des états de conscience après trauma et coma avec ce qu’on appelle EMI, NDE en anglais, expérience de mort imminente, near death experience. En effet, après les premières descriptions étonnées et étonnantes de Raymond Moody ou de Kenneth Ring notamment, insistant plus sur le fantastique du contenu que sur la permanence des étapes formelles, on en arrive aux études scientifiques, méthodiques, comme celle d’un cardiologue hollandais qui comptabilise près de 15 % d’EMI parmi plus de trois cents comateux après infarctus du myocarde qu’il avait soignés (Van Lommel). Moi-même j’ai interrogé mes patients qui ont passé par une anesthésie générale et j’arrive à une proportion très proche – mais sans la rigueur statistique. Cette EMI nous la retrouvons décrite de façon très proche dans toutes les traditions de toutes les époques (dans le Bardo Thödol tibétain, le livre des morts égyptien, la mystique chrétienne, la divine comédie de Dante etc…). Cette EMI, nous la cultivons dans les pratiques respiratoires telles que le Rebirth et dans bien des somatothérapies centrées sur les états de conscience. Fritz Perls la décrit dans la Gestalt-thérapie (Meyer 2013). Cette EMI est maintenant reconnue comme un processus bien précis qui fait traverser cinq étapes dans un ordre chronologique habituel après le trauma initial, même si le contenu semble disparate :

  • étape 1 : bien être
  • étape 2 : excorporation
  • étape 3 : tunnel noir et lumière
  • étape 4 : vision, révélation
  • étape 5 : point de non retour et…. retour.

A présent, il est évident que la dite EMI n’est autre qu’un processus neuro-bio-physiologique, à manifestation psychologique, qui se déroule selon ces cinq étapes auxquelles j’ajoute une sixième : le changement de vie. Cette sixième étape qui s’écoule sur des mois, ce changement de vie, démontre l’effet thérapeutique de l’éveil de ces processus. Le monde médical et scientifique reconnaît enfin la réalité de ces vécus qui n’ont plus rien d’ésotérique. Il en arrive à évaluer l’occurrence de l’EMI à un tiers de la population : une personne sur trois fait, un jour ou l’autre spontanément, une expérience dite de mort imminente. Quand j’en parle à un groupe de vingt élèves, il y a toujours trois ou quatre d’entre eux qui ont déjà fait cette expérience.

Mais n’oublions pas que, dans l’EMI, la cause est traumatique et violente ou chimique (anesthésie, drogue dure) et provoque donc des phénomènes en clivage tel que l’excorporation (OBE, out of body experience). Dans le travail analytique, par contre, la pratique est volontaire et progressive. Dans les pratiques somatothérapiques, somatanalytiques et méditatives, c’est un acting, l’hyperventilation notamment, qui lève la structure correspondante et libère le processus qui reste unifié et centré. J’ai bien observé ce mécanisme lors des milliers de séances de pneumanalyse que j’ai accompagnées au cours du quart de siècle écoulé. C’est ainsi qu’on peut systématiser les mêmes étapes que celles de l’EMI traumatique, raison pour laquelle nous appellerons ce deuxième mode d’obtention : Expérience de Mort Initiante (qui initie).

Avec l’arrivée du livre de Van Lommel (‘‘Mort ou pas’’), nous devons tenir compte des données apportées avec clarté et rigueur par l’auteur. Commençons par étoffer la liste des étapes selon trois auteurs majeurs : Moody, Ring et Greyson. Voici les douze éléments décrits par Moody au début et l’ordre dans lequel ils sont généralement cités.

  1. ‘‘Le caractère ineffable de l’expérience.
  2. Une sensation de paix, de calme. La douleur a disparu.
  3. La conscience d’être mort(e). Elle est parfois suivie d’un bruit.
  4. La décorporation. Le sujet assiste à sa réanimation ou à son opération depuis un lieu situé à l’extérieur et au-dessus de son corps.
  5. Un espace obscur. Seuls 15 % des gens le vivent comme effrayant. Le sujet est tiré vers un minuscule point de lumière dans cette obscurité qui peut être décrite comme le passage dans un tunnel. Le sujet est rapidement propulsé vers la lumière. Ce peut être aussi une EMI terrifiante. Environ 1 à 2 % des sujets restent dans cette obscurité et vivent leur EMI comme effrayante. (Elle est parfois qualifiée de véritable enfer.)
  6. La perception d’un environnement irréel, paysage éclatant, couleurs superbes, fleurs magnifiques et, parfois aussi, musique.
  7. Rencontre et communication avec des personnes décédées, des parents le plus souvent.
  8. La perception d’une lumière brillante ou d’un être de lumière. Le sujet ressent une totale acceptation, un amour inconditionnel et accède à une connaissance et à une sagesse profondes.
  9. La vision panoramique du passé. Le sujet revoit sa vie depuis sa naissance. Il revit tout et voit son existence défiler devant lui à la vitesse de l’éclair. Le temps et la distance semblent abolis, tout se produit en même temps, et le sujet pourra parler pendant plusieurs jours du film de sa vie qui n’aura duré que quelques minutes.
  10. Intuitions ou images de l’avenir : le sujet a l’impression d’être le témoin d’une partie de sa vie encore à venir. Là encore, il n’y a ni temps ni distance.
  11. La perception d’une frontière. Le sujet se rend compte que s’il franchit cette frontière ou limite, il ne pourra plus revenir dans son corps.
  12. Le retour de la conscience dans le corps. Il s’accompagne d’une grande déception de se voir retiré quelque chose d’aussi beau.’’ (Van Lommel p. 25 et 26).

Ces douze étapes ont été ramenées à cinq par Kenneth Ring, comme nous le faisons nous-mêmes.

  1. ‘‘Il mentionne d’abord la phase affective, celle des impressions de paix absolue, de calme, de lâcher prise, de félicité. La souffrance a disparu. Cette phase est presque toujours ressentie comme positive et apparaît dans 60 % des cas.
  2. La deuxième phase est celle de la sortie du corps et concerne 37 % des cas. Tandis que certains sujets ont simplement l’impression de ne plus avoir de corps, de ne plus ressentir ni douleur ni restriction, d’autres peuvent effectivement voir leur corps sans vie et tout ce qui l’entoure depuis un point de vue situé en dehors et au-dessus de la scène. Ils voient et entendent clairement ce qui se dit. Ils se sentent à la fois détachés de leur corps et complets, mais transparents.
  3. À la troisième phase (23 %), les sujets arrivent dans un lieu obscur, généralement paisible. Certains s’attardent dans cette phase.
  4. D’autres s’enfoncent dans un tunnel vers une lumière exceptionnellement claire sans être aveuglante, qui irradie un amour et une acceptation inconditionnels. Cette quatrième phase est décrite dans 16 % des cas.
  5. La cinquième et dernière phase (10 %) consiste à pénétrer dans une dimension autre, surnaturelle, d’une incroyable beauté, où le sujet entend de la musique et rencontre parfois des amis et parents morts. C’est aussi là que peuvent intervenir le film de sa vie passée et des flashs sur sa vie future. Il a le plus grand mal à quitter ce lieu pour retourner dans son corps.’’ (o. c. p. 26 et 27).
    Plus que de longues explications, un tableau établit les concordances entre les trois modèles majeurs, dans la mesure où l’on différencie les EMI post traumatiques et les expériences harmonieuses comme nous le verrons par la suite.

Tableau 4: les étapes de l’EMI selon Moody, Ring et Meyer.

 

II – L’Expérience des Processus Transconscients en pneumanalyse

Pour chaque étape, il y a d’abord la traversée d’une structure défensive spécifique puis l’accès au pur processus.

Etape 1

Pratique :    subversion de la structure de vigilance que requiert la vie sociale, par la mise en posture allongée et relâchée sur un matelas ;

Effet : éveil du bien être.

 

Etape 2

pratique : subversion de la “structure corporelle”, du ” schéma corporel ” anatomique et de l’homéostasie bio-physiologique par l’hyperventilation et l’hyperoxygénation ;

effet : éveil du pur processus énergétique, puis “expansion du corps énergétique “, il s’agit aussi de la libido freudienne, (donc de l’inconscient personnel) avec retour de souvenirs réels et le vécu d’émotions intenses.

 

Etape 3 

pratique : subversion de la ” structure mentale “, de celle qui donne ” forme ” à toute production psychique (image, pensée, mélodie etc…), par l’invasion de la vague énergétique dans le cerveau et le relâchement de la conscience ;

effet : aspiration dans le tunnel noir, l’obscurité, l’informe, le gris ; sensation d’un mouvement intense qui fait débouler en spirale à travers le tunnel vers la lumière qui point au bout. L’absence de ” l’in – formation ” donne des ressentis d’une extrême intensité et d’une nouveauté surprenante. C’est dans ce tunnel que l’on peut paniquer et résister jusqu’à éprouver l’enfer. Si l’on s’abandonne avec confiance à ce processus cérébral, on arrive à la pure lumière, à des taches de couleur vives, à une vérité d’une évidence totale ; on entre dans un mouvement d’aspiration libérateur. C’est à ce niveau que se situe, pour les Tibétains, l’éveil définitif, le nirvana, qui intègre l’amour sans objet ni image. Eveil de clarté, volupté, agapé, épistémé et sensation de pleine liberté.

 

Etape 4 

pratique : persévérance dans l’hyperventilation et dans l’état de conscience modifié ; subversion de la ” structure personnelle “, à savoir de tout ce qui fait la définition de la personne avec son identité, son individualité, son apparence que nous connaissons, sa séparation d’avec les autres, d’avec son ego freudien méfiant, de sa persona jungienne artificielle ;

effet : survenue de visions ” transpersonnelles ” et archétypales dans lesquelles des êtres mythiques côtoient des êtres vivants et des êtres morts apparemment vivants dans des paysages paradisiaques; créativité visuelle débridée et exaltante, mais aussi révélation, audition de musiques célestes, olfaction de parfums sublimes ; libération d’un sentiment d’amour intense, profond, inconditionnel, tel qu’on ne l’a jamais connu, envers les vivants et les morts (d’anciens êtres proches) et surtout des êtres archétypaux : maître, saint, dieu ; le tout sur la base d’une volupté et d’une félicité stables et inconnues jusque-là.

Ces derniers vécus sont ceux-là même que C.G. Jung conceptualise comme “inconscient collectif “. Jung a accédé à ce quatrième palier après des années à régresser, déprimer ou, tout simplement, à subvertir les structures mentales et individuelles jusqu’aux ‘‘processus constituants’’ en rédigeant et illustrant son fameux livre rouge. Quant à Freud, il s’est arrêté au deuxième palier, énergétique, celui de la ” libido “, préférentiellement sensuelle et sexuelle. A ce stade freudien, il y a un accès facilité aux souvenirs réels et enfuis de la petite enfance, aux événements et processus refoulés, ce qui constitue l’essentiel de ” l’inconscient personnel “.

 

Etape 5

Point de non-retour : en EMI, quelque chose fait revenir à l’état de conscience habituel, que ce soit un être archétypal qui en fasse la demande, ou le médecin auprès du comateux qui appelle à se réveiller, ou le souvenir de ses obligations de père , mère, conjoint etc. Le corps revient à la vie, l’esprit traduit ce changement en un message symbolique tout comme, en rêve, il met en image les ressentis corporels. Ce retour se fait souvent à contre cœur.

En pneumanalyse, tout cela peut aussi se passer ainsi mais c’est le cycle bio- et physio- logique qui scande la séance de près de quarante cinq minutes. On peut repartir pour un tour en relançant l’hyperventilation et l’on retrouve souvent le contenu d’avant. On a beaucoup de plaisir à raconter ce vécu très bien mémorisé. Les moments forts deviennent des souvenirs – refuges qu’on aime reconnecter par la suite.

 

Etape 6

 Changement de vie. Cette expérience est si riche et si intense qu’elle reste profondément et durablement gravée dans les sens et dans la mémoire. On s’y réfère avec bonheur. Elle est très souvent le vécu le plus important de toute la vie, aussi entraîne-t-elle un changement d’état d’être et de vie. Pour rester dans l’amour qu’on a ressenti, on modifie son attitude envers les autres. On change son mode de vie pour rester en contact avec ce ressenti intérieur.

Ce sont les trois étapes centrales qui ont mis en ordre les observations que je fais depuis si longtemps :

  • l’étape corporelle, énergétique, qui correspond à l’inconscient freudien et que je généralise en “essence de l’énergie” (terme freudien d’ailleurs),
  • l’étape psychique, mystique, qui correspond à l’inconscient oriental ou inconscient absolu et qu’ils appellent “nature de l’esprit”,
  • l’étape relationnelle, transpersonnelle, qui donne les mêmes contenus que l’inconscient collectif de Jung et que j’appelle “l’intime du lien“, parce qu’on y côtoie également les êtres aimés vivants, morts et virtuels, ainsi qu’un environnement magnifié. On se reportera sur le tableau n°1 publié sur la blog 1.

Voilà cet essai de description de ces trois temps centraux et successifs et quasiment toujours décelables quels que soient la richesse et le désordre apparent du contenu imaginal et sensoriel. Dans nos mises en commun des vécus de pneumanalyse, nous commençons maintenant par déterminer le cheminement formel (la succession des subversions de structures et d’éveils de processus) parce que l’analyse des contenus change totalement selon l’étape. Lorsque le patient s’arrête à l’essence de l’énergie, nous sortons l’analyse freudienne, avec insistance sur le sexuel éventuellement. Lorsqu’il passe jusqu’à l’intime du lien, il n’y a plus aucune interprétation sexuelle, mais une pure plongée dans le symbolisme jungien. Cela évite bien des contresens. Si le patient reste coincé dans les structures (avec tétanie, puis hyperacuité sensorielle), nous nous focalisons sur les mécanismes de défense et les difficultés à s’abandonner. Mais est-ce bien l’inconscient ou, plus justement, le processus inconscient ? Accordons-nous une approche supplémentaire celle de la Présence Juste déjà évoquée, proche d’une méditation, qui nous permet une troisième appellation : Présence aux Processus Mystiques.

 

III – La Présence aux Processus Mystiques en Présence Juste

Le pur processus énergétique ou essence de l’énergie

Je m’assieds en tailleur, la colonne droite, dans mon petit coin bien calme, lâche la tête et me tourne vers l’intérieur. Après une à deux minutes, un endroit du corps se met à se remplir d’une douce énergie, à pulser cette sensation plus loin, à la diffuser dans tout le corps. Au début ça s’éveille dans le périnée et monte sagement le long de la colonne comme l’enseigne l’Orient avec son image du serpent kundalini. Arrivé dans le crâne, le serpent y répand douceur et félicité et calme la pensée. Puis elle se déverse dans le reste du corps en redescendant très lentement.

 

Le pur processus mystique ou nature de l’esprit

C’est quand le mouvement énergétique submerge plus massivement le cerveau, au-delà de la douceur et de la félicité évoquées ci-dessus, que la structure mentale cède dans des manifestations très proches du tunnel noir, mais néanmoins atténuées : obnubilation de l’esprit, envahissement par une obscurité plus ou moins opaque, déferlement d’une vague d’endormissement qui nous emporterait vers le sommeil si on allait se coucher. Quand on sait résister au sommeil et qu’on reste dans la posture, on sort lentement de l’éclipse et l’on découvre la clarté, la lumière, l’éclat du soleil. Le cerveau devient lui-même lumière, soleil et rayonnement. Il faut qu’elle sorte, cette lumière, qu’elle se répande, enrichisse alentour et entourage. Parfois ce sont de pures plages de couleur, vives et lumineuses. Puis ce flamboiement envahit le reste du corps en descendant lentement.

Une grande volupté accompagne cette lumière et la présence reste juste ; on est là, présent, capable d’intégrer ce qui peut se passer d’imprévu. Il s’agit de rester dans cette présence, riche et sobre à la fois, exaltante et simple tout autant. C’est “ pur “ processus, sans forme, sans structure, sans intention ni but, hors du temps sinon éternel. C’est, tout uniment.

Selon le contexte de vie (période calme ou préoccupée), cet être de lumière et de jouissance se maintient plus ou moins longtemps. Si on s’écarte de ce pur état d’être, la structuration se réinstalle et c’est, paradoxalement, en passant à la production imaginaire (les images ayant des formes et les pensées s’inscrivant dans des concepts et des mots).

 

Le pur processus affectif ou l’intime du lien

Alors s’imposent des images, des personnages, des paysages, des considérations éthiques, des intuitions plus ou moins essentielles. Mais c’est la dimension affective qui caractérise fondamentalement ce qui correspond ici au quatrième palier de l’Expérience de Mort Initiante. Quand la lumière descend dans le corps jusqu’au cœur, elle allume ce sentiment d’amour ineffable déjà évoqué en pneumanalyse. Ce troisième processus hors structure vient redonner les formes aux images, les visages aux personnages, le paradisiaque aux paysages. S’éveillant de plus en plus, l’affectif fait advenir ses objets privilégiés: les êtres aimés, vivants et morts indifféremment, les êtres archétypaux, réels et virtuels indifféremment, les ambiances de rêve amoureux. Lorsqu’il y a évocation d’événements de vie, ces événements sont ressentis comme augmentant ou diminuant le sentiment d’amour et prennent ainsi une couleur morale. S’ils l’augmentent, ils étaient bons ; s’ils le diminuent, il y avait faute. Je vais aggraver mon cas – déjà bien suspect avec la prétention au transcendant – en affirmant, très simplement mais avec conviction, que nous sommes ici aux origines des processus les plus nobles de la civilisation : sentiments artistiques, éthiques, mystiques et religieux. Qu’il y ait sécrétion d’ocytocine, la toute nouvelle hormone de l’amour, comme il peut y avoir libération d’endorphine dans le pur processus énergétique et de mélatonine dans l’obscurité de l’esprit, ne change rien à l’affaire. Ce serait plutôt plus rassurant que d’en rester au “meurtre du père“, ce mythe freudien qui aurait présidé à la naissance de la civilisation !

 

Autres voies d’accès à l’Expérience de Mort Initiante

Nous avons là trois approches différentes des processus inconscients, quasiment purs de structures. Ce sont des approches paroxystiques – trauma/coma, pneumanalyse, Présence Juste – qui ont pu révéler ces processus de par leur intensité même. Aussi peuvent-elles tout autant semer le doute et la suspicion, faire penser à l’ésotérisme sinon au sectaire. Je n’en suis pas dupe. En réalité, je le répète, il s’agit de processus neuro-bio-physiologiques universels tellement ils se retrouvent dans les expériences les plus variées. Et ils sont ce que nous travaillons en psychanalyse et somatanalyse tout autant.

En effet, les descriptions proposées ci-dessus, aussi sommaires soient-elles, se retrouvent dans tous les grands textes traditionnels de toutes les civilisations et de toutes les époques. Serait-ce encore ésotérique ? Elles font la trame des expériences mystiques comme des sept demeures du château de l’âme de Thérèse d’Avila. Serait-ce rédhibitoire ? Elles font le bonheur des grands drogués, à leur début du moins. Serait-ce politiquement incorrect ? (On parle de les légaliser, certaines de ces drogues.)

Plus proche de notre domaine professionnel, nous pouvons retrouver ces expériences et leur déroulement séquentiel dans la vie sexuelle, amoureuse, artistique et dans les pratiques énergétiques venues d’Orient (Yoga, Tai-chi, Zazen etc.…). Nos rêves passent tout autant par les trois paliers et la subversion des structures défensives de chacun d’entre eux. Les rêves freudiens, sensuels et sexuels, illustrent l’essence de l’énergie. Le long corridor obscur aux nombreuses portes successives est analogue au tunnel noir jusqu’à déboucher sur une chambre plus lumineuse. Puis ce sont les grands rêves jungiens avec archétypes et paysages paradisiaques qui s’épanouissent jusqu’à nous laisser, au réveil, une félicité qui transforme notre journée.

 

IV – La psychose aiguë et l’irruption des processus hallucinatoires (IPH)

C’est à un niveau professionnel, à savoir psychopathologique, que les purs processus inconscients nous interpellent encore, à savoir dans les psychoses aigües et bouffées délirantes. En effet, quoique les déroulements de ces épisodes soient décrits de façons assez différentes jusqu’à déboucher sur des nosographies apparemment contradictoires, on peut extraire des principales théories psychiatriques une trame commune qui est précisément celle des processus en question.

C’est ce que la lecture d’un texte de J. Moya I. Olle sur « la naissance de la psychose, les voies de la formation du délire » nous permet d’observer. L’auteur résume les grandes conceptions de ce syndrome et y distingue plus précisément des étapes qui ne sont pas sans nous intéresser. Encore faut-il se rappeler qu’il s’agit ici de pathologie, douloureuse en soi, mais aussi voluptueuse au fond, du moins au début, bien que les psychiatres hésitent à parler du bon, du vrai et de l’aimer en pareil contexte. Pour nous, il faut distinguer, pour chaque étape, la dé-structuration puis l’éveil processuel, et ce pour chacune des trois étapes centrales : de l’énergie, de l’esprit, du lien. Voici d’abord une mise en tableau de cinq des descriptions résumées par l’ auteur qui se réfère aux théorisations les plus classiques.

Tableau 5: Les trois étapes de la psychose aiguë et de l’IPH.

 

Tous les concepts, toutes les descriptions de ce tableau sont repris au mot près du texte de l’auteur. Pour ne paraphraser que succinctement, j’évoquerai que :

  • la première étape est très corporelle, y compris voluptueuse, donc énergétique;
  • la seconde est psychique et sans structure : pas de signifiant, pas de repère ou de savoir, mais une production paranoïde qui va jusqu’à la certitude ;
  • la troisième se re-constitue autour de choses organisées, délire systématisé, vécu de grandeur, de beauté, d’archétype, jusqu’au pur amour (si les psychiatres se laissaient aimer !).

J’ai escamoté la quatrième étape, de chronicisation, qui n’entre plus dans notre étude de la psychose naissante, processuelle, réversible. Jusque là, tout est encore souple et fluide, et donc amendable, ce qui nous intéresse au plus haut point parce qu’une bonne expérience personnelle de ces trois processus permet de comprendre, de “s’accorder “ au patient qui fait le même parcours, bien que chaotiquement. Et si, de surcroît, on a à sa disposition des techniques corporelles, ou tout simplement la capacité de toucher, tenir, contenir, et si toute une équipe soignante peut le faire pendant les premiers jours de la bouffée, le pronostic de ces psychoses naissantes continuera à s’améliorer. Car tout se passe au-delà des mots, des logiques et des conditions. Ça peut-être beau et constituant, sinon c’est tragique et définitivement déstructuré. Tout dépend de la bonne compréhension de cette irruption des processus hallucinatoires qui deviennent des ressources transcendantes.

 

Illustration clinique

Pour asseoir la pertinence de cette irruption, il m’est agréable d’appeler à la rescousse la psychiatrie officielle qui, dans “Psychiatrie Française”, évoque la cure de Sakel d’autrefois, à savoir la provocation d’un coma artificiel par injection d’insuline. Voici ce qu’un patient en rapporte :

“Lorsque j’étais dans ces comas provoqués, apparaissait mon grand-père paternel, vêtu d’un costume sombre, son visage resplendissant. Mais, avant de le découvrir, il fallait me laisser guider par une lueur m’indiquant un genre de chemin à emprunter…. Ce chemin ressemblait à un long couloir bleu turquoise. C’était étrange, il semblait ne pas être délimité sur les côtés… J’étais dans un monde totalement imaginaire, qui était d’une beauté incomparable, j’en éprouvais du plaisir, un bien-être que je n’ai jamais retrouvé dans un état conscient”. Et que répond le médecin prescripteur ? “Sur la cure de Sakel, certainement il y a des ressemblances entre l’état d’inconscience dans l’Expérience de Mort Imminente et le coma durant la cure de Sakel.” (Rumen p. 11 et 14).

Cette longue description des “purs processus dits inconscients” ne sera pas nécessairement convaincante parce qu’elle est trop résumée d’une part et qu’elle nécessite une expérience vécue d’autre part. Mais le psychothérapeute expérimenté s’y retrouvera. Pour notre part, il ne nous reste qu’à évoquer que l’ensemble de ces conceptions ne nous est venu qu’après une vingtaine d’années de pratique et de réflexion, que l’association des purs processus et de l’inconscient (seul concept disponible à l’époque) a été bouleversante, et qu’il a encore fallu penser au mot “ constituant “ pour donner toute la valeur à ces processus.

Si déjà on prend le risque de dé-structurer, de purifier des structures rigides, encore faut-il relayer par autre chose : ces processus “ constituent “ le sujet par l’intérieur, de façon dynamique, authentique, en énergie, en esprit, en amour. Les analystes le savent. C’est l’avènement du sujet, c’est l’individuation. Il reste à rappeler que cet accès aux processus se fait par différents moyens, par des pratiques plurielles, dans des cadres thérapeutiques multiples, mais qu’il reste privilégié en analyse où la longue durée évite de plaquer des structures de remplacement (intellectuelles, relationnelles, new age, sectaires même) et laisse le temps au temps, le temps de la constitution personnelle. Mais s’agit-il bien des inconscients de Freud et de Jung. Interrogeons ces auteurs directement.

L’OntoCode

 

L’OntoCode est le fondement absolu de toute expérience humaine et de toute évidence de la condition humaine. Il constitue le socle ultime des sciences humaines. J’ai mis quarante années à définir la psychopathologie et la vie bonne en six modèles (holanthropiques) méthodiquement construits qui font le tour de cette science. En fait, après coup, ce ne sont que des variables de l’invariant OntoCode. Toutes les théories traitant de l’humain sont des variables particulières. L’OntoCode n’est pas une théorie. Il est la révélation de l’organisation réelle, ultime, commune et universelle de l’homme/femme. Il ne nécessite pas de théorie car tout est expérimenté et révélé en soi. Il suffit d’essayer si çà ne vient pas spontanément.

Et l’inconscient qui voulait remplir ce rôle il y a 120 ans ? Dans leurs descriptions, Freud et Jung, plus quelques autres, décrivent ce fonctionnement (inconscient) avec une justesse qui fait penser qu’ils avaient l’expérience de la chose. Mais l’OntoCode est parfaitement conscient et peut le devenir pour un chacun (en une heure de pneumoanalyse !) En ce point, cette affirmation devient totalement ambitieuse et frôle la prétention sinon le délire ou les fake news. Eh bien non. C’est true news. Ce n’est pas fake science mais right science.

  1. Nous avons déjà apporté des arguments de validation comme l’universalité de l’expérience EMIque, la reconnaissance de sa trame commune, invariante, et la transmissibilité (chez les milliers de patients et élèves. Continuons par les applis, à commencer par le mode d’emploi pour la vie bonne. Il ne s’agit ni de morale ni d’éducation et encore moins d’endoctrinement. Il ne s’agit que d’accéder consciemment à son expérience et d’entrer dans son évidence.

Çà commence par les trois caractéristiques EMIques : dynamique, dialectique et transcendantique. La vie, humaine surtout, çà bouge mais se laisse tenter par l’inertie apparemment sécurisante. Voici une déclinaison du tableau de la pneumo- avec d’autres termes plus expressifs.

 

Tableau 2 : Le Processus Organisateur de l’Humanité (POH) en son cycle diachronique et sa dialectique synchronique comme manifestation du code ontologique

 

Ce tableau explicite les trois ressources humaines fondatrices et fondamentales : hédonisme, éthique et mystique. Hédonisme (le principe de plaisir de Freud) et Ethique (le principe de réalité de Freud) constituent les deux pôles de la dialectique. Quant au vécu qui connecte les deux polarités, il débouche sur l’expérience transcendante.

 

Contact haptique, Regard aurique, Vue Mystique La Pleine Présence POH-ETique

Voici une pratique préparatoire à cette expérience. Le groupe d’élèves est assis dans le petit salon appelé « l’utérus », à savoir dans le lieu de l’enseignement rempli de gros poufs bien confortables. Voici le déroulement de cette pratique d’une petite demi-heure.

  • Installez-vous confortablement en relâchant un maximum de muscles, des épaules en particulier, tout en gardant le buste droit. Essayez de libérer le bien-être dans le ventre et de sentir peut-être déjà de la douceur énergétique.
  • Donnez les mains aux deux voisins en les tournant pouce à gauche. Calez les avant-bras sur quelque chose (coussin, cuisse) ou laissez tomber les bras pour les garder détendus. Sentez le contact des mains. Sont-elles tendues / détendues, froides / chaudes ?
  • Laissez monter les sensations ventrales dans l’hypocondre et le thorax. Peut-être deviennent-elles déjà sensuelles et voluptueuses.
  • Quand cette douce énergie a envahi le thorax et le cœur, laissez la circuler vers le voisin par la main gauche et sentez qu’elle se propage dans tout le cercle groupal et vous revient par le bras droit. Ouvrez les yeux et regarder ces corps et visages qui se modifient comme les vôtres.
  • Du ventre et du thorax, çà monte dans le cou et la tête et remplit cette dernière d’une douce félicité ou, au contraire, de l’impossibilité de la lâcher. On a le temps, on prend le temps. Dans ce dernier cas, on reste dans le tronc énergétisé jusqu’à ce que çà remonte et franchisse l’obstacle.
  • On reste dans le tronc et la tête, bien conscient, contrôlé et efficient. Je vous propose d’ouvrir les yeux et de fixer un visage que vous dévisagez minutieusement comme pour en faire le portrait. Ce regard fixe risque d’amoindrir votre bien-être à moins qu’il n’y ait de l’affectif qui vous attache à cette personne. Sentez bien les effets de cette focalisation sur l’objet. Reconnaissez les répercussions sur tout le corps.
  • Puis, tout en restant focalisé sur la racine du nez, vous regardez au-delà de ce visage jusqu’à laisser émerger l’aura: une réverbération autour de la tête, un halo blanchâtre ou coloré plus ou moins dense et épais. Si vous y êtes, une douce volupté descend des yeux jusqu’au corps qui s’uniformise. Elle se maintient spontanément pendant un bout de temps. Ce regard « aurique » reste stable en passant d’une tête à l’autre. Sentez bien ce qui s’installe de neuf dans votre être pour pouvoir le reconnaitre par la suite.
  • Restez dans ce regard défini à la fois par la racine du nez et l’aura. Notez que si vous vous focalisez sur l’aura, elle disparait ! Comme dirait l’autre, il ne faut ni vouloir, ni s’attacher ! Maintenant, fermez les yeux, maintenez le regard aurique, laissez l’énergie de la tête être aspirée vers l’avant dans une certaine obscurité. Restez un peu de temps dans ce sombre qui se connecte avec l’aspiration en avant et s’intègre en ce fameux tunnel noir sous diverses formes. N’ayez pas peur. Ne vous précipitez pas. Ne rien vouloir ni s’attacher ! Ne faites pas demi-tour, à moins que ce ne soit pour prendre un nouvel élan à partir du ventre.
  • Si çà ne passe pas aussi bien que dans ma description, ouvrez les yeux et cherchez l’aura en face de vous. C’est bien plus facile qu’avant. Constatez qu’il s’agit du même regard que dans le tunnel et du même bien-être qui envahit tout le corps.
  • Fermez à nouveau les yeux. Laissez-vous aspirer vers l’avant, chérissez l’obscurité parce qu’’au-delà çà s’éclaircit. On accède à la fameuse lumière qui caractérise la nature de l’esprit, troisième étape de l’EMI (et troisième bardo des bouddhistes tibétains, le bardo de la dharmata). Nous n’en dirons pas plus ici, dans ce résumé, puisqu’il s’agit du cœur même de la mystique et que c’est quand même un peu plus complexe !

 

Je propose de renoncer pour le moment à la production imaginaire qui pourrait faire irruption spontanément et avec exaltation. Il s’agirait du quatrième bardo, karmique, celui de la réincarnation !

 

  1. Thérapeute, mode d’emploi

La méthode structuraliste que j’utilise pour l’analyse des mythes, l’intégration des psychothérapies, psychanalyses et théories psychologiques continue son œuvre ici et nous gratifie de son essence même, à savoir de l’extraction des invariants et des variables. Ici, nous expérimentons et développons l’un des deux invariants de la psychothérapie/psychanalyse, à savoir l’être thérapeute intégratif qui constitue 70% de l’efficacité de notre art. (L’autre invariant est la cure séquentielle).

En faisant très court et résumé, nous reconnaissons que l’expérience des pneumo-, EMI et OntoCode nous apporte cet être à 70% de réussite, 30% restant liés aux outils de la cure séquentielle. En effet, la formation à la Psychanalyse Pléni-Intégrative avec la pneumo- et à l’OntoSynthèse (constituée récemment) fait passer :

  • de la technique à l’expérience,
  • de la théorie à l’évidence et
  • de la posture à l’aimance.

Voici ce devenir thérapeute par la maitrise de la cure séquentielle :

  • thérapie courte (10 séances) pour les symptômes et problèmes dans l’alliance thérapeutique ;
  • psychothérapie de durée moyenne (1 à 2 ans) pour les caractérômes et troubles de la personnalité, dans l’attachement ;
  • psychanalyse (de plusieurs années) pour la mise en ordre du passé comme gage du présent dans le transfert affectif ;
  • OntoSynthèse : pour stabiliser ces premiers acquis, installer la vie pleine et garantir l’extase suprême de la mort dans un accompagnement qui propose des pratiques solo et les supervise.

L’OntoSynthèse sert aussi de modèle à toute démarche personnelle d’épanouissement jusqu’aux fondements ontologiques, qu’elle soit développementale, religieuse, mystique ou simplement ontogénétique.

En voici quelques pratique parentes, orientales, cousines et même jumelles de l’OntoSynthèse.

  • les philosophies/sagesses/religions orientales qui s’abstiennent de créer des objets transcendants pour privilégier les pratiques expérientielles à la fois universelles et personnelles ;
  • le tao: la voie, la dynamique, le yin et le yang, la dialectique éthico-hédonique ;
  • le tantrisme sexuel: sexualité comme voie mystique et non pas comme handicap à la vie bonne ;
  • chakras et kundalini: éveil et circulation énergétique, subversion des structures corporelles et mentales débouchant sur la nature de l’esprit, ou nirvana.

Voilà autant de variables construites sur tout ou partie de l’invariant EMIque. Le recours à ces références voisines constitue un argument supplémentaire pour asseoir la scientificité de l’EMI et de l’OntoCode.

 

  1. L’application à la psychopathologie

Il va de soi que, si l’EMI inspire la santé, elle nous informe tout autant sur la pathologie, qu’on l’appelle psychopathologie ou ontopatholgie comme nous. Le grand tableau de la pneumo- nous montrait déjà les dérapages en stress/clivage et en choc/amalgame. Nous continuons cette réflexion en complétant le second tableau avec les maladies correspondants aux cinq temps du déroulement EMIque. Ces premières déductions sont encourageantes bien qu’encore provisoires.

 

Tableau 3: Le Processus EMIque et ses pathologies

 

  1. Pour clore cette présentation, il me reste à évoquer une conférence que j’ai faite récemment à Heidelberg (Allemagne) à l’hôpital psychiatrique universitaire Karl Jaspers, invité par le Pr. Hermès Kick. Après la présentation des Pneumo-, EMI et OntoCode, on me balance les éternelles variables : télépathie et période prénatale travaillées sur le divan notamment. J’ai été un peu rude, renvoyant qu’on n’avait pas d’arguments scientifiques suffisants pour accréditer ces faits bien qu’ils soient réellement vécus par leurs auteurs avec des effets personnels bien affirmés dans les témoignages. Mais là, j’ai compris dans mes tripes qu’il n’y avait plus à se bagarrer à ce propos. Les intervenants apportent des variables et nous, nous avons l’invariant. Nous ne sommes pas au même niveau logique, retrouvant l’argumentaire de Karl Popper sur les types logiques. Il nous suffit d’affiner ce décalage des niveaux épistémologiques et de montrer sur quels points les variables se réfèrent à l’EMI/OntoCode et combien elles flirtent avec la réalité complète. Cette attitude est la bonne. Pourtant il n’est pas facile de devenir conciliant après m’être battu toute ma vie contre les contradicteurs. J’affirme de temps en temps que l’EMI/OntoCode est unificateur pour la profession, la science et l’humanité. En voilà le mode d’emploi : on ne se bagarre plus !

 

  1. Pour terminer, nous pouvons expérimenter que nous lecteurs, nous sommes live, dans un cycle EMIque en cœur, corps et âme
  • Il y a de la structure revêche qui ne veut pas lâcher, des savoirs et des croyances en particulier : OntoCode ? Universel ? Mais moi, je suis moi. Et puis, c’est inconscient ; et puis j’ai mes sources de connaissance, les sciences, ma religion, mon école psychothérapique, mon anthropologie. L’EMI ? Mais c’est du fantasme ; rien de scientifique ; tout cela me traumatise.
  • Et si je lâchais quand même, çà chatouillerait dans ma tête ; sur 17 propositions, l’une ou l’autre m’a apaisé, rendu curieux, excité ; d’autres m’ont obscurci l’esprit, rendu confus ; et si c’était vrai ? Et si c’était le tunnel noir de l’EMI ?
  • Je pourrais lâcher et faire confiance à ce bonhomme (Meyer) qui a l’air sympa, documenté, convaincu à bloc, n’essayant pas de tirer la couverture à soi puisque c’est absolu et universel. Lui pas plus que moi et moi pas moins que lui. Il nous donne tout çà, gratuitement, ce n’est pas breveté ni réglementé ; un peu d’aimance ? C’est compris dans le deal : on serait tous frères et sœurs ; tous ?
  • Et mes pratiques à moi, chèrement acquises et affûtées, personnalisées avec des trucs bien validés, ce ne serait qu’une variable pas plus maligne que les autres ? Et si je lâchais prise et sentais simplement si mes centres énergétiques clignotent, se libèrent, me remplissent voluptueusement. Ne plus me battre, ne plus avoir à m’imposer ; laisser la bonne énergie me réjouir au lieu de me coincer.
  • Et çà pourrait, devrait, être le ciment qui m’unit à l’autre, aux autres, à tous les autres ; plus encore que le foot chez le dictateur (russe). Est-ce que je veux copiner avec les immigrés, pauvres, fichés facebook, victimes du climat ?
  • Moi, c’est moi, et nous c’est nous, tout un? Je ne suis pas dominé, je n’ai pas besoin de dominer, nous sommes absolus et universels. Chiche ?

 

Envoi

Ce livre nous dévoile la réalité ultime de l’humain, de ce que c’est qu’être humain, du comment çà fonctionne et du chemin à parcourir pour réaliser et parfaire notre humanité.

L’ambition n’a pas de limite. C’est cela aussi l’humanité. Encore faut-il la placer au bon endroit. J’ai mis soixante années pour y arriver. Vous pouvez aussi (et devriez) faire la démarche. Quatre parties constituent cette quête.

 

I – Initiations

Les moments forts de ma propre recherche sont relatés parce qu’ils peuvent correspondre à des vécus analogues chez vous, déjà vécus ou à venir : engagement religieux, passion musicale, carrière psychiatrique et psychothérapique, pratiques corporelles, rebirth et tanking et, surtout, expériences spontanées et dirigées du fin fond de l’humain, au-delà de l’inconscient.

 

II – Révélations

Tous ces préliminaires débouchent sur l’expérience de l’EMII, Expérience de Mort Imminente et Initiante, la véritable révélation et actualisation des profondeurs humaines. Nous verrons ses occurrences par trauma et coma, pratiques mystiques et Psychanalyse Pléni-Intégrative entre autres. Il en ressortira que l’EMI est la manifestation la plus riche, la plus complète et la plus complexe de ce qu’est l’humain et l’humanité. L’approche scientifique de l’EMI est actuellement suffisante pour valider cette évidence.

Elle révèle et manifeste plus profond encore, à savoir le POH, Processus Organisateur de l’Humanité, que nous développerons. Mais d’autres manifestations du POH nous habitent évidemment, d’autres constructions telles que le mythe. Ma thèse de doctorat sur le mythe dogon nous permettra de valider et de développer cet accès aux profondeurs de l’humain sous deux formes, un Cycle d’Eveil et une Dialectique.

Le Cycle actualise les cinq jouissances de base qui nous font vivre (et survivre aux trauma et coma) et la Dialectique nous dynamise entre Ethique et Mystique (DEM), subversion et submersion. Voilà le fondement universel de l’humain.

Nous irons encore plus loin dans notre ambition en magnifiant le Processus Organisateur de l’Humanité comme code absolu et universel, à savoir comme Code Ontologique aussi universel que le code génétique.

 

III – Manifestations

Le POH, Processus Organisateur de l’Humanité et l’EMI, Expérience de mort Imminente, qui font POH-EMe et expression POH-ETique (ET résume le modèle Essence, Existence, Transcendance de la Psychanalyse Pléni-Intégrative) se dévoilent dans toutes les formes de la vie humaine. Nous approfondirons les lieux sexuels, alchimiques, spirituels et méditatifs, ainsi que les sciences psychologiques en recto et leur verso, à savoir les sciences psychopathologiques. Bien que ces nouvelles manifestations soient moins explicites car plus partielles que l’EMI, on y retrouvera le cycle des ressources et la polarité structure-processus (le DEM). Aussi participent-elles à la validation de notre phénomène EMIque comme base universelle de l’Humanité.

 

IV – Applications

L’Evidence que met en place l’Expérience EMIque et son Aimance nous poussent à développer quelques applis qui abordent les domaines aussi cruciaux que la morale, la politique et les valeurs humaines de base.

  • Elles seront antifric, antiflic, anticlic et anti désastre climatique.
  • Elles sont indispensables à la survie de l’humanité.
  • Elles se proposent comme pratiques psychanalytiques (pléni-intégrative) et comme OntoSynthèse.

 

V – Mode d’emploi

Ces quatre étapes que j’ai passées en soixante dix années (76 en ce jour d’aujoud’hui), depuis ma première vision d’un ange, sont aussi les étapes de votre lecture et de votre démarche :

  • rappeler les initiations que vous avez déjà vécues ;
  • retrouver les révélations qui ont été faites sous trente-six formes diverses ;
  • à partir de ces expériences et évidences, capter les manifestations du plus profond de l’être dans ses formes les plus diverses et surtout personnelles et enfin
  • enfin définir les applis pour vous, l’humain, et pour l’humanité.

Dr. R. MEYER

Jouissance Ethique et Mystique

Les Universaux de l’Humanité révélés et actualisés par l’ EMI 

l’Expérience de Mort Imminente et Initiante

 

Préambule

En plein boom du numérique, des algorithmes, du big data et de l’intelligence artificielle (IA), la magnificence de l’EMI, Expérience de Mort Imminente, fait office d’antidote. L’exubérance de ses vécus, qu’on ose enfin avouer, nous rappelle une humanité fière de son hédonisme, de sa mystique et de son éthique.

Mais, parce que nous restons imprégnés par nos morts bien aimés, et que l’EMI nous les fait revoir, nous croyons tout d’un coup qu’il y a là la preuve de « la vie après la vie ». Croyance. En même temps, la ruée sur l’EMI se veut aussi scientifique et « la vie après la vie » le revendique aussi. Les réseaux de neurones de l’IA (intelligence artificielle) nous le révèleront bientôt aussi. Mais ce n’est que croyance, googlemanie et happycratie.

Pourtant, dans l’EMI, il y a bien science, science phénoménologique d’une part. Les millions et milliards d’expériences spontanées d’EMI débouchent sur une évidence qui fait science et permet d’accéder aux fondements de l’être humain et de l’humanité, à son code ontologique ou OntoCode. Nous en tirons que le POH, Processus Organisateur de l’Humanité, est dynamique, dialectique, « transcendantique » et que son essence est hédonique, éthique et mystique.

Il y a science, neuroscience d’autre part. Le cycle expérientiel de l’EMI passe de « l’état d’éveil » au « mode par défaut » (éveillant l’énergétique) puis au « mode auto » délégant les commandes au système nerveux autonome et à la créativité symbolique. Finalement le mode d’éveil et le mode auto se connectent en ce « mode holo » (global) qui fait la richesse de l’homme/femme/être/onto-.

Soixante années d’expérience personnelle, (dont le couvent), d’enseignement médical (psychiatrie) et anthropologique (thèse de sociologie/ethnologie), quarante années de pratique clinique, un quart de siècle à former des psychothérapeutes, et la création de méthodes qui donnent accès à l’EMI et à l’OntoCode (somatoanalyse, Méditation Pleine Présence, pneumoanalyse, ontosynthèse) fondent cette approche du genre humain et de sa condition humaine comme :

  • approche universelle de son être,
  • antidote des artifices Gafam–iques,
  • union des huit milliards d’entre nous contre le four climatoire.

Ce texte annonce :

  • deux nouveaux livres de 250 pages livrés en blogs tous les quinze jours et
  • le congrès sur le même thème en mai 2020 à Paris.

 

SOMMAIRE

PREFACE

Hédonique, Ethique, Mystique : les fondements de l’Etre

ENVOI

Initiations, Révélations, Manifestations, Applications

INTRODUCTION

L’Expérience de Mort Imminente, médicalement et scientifiquement reconnue, devient Initiante

 

PREMIERE PARTIE INITIATIONS

Introduction

Un cheminement personnel d’expansion de l’être

Chapitre I

Soixante Années pour trouver la pierre philosophale : couvent, rêve, piano, transe musicale

Chapitre II

Psychiatrie, somatothérapie, intégrer le corps à la psychothérapie : bonding, rebirth, pneumoanalyse

Chapitre III

L’expérience mystique dans le caisson d’isolation sensorielle

Chapitre IV

La création de la Méditation Pleine Présence et du mantra

Chapitre V

L’EMI par trauma et coma, hyperventilation, méditation et dans la psychose aigüe

Conclusion

 

DEUXIEME PARTIE REVELATIONS

Introduction

L’EMI révèle le code ontologique ou OntoCode

Chapitre VI

Le Code Source inconscient, l’Expérience de Mort Imminente/Initiante

Chapitre VII

Le Processus Organisateur de l’Humanité (POH)

Chapitre VIII

Le mythe dogon et sa structure informée par l’EMI

Chapitre IX

Le rêve, révélateur de l’OntoCode

Conclusion

 

TROISIEME PARTIE MANIFESTATIONS

Introduction

Les sciences psy et neuro pour étayer EMI, OC et POH

Chapitre X

Le paradigme holantropique : ontologie, ontogenèse, le modèle structuro-fonctionnel, EISARC Plé

Chapitre XI

L’apport des neurosciences : les modes de conscience par défaut et auto

Chapitre XII

L’OntoCode : le processus dynamique et dialectique de l’être

Conclusion

 

Préface

 Ethique, Hédonique et Mystique, les fondements de l’ETRE, l’EMI – Expérience de Mort Imminente/Initiante, le POH – le Processus Organisateur de l’Humain et l’OntoCode

 

Soixante années à chercher le Saint Graal, à traquer la pierre philosophale et à parachever le Grand Œuvre.

Çà y est, c’est fait.

En plus moderne : toucher le Jackpot, gratter et gagner l’euromillion.

C’est tout comme.

Ici, il suffit de trente euros, le prix de ce livre (déjà proposé gratuitement en blog).

 

Euphorie, Exaltation, Evidence, parce que çà découle de l’Expérience, de celle des huit milliards d’humains, dont la mienne. En voici l’annonce en dix-huit points.

  • L’humanité constitue une espèce qui a les caractéristiques de toute espèce vivante à savoir une unité qui en fait son universalité. L’être humain s’est constitué il y a près de 300.000 ans (plus ou moins combien ?) et perpétue cette unité fondamentale depuis lors.
  • Nous pouvons appeler cet élément constitutif commun Code Ontologique ou, en plus percutant, OntoCode. Ce code présente les mêmes caractéristiques de constance que le Code Génétique même si ses bases sont plus récentes mais plus larges que ce dernier, à la fois biologiques, physiologiques, psychologiques, sociales et culturelles. (Nous n’envisageons ici que la séquence humaine de la vie qui, elle, remonte à des milliards d’années).

L’OntoCode est même plus stable et durable que le code génétique que l’on commence à découper et à recomposer de l’extérieur avec Crispr Cas 9.

  • L’OntoCode est d’une complexité telle qu’il permet aux huit milliards d’humains d’être autant de personnes différentes dans des recombinaisons chaque fois uniques. Les cents milliards de neurones et cent cinquante milliards de cellules gliales, dont chacun connecte un millier d’autres engendrent cette complexité et garantissent ces unicités. Il en découle que nous ne conscientisons pas cette masse de processus et que même le plus gros des ordinateurs ne peut pas donner le nombre d’interconnexions. Par contre nous l’expérimentons jusqu’à l’évidence en tant que phénomène vécu.
  • Tout comme l’ordinateur, cette complexité met notre épistémologie (science du savoir) au défi. Et nous pouvons évoquer le seul apport pertinent de la physique quantique aux sciences humaines, à savoir son principe d’incertitude: on ne peut pas connaitre à la fois la constitution et le mouvement d’une particule atomique. Le mathématicien Gödel reprend cette limite avec le principe d’incomplétude, on ne peut pas prouver la vérité. Ajoutons gaillardement notre nouveau « principe d’inconceptitude » : on ne peut pas mettre en concept le fondement universel de l’humanité. On ne peut qu’en théoriser des manifestations partielles (et se chamailler pour en faire les paradigmes dominants). Nous ne pouvons que les vivre et les décrire comme phénomènes évidents.
  • En étudiant l’une des manifestations majeures des fondements humains, à savoir le rêve, Freud s’est incliné comme Heisenberg (l’auteur du principe d’incertitude) et s’est résolu au concept d’inconscient : circulez, y a rien à voir (ni à savoir). Il y a cent vingt ans, deux réalités semblaient ultimes, l’atome (relancé par Becquerel) et l’inconscient (vulgarisé par Freud). Mais, depuis, on a décomposé l’a-tome (ce qu’on ne pas déconstruire) en une cinquantaine de particules (dont le boson de Higgs). L’inconscient, lui, reste toujours inaltérable, a-tome, mais phénoménologiquement expérimenté (à quatre vingt euros de la séance). Et pourtant !
  • Cet être humain unique, unifié et universel, ne supporte pourtant pas ces restrictions, ni l’inconscient ni l’incertitude ni l’inconceptitude et se crée des convictions sous forme d’objets transcendants, clivés, dissociés, éternels et prétendument parfaits : dieu, surtout quand il est mono-, l’inconscient pris comme substantif et la toute récente « conscience non locale» (pas dans mon cerveau et venant du cloud). Mais l’OntoCode nous transmet que tout ce qui se fixe, fige et s’immobilise constitue le pathos et le mal. Car la condition humaine est dynamique, dialectique et transcendantique (patience, on expliquera !)
  • Les bases universelles de l’humain ne se plient ni aux sciences ni aux croyances. Elles découlent de l’expérience, de l’évidence (et de l’aimance, patience !). Elles se manifestent constamment, partout et toujours, en chacun et en tous. Ces vécus se donnent comme témoignages, romans, films, opéras, jeux vidéo (le streaming, çà bouge et ne se fige pas !)

L’OntoCode informe notre être (nos façons d’être) dans ses quatre grandes fonctions, ses 4 C :

  • comportementales,
  • cognitives,
  • communicationnelles,

Pour faire moderne, on dirait qu’il joue le rôle d’un logiciel avec ses algorithmes et ses applications, sauf qu’il s’agit d’intelligence naturelle (IN) et non pas artificielle (IA). (Et bien moins énergivore). Il se révèle plus pleinement et consciemment dans des fonctions complexes comme les rêves, les états de conscience modifiés, les productions culturelles. Il s’étudie plus précisément dans les Sciences Humaines (psychologie, anthropologie, spiritualités) et s’expérimente en médecine, psychothérapie, sexualité, méditation surtout. La multiplicité de ces manifestations montre qu’il s’agit d’approches partielles.

Les théories qui s’attaquent à un même thème humain ne sont donc que des variables (variétés) sans cela il n’y en aurait pas plusieurs. Mais y a-t-il une approche de l’invariant universel et unique ?

  • La manifestation la plus complète, complexe, absolue et universelle de l’OntoCode se fait dans la situation humaine extrême, à savoir l’imminence de la mort, dans l’EMI : Expérience de Mort Imminente. Ce processus ultime a quatre fonctions :
  • il guérit du coma,
  • il enlève la peur de la mort,
  • il suscite un changement de l’état d’être (d’où son action thérapeutique),
  • et dévoile l’OntoCode.

 

L’EMI est à présent méthodiquement observée et documentée, statistiquement universalisée et scientifiquement validée. Un quart à un tiers de la population fait une EMI spontanée au cours de la vie. Près de 2 milliards de personnes de toutes catégories , époques, régions de la planète, âges, genres, conditions sociales et culturelles etc.

  • L’EMI est un processus cyclique à trois mouvements:
  • une dynamique diachronique à 5 étapes,
  • une dialectique synchronique entre deux pôles complémentaires,
  • une expansion transcendantique au-delà des limites naturelles et culturelles.

 

L’EMI survient dans quatre situations principales :

  • la pathologie, trauma et coma, anesthésie générale,
  • les pratiques mystiques et méditatives,
  • les exercices thérapeutiques et analytiques qui modifient l’état de conscience,
  • les autres états de profonde modification de la conscience (rêve, orgasme, amour, émerveillement etc.)
  • Au-delà de mon passage au couvent (de 19 à 22 ans) et de la reprise assidue de la méditation, au-delà de petites EMI lors d’anesthésies générales, c’est ma démarche psychiatrique, psychothérapique/psychanalytique jusqu’à la création de la « psychanalyse pléni-intégrative» qui m’a sensibilisé à l’EMI, m’en a apporté des expériences diverses et multiples et m’a insufflé l’évidence de son importance capitale. C’est le pendant somato-, psycho-corporel, qui m’a permis de créer la pratique la plus à même de vivre cette révélation, la pneumo-analyse, issue du rebirth.
  • La pratique de l’hyperventilation en position immobile initiée par le rebirth et transformée par la pneumoanalyse est une expérience qui reproduit fidèlement le cycle EMIque parce qu’elle constitue un trauma (contrôlé) qui rejoue le coma (sans risque) du fait des modifications des constituants internes : hyperoxygénation, hypercapnie, déséquilibre acido-basique notamment. La preuve : sans rééquilibrage par le lâcher prise, cette hyperventilation provoque tétanie, spasmophilie et clivage psycho-somatique notamment.

L’accompagnement de milliers de pneumoanalyses avec des patients et des élèves psychothérapeutes et psychanalystes m’a mis sur la piste d’une trame commune à tous leurs vécus, au-delà de l’exubérance fantastique des contenus. La référence à Raymond Moody, Kenneth Ring et surtout Pim Van Lommel m’a permis d’y reconnaître le déroulement EMIque et d’en déduire l’OntoCode, à savoir le fondement même de la spécificité humaine.

Cette base commune et universelle permet de reconnaître la trame commune de la plupart des manifestations humaines évoquées ci-dessus :

  • les extases mystiques,
  • les vécus d’anesthésie générale,
  • les rêves, au-delà des théories interprétatives de Freud,
  • les grandes œuvres littéraires, en particulier les livres des morts (tibétain, égyptien, nord et sud-américains),
  • les fondements des mythes et des religions,
  • les inspirations artistiques et culturelles,
  • les théories des Sciences Humaines comme le concept d’inconscient de Freud et de Jung.

L’EMI comme héraut du héros OntoCode englobe tout le fonctionnement humain :

  1. la dialectique extériorité-intériorité : extériorité à subvertir au début du cycle et à réintégrer à la fin ;
  2. la dynamique des trois dimensions constitutives  psycho-, socio- et somato- : le corps et la volupté énergétique, le cœur et l’amour transcendant, l’esprit et la félicité créative ;
  3. la transcendance qui subvertit les rigidités structurelles et prône l’expansion fonctionnelle sans limite : la plénitude énergétique jusqu’à la lévitation et la diffusion, au-delà du corps anatomique l’expansion dans l’espace, l’amour élargi à l’humanité, la créativité symbolique capable de faire tout ce que les humains ont produit depuis 300.000 ans dans tous les domaines culturels.

Ce processus EMIque, devient évident dans le tableau ci-joint qui décrit le cycle expérimenté en pneumoanalyse.

 

Tableau 1: L’Expérience de Mort Imminente en Pneumanalyse

 

Le cycle EMIque

  • Voilà le déroulement de l’EMI Initiatique tel que mes élèves psycho-somatothérapeutes l’expérimentent et en acquièrent l’évidence. Si ailleurs son démarrage commence par un trauma, (coup, torture, viol) ou un coma, ici, c’est par l’hyperventilation. Mais ce tableau constitue aussi un trauma psychique pour le lecteur dans la mesure où il balaye plein de connaissances et de convictions sécurisantes (et figées).

Alors, on y va quand même? Au risque d’une EMI Initiante ? Sinon, c’est aggravation des pensées automatiques !

  • L’enjeu est de taille et le gain d’importance : la pneumoanalyse n’est autre que le déroulement de l’EMI qui est elle-même la révélation de l’OntoCode. Tout en différenciant ces trois réalités, nous y reconnaissons la révélation absolue à savoir la fondation de l’humanité.