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Actualité

Du cercle de la Gestalt au cercle de l’EMI

La Gestalt Psychologie est l’œuvre d’une école allemande d’il y a presque cent ans. Laura Perls, femme de Fritz Perls, y fit étude et emporta le morceau avec la dénomination de Gestalt thérapie au lieu de Psychothérapie Intégrative. En fait, la nouvelle méthode thérapeutique créée par l’équipe réunie autour des deux Perls était intégrative, réunissant les nouveautés de l’époque (vers 1960) aux Etats-Unis. J’en parle longuement dans « Nouvelles Pathologies Psy » (Meyer, deuxième édition, 2018).

Gestalt veut dire forme en allemand. Et nous nous y retrouvons. Nous aussi, nous privilégions l’universalité de la trame (EMIque) plutôt que les contenus aussi fantastiques soient-ils. C’est la forme qui est à la base du fond. La Gestalt thérapie a conçu un « cercle de la Gestalt » aussi dénommé « cycle de satisfaction du besoin ».

 

Schéma 8: Le cercle de la Gestalt ou cycle de satisfaction du besoin.

 

Ce schéma résume la révolution gestaltique de l’époque, dysruption que j’ai présentée ainsi. Il s’agit du Fritz, Perls. (o.c.p 188)

 

Il s’oppose                                                             il propose l’inverse

– au verbal,                                                   →        – la mise en acte,

– au pourquoi,                                               →        – le comment,

– au passé,                                                   →        – le hic et nunc, ici et maintenant,

– à l’inconscient,                                           →        – le non-conscient,

– à la longueur des cures,                           →        – la durée de six mois à deux ans,

– aux interprétations simples,                       →        – la complexité de la Gestalt,

– à l’Œdipe et autres causes                        →        – le choix et la responsabilité     inconscientes et passées,                                              présente,

– au transfert ;                                               →      – le plein contact,

Nous pouvons nous inspirer de la présentation en cercle du déroulement EMIque en le structurant par deux des principaux paramètres :

  • les états ontoneurologiques: mode volo jusqu’à Pleine Présence ; ce sont les cinq étapes du cycle EMIque ; (nous les présenterons scientifiquement dans des blogs à venir) ;
  • l’effectivité: que se passe-t-il comme action à chacune des étapes ?

 

Cette présentation est certes anticipée et il manque plein d’explications (qui viendront plus tard).

Elle oblige donc à vous montrer créatif et à compléter vous-même dès à présent avec intuition et feeling. Mettez-vous en mode par défaut (farniente de 10 minutes dans son fauteuil) et çà se connecte et devient créatif. Mieux encore, allez jusqu’au mode auto- (nome), extatique et nirvanesque, puis en mode holo (holistique) et çà viendra !

Schéma 9: le cercle de l’EMI, ses modes ontoneuro et ses effectivités.

 

 

 

CAM et CIAM

La communication Induite Après la Mort

 

Et voici qu’un nouveau livre vient élargir la réflexion sur le rôle de l’EMDR qui permet, ici, une CIAM « Communication Induite Après la Mort », qui, elle-même, complète les CAM, « Communication (spontanée) Après la Mort ». Même pas peur ! Nous connaissons bien ces séquences de la pneumoanalyse où des défunts visitent l’expérienceur, un défunt généralement plus jeune, beau, en forme et même en bonheur qui témoigne qu’il va bien, qu’il ne faut pas s’inquiéter et qu’on peut lâcher tout souci et toute tristesse. Même s’il y avait de quoi, on peut laisser tomber toute culpabilité et colère. Nous connaissons donc. Dix à vingt pour cent d’EMI complète allant jusqu’à l’étape 4 de créativité débridée incluent ce type de scène typique et classique. Et il y en a encore plus, de spontanées, les CAM.

 

L’auteur, Allan Botkin, est psychanalyste et psychothérapeute (en TCC au départ) et spécialisé dans le traitement des SSPT, Syndrome de Stress Post Traumatique, chez les GIs américains revenant de la guerre du Vietnam. Le livre s’appelle : « La communication induite après la mort. Une thérapie révolutionnaire pour communiquer avec les défunts » Trédaniel, Paris, 2016. En deux séances de 90 minutes, le patient entre en mode holo et tombe sur le défunt concerné avec 98% de guérison du deuil. Le secret ? Il demande de se concentrer sur la tristesse et non pas sur la colère ni sur la culpabilité et il appelle ce protocole « EMDR de fond ». Il convoque évidemment l’EMI, NDE chez lui, et y décèle le même mécanisme d’action. Voilà qui verse encore de l’eau à notre moulin.

Nous y reviendrons plus longuement avec la question cruciale : qu’est-ce qui se passe pour qu’en quelques minutes tristesse, culpabilité et colère disparaissent en revoyant le petit Viet qu’on a tué jadis ou en revoyant sa fille emportée par l’incendie de sa maison ? Pour anticiper là encore, dans ce blog, je donne la langue au chat. C’est l’illustration de l’OntoCode et de ses trois impératifs : hédonique, éthique et mystique :

  • hédonique : j’en sors même heureux,
  • éthique : la victime me disculpe,
  • mystique : je renoue une union profonde avec les personnes concernées.

 

L’essence de l’être humain se révèle ici véritablement dans les modes auto et holo. Faut revoir le schéma ci-dessus avec les deux cerveaux et les modes ontoneuro. Botkin essaye une explication et accepte que ce pourrait être pure hallucination ou alors mécanisme spirituel (religieux). Il se contente de répéter que çà marche. It work’s. Il se blinde contre tous les détracteurs potentiels. Çà marche ! Que veut le peuple ? Et même les gilets jaunes ? Quant à nous, nous continuons à creuser et à chercher même si ce n’est fondamentalement qu’expérience et évidence. Voici l’art de l’auteur à transmettre ses exploits, des centaines de cas cliniques dans ce seul livre.

 

« Le cas d’Eric: «Je vois le garçon jouer et rire dans un beau champ. Il y a des collines vallonnées, des arbres et de l’herbe. »

L’une des grandes horreurs de la guerre est le fait que les civils, notamment des enfants, sont piégés dans la cruauté, la violence et la mort. Lors de la guerre du Vietnam, on attachait des explosifs autour de jeunes enfants et on leur disait d’aller vers un groupe de soldats américains et de les faire éclater, ce qui tuait les soldats, mais aussi les enfants. Bientôt, les Américains ont appris les signaux de danger quand un enfant s’approchait avec le bombement distinctif qui indiquait qu’il y avait probablement des explosifs cachés sous ses vêtements. Malheureusement, cela signifiait parfois que le jeune garçon ou la jeune fille seraient tués soit par un soldat américain vigilant, soit par l’explosion qui ferait par ailleurs périr les Américains.

Telle est la situation qu’Eric a vécue, avec pour effet une image qui lui a donné des cauchemars et des pensées intrusives pendant des années après la guerre. Eric était au Vietnam depuis seulement quelques semaines lorsque lui et un groupe de soldats américains ont repéré au loin un jeune Vietnamien qui courait vers eux. Eric a remarqué que son partenaire, plus expérimenté que lui, n’avait d’yeux que pour le petit. Quand ce dernier s’est retrouvé à une dizaine de mètres d’eux, le partenaire d’Eric a levé son fusil et tiré sur le garçon, touchant les explosifs dissimulés sous ses vêtements. Il y a eu une énorme explosion et le garçon a été tué sur le coup. On lui avait donné pour mission suicidaire de tuer le groupe de soldats américains. Le partenaire d’Eric savait que s’il ne tirait pas, ils allaient tous mourir.

De nombreuses années après la guerre, Eric souffrait encore de pensées et de cauchemars incontrôlables et intrusifs à propos de l’accident. J’ai commencé à le suivre en thérapie à l’hôpital des anciens combattants pour apaiser sa souffrance.

Après que je lui eus expliqué la procédure de la CIAM, Eric a protesté : il ne croyait pas en une vie après la mort ; mais il était toutefois disposé à faire un essai. Je lui ai fait faire de l’EMDR préliminaire, en terminant par une série de mouvements oculaires pour l’aider à entrer dans un état de réceptivité. Aucune CIAM n’en ayant résulté, je lui ai refait faire le processus d’induction et la CIAM a commencé sans difficulté.

«Je vois le garçon jouer et rire dans un beau champ. Il y a des collines vallonnées, des arbres et de l’herbe. C’est luxuriant à souhait. Il y a là un sentiment très paisible. »

Il a ouvert les yeux et s’est exclamé : «Je vais vous dire, j’ai été très surpris de le voir en un seul morceau, sans blessure. Je ne sais vraiment pas quoi faire de tout ça. » À la fin de la séance, Eric a dit qu’il n’interprétait pas ce qui s’était passé en des termes spirituels et que cela ne constituait pas pour lui la preuve de l’existence d’une vie après la mort.

Un suivi de huit mois a révélé que tous ses symptômes intrusifs associés à l’incident avaient disparu et que c’en était fini de sa peine. Mais il est resté troublé par son expérience : «J’imagine que le mental peut faire des trucs très bizarres», disait-il.

L’expérience d’Eric et d’autres personnes telles que lui nous a fait comprendre que ni les croyances antérieures ni les croyances postérieures du patient n’ont d’effet sur sa CIAM ou sur le résultat de l’expérience. En d’autres termes, il semble que l’expérience seule, et non pas son interprétation, soit responsable de la guérison du chagrin et des symptômes associés. » (o.c.p. 229-230)

 

Voici l’une des propositions explicatives qui ne prouve évidemment pas grand-chose, à moins que ce ne soit l’EMI.

« Il m’est venu à l’idée que le cerveau pourrait posséder une faculté cachée qu’on pourrait baptiser «guérison savante». La représentation intérieure du défunt décrite dans la litté¬rature liée à la thérapie du deuil pourrait être à l’origine de cette aptitude. Elle est présente chez tous les humains, mais cette faculté de guérison savante reste latente tout au long de la vie de la personne pour apparaître automatiquement dans les cas de CAM spontanées ou induites par un psychothérapeute. Cette remarquable aptitude outrepasse tous les sentiments de colère, de culpabilité et de tristesse chez le patient, ainsi que ses intrusions traumatiques, et les rend impuissantes, sans aucune intervention extérieure de la part du thérapeute, en dehors de la procédure d’induction préliminaire. » (o.c.p. 158-159)

 

Pour renforcer la corrélation entre CIAM et EMI, voici les caractéristiques de l’apparition. « Pour savoir si une CIAM s’est produite ou non, je me pose les questions suivantes :

  1. Le contenu de l’expérience est-il similaire à d’autres CIAM (par exemple, le défunt est-il apparu bien plus jeune ou entouré de lumière) ?
  2. L’expérience est-elle « nouvelle » au sens où elle peut être distinguée d’un souvenir positif ?
  3. Le contenu de l’expérience diffère-t-il des attentes?
  4. Y a-t-il eu une diminution spectaculaire et durable de la tristesse du patient et des problématiques associées juste après l’expérience ?» (o.c.p. 303)

 

On est bien en mode holo, holistique, à la fois cortical (à 25%) et végétatif (à 75%) Oui ? Non ?

 

 

CAM

Communication Avec le Mort

L’appellation choisie par Botkin « après la mort » est ambigüe. Çà laisse ouverte l’éventualité de quelque chose (de vivant) après la mort. Certes, il n’impose pas la vie après la vie ». (Moody) ou « la preuve du paradis » (Alexander), mais il n’exclut pas non plus. A la place, on pourrait proposer : « Avec le Mort » pour sortir de l’ambiguïté. A chacun de décider, épistémologie versus conviction !

Ce matin, très tôt, je médite face à la chaîne du Mont Blanc. Vers six heures du matin le jour se lève et, malgré le 12 mars (2019) tout est blanc et givré après une journée de tempête de neige. Le spectacle est féérique. Je fixe la chaîne, focalisant sur l’un ou l’autre piton rocheux que je n’avais jamais vu aussi majestueux. Puis je ferme les yeux tout en continuant à visualiser le massif qui s’estompe et s’obscurcit. Je regarde au-delà comme pour voir l’aura ou pour me laisser aspirer par le tunnel noir. Et que se passe-t-il ? Un visage apparait, c’est celui de mon père lorsqu’il avait la soixantaine. (Il est mort à quatre vingt quatre ans). Il est paisible, ne dit rien. Je suis tout aussi paisible, nullement surpris. Çà dure une douzaine de secondes. Je ne parle pas non plus mais il me vient intuitivement qu’on ne s’est jamais dit qu’on s’aimait. Et pourtant on le faisait, encore plus qu’avec la mère qui est aussi venue quelques séquences plus tard.

 

Donc : méditation jusqu’au mode holo, regard aurique (aura) ou EMIque (tunnel, aspiration par la lumière), fermeture des yeux et CAM. En cette matinée, je reprends ma réflexion et complète les associations d’idées. L’un de nos spécialistes en EMI, le Dr. Charbonnier propose des CIAM après mise en hypnose. Un compte rendu journalistique de ces séances affirme que çà ne marche pas à tous les coups. Rappelons-nous les 90% de Botkin. Ce même Botkin était originairement adepte des TCC (thérapies cognitivo-comportementales). Or, le traitement comportemental des traumas et angoisses d’intensité légère à moyenne (y compris des deuils) consiste à mettre en relaxation pendant 2 à 3 minutes puis à faire visualiser la scène pendant cinq secondes, yeux fermés. Cette séquence est à reprendre une dizaine de fois en une longue séance. Les résultats sont équivalents à ceux que revendique Botkin, sauf qu’avec l’EMDR on peut s’en prendre à des trauma et à des deuils beaucoup plus intenses.

Chant, danse, plongée, EMDR, CIAM, méditation alpestre, même combat, même constat. Çà se construit sur la trame EMIque, sur le cycle universel en cinq séquences. C’est dynamique, dialectique et transcendantique. Çà repose sur le triple code : hédonique, éthique et mystique. Et çà nous rend autonome, authentique et altruiste. « Çà », oui çà, parce que çà se fait tout seul puisque c’est notre code ontologique et ses neuf impératifs qui l’induit.

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