De quelques pratiques et thérapies qui se fondent sur l’EMI,

Chant, danse, plongée sous-marine, EMDR

Ça génère le cycle EMIque et même si on ne sait pas trop pourquoi, ça marche. Mais nous, nous savons. Alors écoutons nos proches, ma femme chanteuse, mon fils danseur et notre formateur Jean-Luc Deconinck qui organise des séjours en mer Egée pour expérimenter la plongée sous-marine. (Et tous trois sont formateurs à l’EEPSSA (publicité gratuite). Il s’ajoute même l’EMDR que j’ai intégré à notre formation depuis 15 années.

 

Du mode mono- au mode auto- en chantant

L’artiste lyrique commence par chauffer son larynx. Ça donne déjà des sons qui font vibrer les cordes vocales puis les parties du corps voisines. Le son monte dans la tête et habite les différentes cavités et les sinus pour enrichir sa qualité. Selon sa hauteur, la voix squatte le haut (sons aigus) ou le bas (sons graves). Si on y ajoute les voyelles, le i s’associe au crâne et le o au ventre. La zone corporelle mise en vibration s’élargit peu à peu jusqu’à la « bascule ontoneuro » où çà englobe tout le corps de façon homogène et même au-delà de l’anatomie dans l’espace alentour, vers les auditeurs, dans l’air ambiant. Le corps se plénarise (devient plein) et l’artiste entre en plénitude, s’extasiant de la musique au-delà du ton juste et de la mélodie radieuse. Ça bascule dans la commande autonome, dans celle qui sait, qui fait, au plus parfait.

Il s’éveille plein (plein !) d’amour pour le staff qui accompagne la prestation, pour les spectateurs, pour le compositeur, pour les proches, pour l’univers. Et l’esprit peut s’adonner à la créativité sensorielle (les cinq sens), visuelle en particulier, sur le mode symbolique. Aux vibrations et voluptés, s’ajoutent des scénarios délicieux qui illuminent le texte et les notes. C’est le mode auto-

Mais il faut quand même assurer l’exécution parfaite du chant avec des contrôles focalisés, volontaires, ainsi nous constituons enfin le mode holo, global, la plénarité intégrant auto- et mono.

Thats’it. La médaille d’or à l’unanimité du jury peut tomber, sonnante et trébuchante.

 

Havana Dance

Qu’est-ce que ces corps apparemment désarticulés, gigotant de partout et qui font (presque) n’importe quoi ? Et s’ils entraient en mode auto ?

A 76 ans, j’aime regarder les spectacles de danse sur mes chaînes musicales, mezzo, mezzo live, brava. D’autant plus que j’ai un fils danseur professionnel, Grégoire, qui forme à la danse thérapie à l’EEPSSA.

Vous me direz que la danse est l’un des spectacles les plus érotiques. En danse classique, les tutus sont de plus en plus relevés et nous offrent les culottes en plus des jolies jambes qui en sortent. Pour la danse moderne, faut tomber au bon moment. Ce peut être la nudité complète, avec parité femmes / hommes, dans un script qui veut donner sens au passage du nu à l’habillé ou inversement. Comme je l’ai développé ailleurs, les effets peuvent passer de la pure excitation à la volupté tantrique puis déboucher sur un vécu mystique.

Dernièrement, je suis « tombé » sur le spectacle d’une troupe cubaine, Havana Dance, dont l’un des grands mérites est la beauté des jeunes danseurs, hommes et femmes, et la candeur des tenues. Je vous laisse deviner toute l’étendue de cette dernière, (la candeur !).

En fait, le but de cet écrit ne réside pas dans cet ensorcellement que vous sentez encore présent chez moi. Non. C’est la chorégraphie toute moderne qui m’a révélée enfin ces corps qui font (presque) n’importe quoi dans une construction qui me reste incompréhensible. Certes il y avait un certain scénario, des rencontres brutales avec coups et rejets, puis des rapprochements plus avenants. J’ai pu deviner de l’affection, des attitudes sensuelles, jusqu’à des postures coïtales. (C’est cohérent avec les jolies culottes !). Mais ce n’est pas encore ça qui m’a été donné. Cette demi-heure de chorégraphie se remplissait d’attitudes, mouvements, rapprochements / éloignements, expressions mimiques et gestuelles tellement rapides et apparemment incohérents et même chaotiques que je me demandais si ça pouvait être appris et débité comme en danse classique ou s’il se passait autre chose. Peu à peu je me suis laissé prendre par la magie de ces corps, la beauté des personnes, cette frénésie de mouvements qui débouchait de temps en temps sur les tableaux évoqués. Et il m’est apparu avec évidence que tout cela n’avait pas pu être appris au millimètre près et refait sur commande. La grâce et l’aisance des attitudes et des gestes provenaient d’ailleurs. Mais d’où ? Devinez. Du mode auto !

Le cortex avec son intelligence, sa pensée rationnelle et ses techniques apprises était intégré dans un vécu beaucoup plus vaste et faste où s’exprimaient les tripes et le cœur, la volupté énergétique, l’intention et le feeling des choses à laisser faire. Ça se faisait tout seul. Et cette transe s’est transmise, en une quasi transe personnelle. Après l’art, la jouissance et les culottes, la science, quand même, en un tableau récapitulatif.

 

Tableau 8: les temps du chant et de la danse, les états ontoneuro et le cycle EMIque

 

« La plongée sous-marine comme remède au stress post-traumatique.

En 2017, Mathieu Coulange s’est envolé vers la Guadeloupe avec une quarantaine de rescapés des attentats du 13 novembre 2015 pour un voyage pas comme les autres puisqu’il se faisait dans le cadre de l’étude clinique baptisée DIVHOPE. Pendant dix jours, la moitié des volontaires a suivi une formation de plongée, comprenant un protocole développé par Vincent Meurice, instructeur de plongée et préparateur mental d’athlètes de haut niveau, alors que les autres pratiquaient différents types d’activités sportives.

« Nous avons observé rapidement des effets très bénéfiques sur les volontaires plongeurs, rapporte Mathieu Coulange. Un auto-questionnaire utilisé en clinique pour évaluer le niveau de stress a montré qu’en fin de séjours, tous étaient repassés sous le seuil du stress pathologique ». Des résultats qui ont même perdurés un mois après le stage. « A trois mois, les bénéfices s’estompent. Mais un certain nombre de volontaires sont devenus accros à la plongée et ils continuent à pratiquer, y compris en fosse pour ceux qui habitent loin de la mer ! »

« Le contrôle de la respiration, la modulation de la fréquence cardiaque et le fait d’être en apesanteur durant la plongée pourraient expliquer en partie les bienfaits ressentis. La plongée aurait des effets proches de la méditation en pleine conscience. Les plongeurs évoluent sous l’eau, concentrés sur le moment présent, et beaucoup rapportent que c’est le seul endroit où ils parviennent à déconnecter.

« Victime en 2013 d’un burn-out, Frédéric Bénéton part alors plonger avec son ami Vincent Meurice qui lui propose de tester des petites sessions d’exercices sous l’eau, mêlant sophrologie et méditation. « J’ai ressenti des bénéfices très rapidement, et un mois plus tard je reprenais le travail, à la grande surprise de mes médecins. » Le polytechnicien quittera finalement le monde de la finance pour entamer un travail de recherche sur la plongée et le stress à l’université d’Aix-Marseille, où il rencontre Mathieu Coulange. L’étude DIVSTRESS, qu’ils cosignent en 2017, démontre sur 148 vacanciers de l’UCPA que ceux ayant pratiqué la plongée durant une semaine ont une réduction du stress plus importante et surtout durable que ceux ayant pratiqué divers autres sports (kayak, escalade…). »
(Stéphany Gardier, Le Figaro, janvier 2019)

Revoyons les causes alléguées de ces bons effets. Il y en a trois dans le texte et ils sont fondamentaux :

  • « le contrôle de la respiration» ; comme dans toute bonne méditation et plus encore en pneumoanalyse, on subvertit le rituel habituel, la « folle absence » (à soi) pour s’abandonner à l’autonomie végétative, tout en portant son attention à sa respiration ;
  • « la modulation de la fréquence cardiaque» ; au début ce doit être en stress et donc en accélération, puis, rapidement, ça se ralentit ;
  • « le fait d’être en apesanteur » ; ça nous rappelle le tanking que j’ai longuement pratiqué (deux années) et qui met en apesanteur ; ça subvertit les limites anatomiques, les transcende et expanse en une unité qui met en mode auto-. Heureusement qu’il y a un moniteur pas trop loin !

Pour résumer : « effets proches de la méditation » (on ne cite pas laquelle pour ne pas suspecter de publicité), « concentrés sur le moment présent », (publicité avouée, notre Pleine Présence !) et « c’est le seul endroit où ils parviennent à déconnecter ». Nous dirions : à unifier, plénariser et connecter avec les fondements EMIques de son être. Serait-ce instrumentalisation de notre part ? Non. Au contraire, c’est connection avec les multiples variables de la manifestation du code ontologique. On y va ? On plonge ? Cà guérit du syndrome post-traumatique et du burn-out ! C’est prouvé par « l’évidence based medecine » et ses statistiques. L’humour aussi guérit.

 

L’EMDR / EMAR

Eye Movement Desensitization and Reprocessing
Eye Movement Acting Reichien
une EMI de choix

Quand une méthode aussi controversée que l’EMDR trouve grâce dans des articles de nos grandes revues de vulgarisation scientifique, c’est que c’est acquis. Et quoi donc ? Ici (Cécile Coumau, Sciences et Avenir, février 2019 p. 66-69) il ne s’agit rien moins que de valider l’efficacité de l’EMDR dans le symptôme de stress post traumatique (ESPT) principalement et, un peu moins, dans la dépression, les phobies et les troubles du comportement alimentaire. (Pour ces trois dernières maladies il y a des méthodes classiques plus efficaces.)

Voilà vingt années que j’ai reconnu cette merveille et que je l’enseigne à mes élèves sous le sigle EMAR, « eye movement acting reichien ». En effet, le balayage oculaire n’est autre que l’un des actings majeurs de Wilhelm Reich, ce qui nous donne des indications prioritaires sur le mode d’action de cet « essuie-glace ». (Je renvoie au chapitre 1 de Meyer 2016, deuxième édition, p.67 à 76).

Pour faire court et simple, il faut savoir que l’ESPT consiste en une fixation du flux neurocérébral en un circuit refermé sur lui-même qui ne se résout donc pas et tourne en rond sur lui-même. Les textes cités ci-après illustrent cette réalité médicalement admise. L’EMDR / EMAR rompt cette boucle et libère la charge électrique / émotionnelle jusqu’à l’extinction. Quant à cette subversion, en voici les propositions.

« L’efficacité repose d’abord sur un point : le fait de revivre un évènement traumatisant permettrait de le dépasser et de le rendre moins « anxiogène ». « Un souvenir réactivé se dilue et devient moins émotionnel ». « La peur doit être réactivée – et non inhibée – pour s’éteindre : ils ont ainsi constaté que son atténuation est liée à l’activité du même groupe de neurones que celui impliqué dans le stockage de ces souvenirs. Mais qu’apportent les mouvements oculaires ?

 Première hypothèse : « Les informations traumatisantes entrainent une hyperactivité de l’amygdale dans le système limbique [la zone du cerveau qui traite les émotions et en particulier la peur], l’EMDR forcerait le cerveau à passer en mode de sommeil paradoxal », détaille Frédéric Kochman. En effet, les mouvements oculaires seraient les mêmes que ceux effectués pendant cette phase où les évènements vécus sont transférés du néocortex (partie supérieure des hémisphères cérébraux) vers l’hippocampe, structure cervicale profonde qui joue un rôle central dans la mémoire. Or, le sommeil paradoxal des victimes de traumatisme est souvent perturbé. Ainsi, les mouvements permettraient aux souvenirs d’accomplir ce circuit, remontant ensuite de cette zone sous -corticale vers le cortex préfrontal qui utilise les capacités cognitives pour gérer les émotions et permettre ainsi d’y accéder pour les atténuer. »
(Science et Avenir p.68 et 69)

Cette première hypothèse nous renvoie au mode neurocérébral du sommeil paradoxal. On connait, pour le pratiquer plusieurs fois par nuit ! Mais pour rester court et simple, cette quatrième étape du cycle de 90 minutes qui se répète quatre à six fois la nuit (et continue de jour, mais rendu imperceptible de par la domination corticale ou mode volo) est initiée par le SNA, système nerveux autonome, et le rêve qui en fait le délice l’est par le bulbe rachidien. (Voir blog psychanalyse 17 à 20). Donc, dunque. L’EMDR /AR nous met en mode holo (holistique) ! Vous comprenez pourquoi je cite cet excellent article.

Nous anticipons ici en proposons les mécanismes ontoneurologiques de l’EMI, de l’EMDR et de l’ESPT ainsi que des rêves, les frères jumeaux de l’EMI :

  • on lâche la maitrise corticale gérée par le système nerveux volontaire et que nous appelons mode volo,
  • on descend dans le système nerveux autonome jusqu’au système limbique (pour l’ESPT) et au bulle rachidien (pour le rêve et la créativité débridée de l’EMI).
  • là, la boucle du cauchemar et du flashback se dissoud, ainsi que les affres de l’ESPT
  • puis çà remonte dans le cortex que çà synchronise et globalise (mode par défaut) : ouf, on s’en tire bien !

 

Schéma 2 : la dialectique des deux systèmes nerveux cérébraux (SNV, SNA), les étapes du cycle EMIque (de 1 à 4), les 4 modes ontoneuraux, les 4 profils de la conscience et les ondes cérébrales

 

Pour valider ces propositions fondamentales, je propose le schéma qui illustre nos ambitions, tout en continuant de citer le magnifique article de Sciences et Avenir parce qu’il y a une autre explication non moins symbolique et même une troisième, plus loin. (Science et Avenir p.68 et 69)

« Mais une deuxième hypothèse est à l’étude :

Demander aux patients de s’adonner à une activité annexe pendant qu’ils se remémoreront un souvenir traumatisant saturerait leur « mémoire de travail » (mémoire à court terme). Ce qui provoquerait une sorte de déperdition des images qui auraient tendance à « s’éloigner », selon le témoignage des patients. Les mouvements oculaires seraient les plus efficaces pour créer cet effet mais des stimulations auditives et tactiles bilatérales y contribueraient également. Des effets montrés lors d’examens d’imagerie cérébrales. Ainsi, pendant une séance d’EMDR, l’activation dans la zone des amygdales diminue alors que celle dans le cortex préfrontal augmente. Ces changements neurobiologiques – le déplacement d’une activité maximale dans les régions limbiques vers les régions corticales – se poursuivant même après la séance, comme cela a pu être observé par électroencéphalographie. » En voici une autre cartographie bio- et physio- logique.

 

« Saturer la mémoire de travail ». Ne pas rester en volo (focalisation sur le contrôle volontaire) mais s’expanser et plénariser grâce à d’autres mouvements neuropsycho. C’est ainsi que le mode par défaut connecte quatre à cinq zones corticales tout comme le mode auto- sature l’être en intégrant tout le SNA, système nerveux autonome. Qu’est-ce à dire ? Çà plénarise ! Notre terminologie centrée sur le plein (expérience plenière, plénarisation, plénarité, plénitude) réjoint cet essai d’explication neuroscientifique. La boucle qui tourne en rond est mono-fonctionnelle. Nous l’ouvrons en y inclut d’autres fonctions (motrices, transférentielles) et çà fait sauter ce bloc ! Mais pourquoi l’essuie-glace fait-il l’affaire ? Voici les propositions que j’ai faites à partir des bases reichiennes.

« L’étrange oubli de l’apport reichien fait perdre à l’EMDR un argument majeur : le balayage des yeux éveille l’énergie, la fait circuler, remplit le corps – et le cerveau – d’un bien-être intense qui vient annihiler la souffrance post-traumatique non résolue et non résorbée du fait du clivage. Bien que les étapes intermédiaires du processus thérapeutique soient inversées en EMDR par rapport à l’acting reichien, le processus lui-même est le même :

Visualisation volontaire de la scène traumatogène → acting du balayage
→levée du clivage → vécu unifié de l’événement → éveil énergétique
→ élaboration et résorption du trauma.

En EMDR, on part de la visualisation et on ajoute le balayage. En EMAR, on balaie et l’on tombe sur la scène traumatogène. La suite est la même.

Mais pourquoi le clivage cède-t-il aux mouvements alternés (des yeux, des sons, des mains, des pieds), puisque de clivage il s’agit dans le stress post-traumatique ? L’événement traumatogène est trop intense pour être vécu pleinement, puis résorbé. Pour se protéger et se défendre, le cerveau clive, comme lors d’un viol ou d’une torture, et la boucle neuronale mnémonique s’inscrit dans un circuit isolé et clos sur lui-même (au niveau du lobe préfrontal gauche), ce qui empêche sa résorption. Et voici que d’autres découvertes scientifiques nous font avancer.

 

« Le piano connecte le cerveau

Si vous voulez avoir un corps calleux deux fois plus gros que la moyenne, faites 2500 heures de piano (une heure par jour pendant huit ans). Quel intérêt ? Le corps calleux est la partie du cerveau qui connecte les deux hémisphères. Ainsi, si vous êtes assidu au piano, vous aurez les hémisphères cérébraux mieux connectés !

L’étude menée par des neurobiologistes de l’institut Karolinska de Stockholm a consisté à mesurer, à l’aide de scanners, le volume de la substance blanche chez des enfants et des adolescents au fil de leur apprentissage du piano. Elle a montré que ce volume est proportionnel au nombre d’heures de pratique. La substance blanche représente l’ensemble des prolongements des corps cellulaires des neurones, ou axones, qui relient entre elles les différentes parties du cortex cérébral. Elle se développe progressivement de l’enfance jusqu’à l’âge de trente ans, et le piano accélère ce processus. Selon les neurobiologistes, le développement de la substance blanche par le piano pourrait améliorer d’autres facultés motrices ou intellectuelles, telles que les raisonnements complexes ou la coordination psychomotrice. On comprend aujourd’hui pourquoi le piano exerce cet effet : il développe la synchronisation entre les deux mains, dont chacune est commandée par l’un des deux hémisphères. Pour que le morceau de musique soit bien exécuté, il faut que les hémisphères « se parlent », suscitant une activité soutenue des fibres du corps calleux, ce qui fait augmenter leur volume. » (Cerveau et Psycho, n°11, p. 5)

Cette observation nous propose la deuxième clé pour comprendre l’EMDR et l’EMAR, en admettant que le pianiste fasse du mouvement alternatif avec ses deux bras sur le clavier et avec ses deux pieds sur les pédales, en admettant encore que l’épaississement du corps calleux soit l’effet totalement inverse du clivage qui, lui, doit se comprendre comme interruption de la conduction nerveuse entre les deux hémisphères, entre autres. Les actings alternés reconnectent donc ce que le traumatisme a clivé, de la même façon que les mouvements alternés du pianiste développent toute l’infrastructure calleuse de cette connexion. Le travail de reconnexion ne s’arrête pas là puisque le protocole de la thérapie sollicite et active également les trois niveaux de chaque hémisphère :

  • archéocortical, par le mouvement;
  • paléocortical, par la relation émotionnelle et empathique avec le thérapeute;
  • néocortical, par la visualisation des scènes, le retour de souvenirs, la dation de sens (négatif et positif), la compréhension enfin de l’événement.

L’ensemble du cerveau (de McLean) est donc mis à contribution (ses six parties même si on relativise actuellement cette dissection en six parties par le principe du cerveau global de Dehaene), et relié pour produire un vécu global et unifié qui… lève les clivages, blocages et répressions post-traumatiques. Le vécu subjectif de cette unification (cérébrale) est cette harmonisation que nous appelons « expérience plénière », plénarisation jusqu’à plénitude. Et cette expérience plénière est à répéter évidemment. Il s’agit là du processus thérapeutique qui efface le clivage, sépare l’amalgame et relance la dynamique bloquée, tel que nous l’enseigne le paradigme holanthropique. » (Meyer 2016 p. 74 et 75)

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