La réception publique et la médiatisation de l’EMI

L’Expérience de Mort Imminente (EMI) est un vécu extraordinaire, un phénomène extrême, un évènement sublime, comme la mort. Cette référence à la mort, nous ne l’évacuons pas même si, dans sa forme « initiante », le processus EMIque ne nous y expose pas. La mort est symbolique : faut lâcher beaucoup et, dans le tunnel noir, céder tout : maîtrise, contrôle et volonté (mais pas la conscience ni la mémoire). Aussi la réception personnelle d’un tel évènement ne va pas de soi. Envisageons cela sous ses trois aspects subjectif, objectif et médiatisé.

Commençons dans notre laboratoire expérimental, celui de la pneumo-. Les restitutions verbales, qui se font en groupe, évoquent d’abord le contenu pêle-mêle, mélangeant l’important et le secondaire. L’émerveillement se lit sur les visages et anime les voix. Mais parfois point de la déception : il n’y avait pas de production imaginaire ! Et pourtant c’était le nirvana ! Un petit nombre d’expérienceurs dévalorise le trip alors qu’un interrogatoire plus fouillé fait venir de très belles choses. Quand ils refont l’exercice plusieurs fois, certains comparent : c’est mieux ou moins bien que les dernières fois. Ils butent sur l’attachement à un certain résultat. Généralement, c’est mieux et l’on trouve le fameux tunnel noir (ou ses équivalents) et l’accès aux dernières séquences.

 

Subjectivation

Commençons par le moins bon qui suscite le silence, l’incrédulité, le rejet de l’évènement seulement partiel. S’il y avait blocage dans le tunnel, c’était l’enfer. Faut dénier. Si l’imaginaire produisait de trop, c’était perçu comme hallucination ou délire ou encore possession par un être malfaisant. A taire, sous peine d’internement psychiatrique. Mais ce qui se révèle au grand jour est le plus souvent positif. Emerveillement devant la beauté des images, la volupté du corps, l’intensité de l’amour et l’évidence des choses.

La délicieuse fée papillon d’Alexander (voir blog EMI 6) ne le fait pas tarir d’éloges. Puis c’est révélation et même miracle, guérison et conversion. La revue « Inexploré » vient de présenter la dernière merveille de l’EMI (Inexploré n° 32 automne 2016 p.8 et 10) « Le 2 février 2006, Anita Moorjani sombre dans le coma. Le lymphome de Hodgkin contre lequel elle se bat depuis quatre ans semble avoir gagné la partie. Les médecins du Hong Kong Sanatorium and Hospital où elle est transportée en urgence sont convaincus qu’il ne lui reste que quelques heures à vivre. Anita quitte son corps… mais elle perçoit tout ce qui se passe et se dit autour d’elle, ou même à distance. Elle ressent l’inquiétude des docteurs, ainsi que la douleur de son mari et de sa mère. Elle est consciente de chaque détail quand l’équipe médicale la transporte dans l’unité de soins intensifs. Elle se sent ensuite envahie d’un amour sans bornes, puis voit son frère dans un avion alors que celui-ci se trouve en effet sur un vol pour Hong Kong, prévenu le matin même de l’état gravissime de sa sœur. Anita vit une expérience de mort imminente (EMI) profonde et intense, avec la sensation de se « dilater » et de s’éloigner un peu plus de son environnement physique à chaque fois qu’elle s’attache à une scène particulière. Elle va retrouver son père et sa meilleure amie, tous deux décédés quelques mois plus tôt. De grandes révélations lui apparaissent, sur le sens de la vie, l’unité de toute chose et les causes mêmes de son cancer. Pourquoi s’est-elle tant dévalorisée jusqu’alors ? Pourquoi a-t-elle toujours recherché l’approbation des autres plutôt que d’exprimer librement son intelligence et sa créativité ? Anita comprend que Dieu, Krishna, le paradis, le nirvana, tous ces concepts religieux sont un « état d’être » et non une personne ou un lieu … Anita Moorjani a raconté son expérience et ses enseignements dans un premier livre paru en 2012, « Revenue guérie de l’au-delà », et elle publie aujourd’hui un second ouvrage, « Et si c’était ça le paradis ? » , dans lequel elle s’attache à défaire un certain nombre de « mythes » et répondre aux questionnements de ses nombreux lecteurs.»

Tout y est, les cinq séquences, les êtres vivants, morts et virtuels, l’amour, l’évidence.  Tous ces concepts religieux ne sont qu’un « état d’être ». Pourtant Anita Moorjani invoque aussi le paradis ! Et surtout, elle guérit de cet Hodgkin et elle attribue ce miracle à l’EMI et à l’amour qu’elle (l’EMI) a éveillé dans son cœur. Nous nous rappelons que l’église catholique exige ce genre de miracles pour mettre l’auréole sur les têtes à canoniser. Pour Alexander aussi, sa guérison est un miracle.

Anita Moorjani devient une héroïne et une miraculée. « Elle comprend surtout que si elle décide de revenir dans ce corps tant abimé par la maladie, celui-ci guérira… C’est effectivement ce qui se produira en quelques semaines. Il faudra qu’elle produise les pièces de son dossier médical pour qu’on la croie et que son histoire fasse le tour du monde, notamment grâce à l’appui du Dr Wayne Dyer, figure du développement personnel aux Etats-Unis. » (o.c.p.10).

 

Pour une éthique de la médiatisation de l’EMI

Pour les médias, surtout pour ceux qui se spécialisent dans le développement personnel, le selfhelp et la spiritualité non religieuse comme le New Age, les EMI richement retranscrites alimentent la rubrique du sensationnel. Elles sont fortement médiatisables ( et bankables). Les expérienceurs enthousiastes, sincères et bons communiquants, deviennent des vedettes et intéressent l’élite évoquée tout juste. Le prosélytisme n’est pas loin qui n’arrive pas toujours à préserver l’universalité du message. Mais on en parle. On peut à présent en parler. Ce n’est (presque) plus hallucination ou délire. Et si Moïse sur le Sinaï, Bouddha dans l’Himalaya, Jésus dans le désert et Mahomet dans ses grottes avaient fait des pneumos (analyses)?

Comme nous l’avons déjà esquissé, l’EMI n’est que la manifestation ponctuelle et consciente du processus fondamental de l’humanisation et de la transcendance humaine (OntoCode). Elle est aussi l’inspiratrice de l’éthique et, à ce titre, elle doit en respecter les principes. En voici cinq, concernant le traitement médiatique et social de ces vécus :

  • humaniser: il s’agit d’une expérience humaine, normale ;
  • personnaliser: chaque expérience est singulière ;
  • universaliser : le processus EMIque est au fondement de l’espèce humaine ;
  • désamalgamer: ne pas faire d’amalgame avec d’autres processus ;
  • unifier: l’universalité de l’EMI doit réunir les humains.

Le processus EMIque, à la fois personnel et universel, est l’intégrateur de l’espèce humaine. Elle œuvre en-deçà et au-delà :

  • des rituels culturels,
  • des convictions spirituelles,
  • des engagements religieux,
  • de la laïcité suppléante,
  • sans parler des communautarismes nationaux, raciaux, politiques et même de celles des écoles psy.

 

Quelle science pour couvrir l’EMI ?
Un processus bio-, physio- et psycho-logique

L’EMI n’est pas une hypothèse théorique. Ce n’est pas un shibboleth psychanalytique (les sept points théoriques à accepter par loyauté chez les psychanalystes freudiens). Ce vécu habite l’être entier et surtout son cerveau. Or nous connaissons actuellement au moins cent neurotransmetteurs à l’œuvre dans ce cerveau. Nous n’en connaissons pas tous leurs fonctionnements ni leurs effets. Aussi les meilleurs ordinateurs ne peuvent-ils pas encore jouer contre le cerveau comme au jeu de go ou d’échec. Ouf. Y a encore de la marge. On peut jouer quand même et proposer que la combinatoire de ces cent neurotransmetteurs donne un chiffre supérieur à sept milliards et cinq cent millions… puisque nous sommes autant d’individus originaux.

L’EMI joue avec nous, mais pas contre nous, puisqu’elle ne se manifeste toujours que partiellement et particulièrement. Et pourtant elle est invariante, commune et universelle. Ma fille en est garante. Elle est vietnamienne et a fait une EMI comme tout le monde, comme mon papa bien alsacien. L’EMI est tout autant chaque fois originale et personnalisée. Que veut le peuple ? Etre comme tout le monde et quand même différent ! On pourrait s’entendre.

Première réponse à la question pas encore posée : à quoi ça sert ? A unifier l’humanité et à la focaliser sur la seule tâche urgente : prévenir le suicide collectif par désastre climatique.

 

Le principe d’inconceptitude

C’est donc trop complexe pour être conceptualisé. La science, oui elle, a proposé deux limites à son savoir :

  • le principe d’incertitude proposé par le physicien Heisenberg : on ne peut connaitre à la fois le mouvement d’une particule et sa composition, dans le grand collider de Genève ;
  • le principe d’incomplétude du mathématicien Gödel : on ne peut pas prouver la vérité ;
  • l’EMI nous oblige à élargir cette lucidité à la psy avec le principe d’inconceptitude: on ne peut pas conceptualiser le fonctionnement cérébral aussi complexe, et donc la psy, et donc le POH, Processus Organisateur de l’Humanité et l’ OntoCode.

C’est hard. Ça titille les chercheurs les plus narcissiques. Il semblerait d’ailleurs que les chercheurs soient très narcissiques, et même parfois pervers. Vous avez d’ailleurs compris que je ne le refuserais pas, le prix … J’ai déjà annoncé la chose mais nous avons à présent des arguments supplémentaires. On ne peut pas conceptualiser l’EMI. Or, pour faire court, les meilleurs marketteurs en la matière ne peuvent pas s’empêcher de théoriser. Raymond Moody, Stanislav Grof, Pim Van Lommel, mon ami Olivier Chambon, professent tous que l’EMI nous oblige à concevoir une conscience non locale, quantique, universelle, antérieure au big bang, responsable de celui-là et probablement fautif des futurs big crunch ou big freeze. Ça fait froid dans le dos. Je suis dépossédé de mon EMI (qui me viendrait d’ailleurs comme une émission télé, dixit Grof). Je ne suis plus maître en mon logis. Ça c’est Freud qui l’a dit. Je ne suis plus libre ni responsable de moi-même. Ce n’est pas seulement antiscientifique mais intolérable.

 

EMI et conscience délocalisée

Il est important d’approcher ces raisonnements. Parce que ça raisonne évidemment sur le mode scientifique même, à commencer par Olivier Chambon, psychiatre, avec qui j’ai édité le premier livre français sur l’intégration des psychothérapies (Chambon, Marie Cardine, Meyer 1994). Au cours d’une noyade, Olivier fait un panorama de vie et se fait sauver in extremis, laissant entendre que le surfeur qui l’a sauvé aurait pu tomber du ciel. Voici son témoignage donné aux 2ème Rencontres Internationales sur les Expériences de Mort Imminente, la grand-messe EMIque, à Marseille. (Actes de Colloque, 9-10 mars 2013, S 17 Production 2013)

« Alors, ce qui est très intéressant avec les revues de vie est que cela existe aussi dans les EMI partagées. Les gens qui sont au chevet du malade, les accompagnants, la famille, les soignants, peuvent, en même temps que la personne qui est en train de mourir et de faire son EMI, voir la revue de vie de la personne ; comme les gens le vivent eux-mêmes, en panoramique 3D, et voir des éléments de la vie de la personne qu’ils ne connaissaient pas et qui se révèlent vrais une fois qu’ils les vérifient ultérieu­rement. Pourquoi ? Parce que la conscience est non-locale. Elle n’est pas située dans le cerveau et la mémoire elle-même est non-locale. Des personnes comme le prix Nobel Sir John Eccles disent que la mémoire n’est pas dans le cerveau. Elle est dans… les annales akashiques, l’inconscient collectif… Je ne sais plus comment Ervin Laszlo l’appelle mais c’est un champ d’énergie, d’information, où est contenue toute la mémoire du monde. Même quand le cerveau ne fonctionne pas, la personne dont la conscience existe hors du cerveau peut puiser des élé­ments d’information pour sa revue de vie, et la personne qui l’accompagne peut aussi aller dans le même champ puiser ces mêmes éléments. Les matérialistes disent : c’est un cerveau qui dysfonctionne. Nous reprenons la discussion de ce matin. C’est fantastique des cerveaux qui dysfonctionnent et qui sont capables de créer des souvenirs exacts, coordonnés, clairs, amenant à de profondes introspections, amenant à retravailler la situation sous différents angles, en comprenant différents aspects que l’on ne comprend pas dans la vie habituelle, en hyper-empathie avec les autres… Je dis aux matérialistes, faites-vous des hypoxies, intoxiquez-vous au monoxyde de carbone, vous allez devenir super spirituels et intelligents… Mon hypothèse est que l’on contacte ce qu’on appelle le soi supérieur ou l’âme. L’être de lumière est peut-être la face dorée de l’âme en fait, qui contient toute l’information qui existe sur nous. C’est peut-être même lui qui projette le film derrière nous, et c’est peut-être pour cela que l’on sent qu’il est tranquille, cool ; il nous pardonne parce qu’il sait que, de toute façon, c’est lui qui est venu faire des expériences… Enfin, c’est une hypothèse. Mais même si elle ne se révèle pas vraie, nous avons en tout cas accès effectivement à quelque chose qui sait tout de nous et qui peut nous le représenter entièrement, depuis la première seconde de notre vie jusqu’au moment même de la revue de vie. » (o.c. p. 145-146).

 

Bons sentiments et feel good

Pour Chambon, cette séquence d’EMI est tellement fantastique que la science actuelle ne peut pas en rendre compte et qu’il faut donc de l’extra à savoir une conscience hors du cerveau. Si l’on retient que le cerveau « ne fonctionne pas » comme le fait Alexander, évidemment. Et quel meilleur argument que l’attaque. Matérialiste qui n’adhérez pas à ma théorie, allez vous faire hypoxier, monoxyder pour devenir spirituels et intelligents. Quand vous lisez cela vous vous souviendrez encore de Donald Trump. Olivier avoue quand même qu’il s’agit d’hypothèses. Un peu plus loin, il témoigne de beaucoup de cœur et d’âme, genre selfhelp, feel good et new age. On y reconnaitra que l’EMI, chantre du Processus Organisateur de l’Humain, est aussi le socle de l’éthique et du mystique. Je m’y reconnais totalement. « C’est le sens global des EMI. Tout a un sens, tout sert, la vie est aimante, elle ne nous en veut pas, elle ne s’acharne pas sur nous de manière injuste. « Pauvre de moi, qu’ai-je fait ? Ce dieu punitif qui me tombe dessus, etc. » Ce n’est pas du tout cela. Globalement, le monde est animé d’une conscience aimante. L’univers est pénétré de cette conscience aimante. D’ailleurs, l’EMI décloisonne tout. Il n’y a plus d’autre, il n’y a plus d’ailleurs, il n’y a plus d’autre temps, il y a une seule conscience qui pénètre l’univers. Ce sont les valeurs qui se dégagent des EMI. C’est une compréhension profonde que chaque chose est à sa place. Non seulement comprendre que tout est déjà là, alors que nous courons après des ailleurs, des mieux, des moins, etc., mais que tout est bien comme c’est. Cela amène à un grand lâcher-prise, une grande acceptation. » (o.c.p. 149)

Et tout çà, en deux minutes de noyade.

 

La plus grande base de données sur les EMI

Voici un autre témoignage, celui de Jody Long, Near-Death Experience Research Foundation. « Merci, je suis très heureuse de pouvoir m’adresser à vous. Il est important de savoir que lorsque les gens parlent de leur EMI, ils disent entrer dans une dimension élargie ou une 4e dimension. C’est une preuve qui montre que cela ne vient pas seulement du cerveau. Sur terre, les gens peuvent voir 10 millions de couleurs. Nous voyons des radiations dont la longueur d’onde s’étend de 380 à 740 nm ; c’est ce que nous appelons le spectre visible. Et il en va de même pour l’audition : sur terre nous entendons les fréquences de 20 à 20000 Hz. Mais quand ils se retrouvent de l’autre côté, les gens parlent de couleurs très différentes de ce que l’on voit sur terre, ou bien ils entendent des sons qu’ils n’entendent pas sur terre. Et cela vient du fait qu’ils voient et qu’ils entendent des éléments qu’ils ne perçoivent pas avec les sens physiques habituels, puisque cela se produit hors du corps.

« Autre chose : la vision est très différente. Sur terre nous avons une vision linéaire, un peu périphérique. Mais de l’autre côté, ils indiquent avoir une vision sphérique, c’est-à-dire qu’ils peuvent voir dans toutes les directions à la fois. Par ailleurs, sur terre on a parfois besoin de lunettes ou d’aides auditives, alors que de l’autre côté la vision et l’audition sont parfaites. On remarque également que si quelqu’un rencontre un proche défunt, je n’ai jamais entendu dire que le défunt avait l’air d’être en mauvaise santé. Souvent ils apparaissent dans la meilleure forme possible, et parfois même bien plus jeune que l’âge qu’ils avaient au moment de la mort.

« Par ailleurs, notre mémoire via le cerveau est assez limitée, alors que de l’autre côté on a accès à une connaissance globale à 100 %. C’est un peu comme si on voulait faire entrer un océan de savoir dans une tasse à thé qui représenterait le cerveau, cette limite du corps physique. Par ailleurs, lorsqu’ils commu­niquent, ils ne parlent pas avec la bouche. Ils comprennent par l’intermédiaire de l’esprit. C’est une communication d’esprit à esprit. Un autre élément de preuve est lié aux émotions. Les émotions ressenties sur cette terre ne sont pas les mêmes que de l’autre côté. Elles sont amplifiées. La meilleure façon de décrire les choses c’est ce que m’avait dit un expérienceur : l’amour multiplié par un million. Cela montre l’importance des émotions de l’autre côté. Autre élément, le temps. Nous savons qu’ici le temps se déroule simplement de façon linéaire, alors que de l’autre côté on peut utiliser la relativité d’Einstein E= MC2. Quand l’énergie se rapproche de l’infini, ou quand la masse s’approche de zéro, le temps s’approche aussi de zéro. Et c’est ce que ressentent ou expliquent les expérienceurs. Ils disent que le temps est soit réduit à zéro, soit qu’il s’écoule très lentement. (o.c.p. 153-155)

Jody Long est avocate et plaide comme une avocate. Pourvu qu’on gagne ! Elle décrit objectivement les processus sensoriels de ce monde (vision, audition, émotion, amour) mais accorde autant de valeur aux descriptions subjectives des états EMIques jusqu’à s’accrocher à Einstein. Je suis sûr qu’il n’aurait pas apprécié. (Einstein avait été approché par Wilhelm Reich mais il n’a pas donné suite). Madame Long est à l’origine de ce site qui collige des dizaines de milliers de témoignages. Nous pouvons donc l’interroger sur deux de nos propres questions (et réponses).

 

  1. De l’universalité du processus EMIque

    « Et cela a montré que les EMI sont les mêmes dans le monde finalement. Il y a de toutes petites variations mais certaines viennent en fait de différences de langages et de modes d’expression. Et la réalité nous montre qu’il n’y a pas de vraies différences statistiques, même pour les EMI en dehors du monde occidental. Ceci est passionnant compte tenu des implications car cela montre que l’amour, la paix et l’unité sont des choses que nous avons en commun et à partir desquelles nous pouvons construire entre les humains des liens qui vont transcender la politique ou la religion. Nous sommes tous les enfants de Dieu ou de l’univers, et nous pouvons ainsi faire passer ce message d’amour et de paix. » (o.c.p. 155-156)Nous retrouvons les mêmes accents d’humanité que chez Olivier Chambon (et chez moi aussi, j’espère). Mais il y a Dieu. Et quand on invoque le monothéisme, on risque le terrorisme (Assman). Alors restons psy.
  2. Peut-on vivre volontairement une EMI ?

    « La réponse courte est définitivement non, mais la réponse plus longue est qu’il n’y a aucun moyen de prévoir qui va faire une EMI ou non. Selon les études, on a 5 à 15 % des personnes qui font une EMI, mais on sait que la majorité des gens qui frôlent la mort ne font pas d’EMI. Il y a des raisons pour lesquelles je dis que c’est inexplicable au plan médical » (o.c.p.158) De quel droit décider que « c’est inexplicable au plan médical » ?L’auteur développe sa réflexion. « La question se pose donc de savoir si au plan physique nous pouvons décider d’avoir une EMI. Mais il y a un autre aspect à cette question, qui se trouve être l’éthique. En tant qu’avocate, je sais ce qu’est l’éthique. Beaucoup de gens se connectent sur le site, posent des questions et souhaitent participer à des expé­riences en disant « s’il vous plaît, tuez-nous et ramenez-nous à la vie ! » Une telle vision des choses pose clairement des problèmes éthiques énormes ; c’est impossible. De même, des questions éthiques se posent avec les expériences de Wilder Penfield et Olaf Blanke. Ils ont stimulé le cerveau de patients, mais ils ne peuvent le faire qu’avec des cerveaux malades, principalement pour soigner des patients épileptiques. On ne peut pas simplement décider d’implanter des électrodes dans un cerveau sain. On ne peut pas travailler ainsi avec des gens en bonne santé. Autre problème éthique, l’honnêteté intellectuelle. Cela nous ramène au fait que lorsque des scientifiques procèdent à des études, il n’y a pas de définition acceptée sur ce qu’est une EMI, et ils y mettent donc beaucoup de choses : les OBE, les expériences spirituelles, ou même les rêves. Parfois ils mettent tout cela dans leurs données, généralisent les choses et appellent cela EMI. Mais cela conduit les gens à penser qu’ils peuvent décider d’avoir une EMI. Ils se disent que la kétamine va leur provoquer une EMI, par exemple. Or les recherches de Pim van Lommel nous ont montré qu’une EMI n’est pas explicable médicalement. » (o.c. p. 159)Quand on part de mauvaises bases, on n’a que de mauvaises conséquences. Le problème ici, de Chambon à Jody Long en passant par Pim Van Lommel, c’est qu’on n’a pas de base commune, d’universaux, d’invariant. Or elle existe, c’est le cycle EMIque traumatique à cinq étapes. A partir de là, on élargit aux occurrences extatiques et analytiques. De ces nombreuses descriptions sensées scientifiques, on en tire qu’elles sont… phénoménologiques. On se contente de décrire.

 

Il y a transcendant et transcendant

Cette controverse nous oblige à préciser les termes de transcendant et de transcendance. Vous savez que j’ose enfin utiliser ces termes. Transcendant est le participe présent du verbe transcender qui veut dire « aller au-delà ». Ces mots n’incluent ni clivage ni dissociation. Ils évoquent un mouvement vers. Utilisé ailleurs, le concept transcendant désigne un fait acquis et, appliqué à dieu et à la conscience non locale (et parfois à l’inconscient pris comme substantif), il comprend une séparation radicale d’avec soi-même. Dans ce cas, nous ne sommes plus en psy mais en métaphysique et même en religion. OK. Mais ce n’est pas notre job ici.

Pour sa cinquième séquence, l’EMI subvertit la structure amalgamante (pulsionnelle, passionnelle, addictive), observons-nous. L’épistémophilie (l’amour du savoir) est une pulsion tout aussi irrépressible chez nos auteurs. Je leur suggère de refaire quelques EMI (comme Olivier Chambon sans qu’il reprenne à se noyer). Plus cool, juste quelques pneumos ! Faut lâcher l’épistémomanie. Par ailleurs on ne peut pas plus extrapoler d’une aiguille plantée dans le cerveau limbique qui déclenche une effusion religieuse à une « neuroligion » (ce jeu de mot est d’ailleurs fort inélégant). De quoi déclencher une nouvelle guerre de religion !

Pour nous, la voie transcendante qui « va vers » part du centre (hara, axe énergétique du dos, cœur…) et s’expanse. Elle se constitue des trois ressources actualisées par les trois séquences de l’EMI.

  • L’énergie connecte les sept chakras, s’unifie, envahit tout le corps et déborde les limites anatomiques (la peau) pour s’expanser alentour.
  • L’esprit s’épanouit dans la pure lumière (du soleil, du cosmos) se colore de toutes les couleurs et embrasse tout le savoir dans une assurance qui s’appelle évidence (et que l’on oublie de breveter).
  • Le lien s’élargit des vivants aux morts et aux êtres virtuels en une intimité qui ne clive pas mais unifie.

Je transcende. L’EMI me transcende et me centre en moi, soi, dans la relation je-tu et soi-nous. Et quand j’en reviens, je suis tout autant moi, soi, je-tu. Il reste la dimension culturelle et civilisationnelle. Modifierait-elle le processus EMIque ou seulement son affichage conscient ? Après l’illustration offerte par Eben, tournons-nous vers ce Bardo Thödol déjà évoqué.

 

« Le livre tibétain de la vie et de la mort » et l’EMI

 

Ce livre constitue mon livre de chevet, livre que j’ai le plus lu dans ma vie. Sogyal Rinpoché qui l’a écrit fait preuve d’une double audace. Il rend enfin public ce livre sacré réservé aux initiés, avec l’autorisation de ses maîtres toutefois, en particulier du dalaï-lama qui préface le texte. Et il ose la comparaison avec l’EMI. En fait, Bardo ne veut pas dire mort mais changement, la mort étant l’un de ces passages. En voici la définition selon l’auteur. « Le terme « bardo » est communément utilisé pour désigner l’état intermédiaire entre la mort et la renaissance mais, en réalité, les bardos se produisent continuellement, aussi bien durant la vie que durant la mort ; ce sont des moments de passage où la possibilité de libération, ou d’éveil, se trouve considérablement accrue. Les bardos constituent des occasions exceptionnelles de libération …  Selon la perspective du bouddhisme tibétain, nous pouvons diviser notre existence entière en quatre réalités qui sont en corrélation constante : 1° la vie ; 2° le processus de la mort et la mort elle-même ; 3° la période après la mort et 4° la renaissance. On les appelle les quatre bardos : 1° le bardo naturel de cette vie ; 2° le bardo douloureux du moment de la mort ; 3° le bardo lumineux de la dharmata et 4° le bardo karmique du devenir. » (o.c. p. 31)

Vers la fin du livre, Sogyal Rinpoché présente l’EMI, en cinq étapes plus une. Nous nous y retrouvons facilement. « Bien que deux personnes ne vivent jamais exactement la même chose – de même qu’il ne saurait y avoir deux expériences identiques des bardos – l’on peut dégager, des différentes phases de l’expérience de proximité de la mort, un schéma commun, une « expérience type ».

 

  1. Les personnes se trouvent dans un état altéré de perceptions, de paix et de bien-être, exempt de douleur, de sensations corporelles ou de peur. (Ceci correspond à notre séquence 1)
  2. Elles perçoivent parfois un son semblable à un bourdonnement ou au mugissement du vent, et se retrouvent séparées de leur corps. C’est ce que l’on a appelé « l’expérience hors du corps » : elles voient souvent leur corps à partir d’un point situé quelque part au-dessus de lui ; leurs sens de la vue et de l’ouïe sont plus aiguisés ; leur conscience est lucide et extrêmement alerte, et il leur arrive même de passer à travers les murs. (Ceci correspond à la séquence 2, traumatique, avec éveil énergétique et sortie du corps).
  3. Elles sont conscientes d’une autre réalité et elles ont l’impression de pénétrer dans l’obscurité, de flotter dans un espace sans dimension, puis de se déplacer rapidement dans un tunnel  (transition entre séquences 2 et 3 : tunnel noir).
  4. Elles voient une lumière, d’abord comme un point éloigné, et elles se sentent attirées par elle comme par un aimant, puis enveloppées de lumière et d’amour. Elles décrivent cette lumière comme étant d’une grande beauté, aveuglante sans être blessante pour les yeux. Certaines racontent qu’elles ont rencontré un « être de lumière », une présence lumineuse, apparemment omnisciente, pleine de compassion et d’amour, que quelques-unes nomment Dieu ou le Christ. Parfois, en sa présence, elles voient défiler toute leur vie, tous leurs actes bons et mauvais. Elles communiquent par télépathie avec cet être de lumière et se trouvent dans une dimension intemporelle, qui est en général bienheureuse et au sein de laquelle tous les concepts ordinaires, comme ceux de temps et d’espace, ont perdu toute signification. Même si l’expérience ne dure qu’une ou deux minutes au sens ordinaire, elle peut être extrêmement élaborée et d’une grande vitesse. (Ceci correspond à la séquence 3 : la nature de l’esprit).
  5. Certaines personnes voient un monde intérieur d’une beauté surnaturelle, des paysages et des édifices paradisiaques, et entendent une musique céleste ; elles éprouvent une impression d’unité. Très peu d’entre elles, semble-t-il, rapportent des visions terrifiantes de mondes infernaux. (Ceci correspond à la séquence 4 : l’intime du lien).
  6. Elles décident, souvent à contrecœur – ou bien on leur dit – de retourner à leur corps et à leur vie, chargées parfois d’une mission ou d’un service, ou dans le but de protéger leur famille et de veiller sur elle, ou encore d’accomplir la raison d’être de leur existence… Elles atteignent parfois une limite qu’elles ne peuvent franchir ; certaines retrouvent des parents et des amis décédés, et leur parlent. » ( o.c.p. 419-420) (Ceci correspond à la séquence 5 : point de non retour).Ces cinq séquences initiées par la subversion des structures clivantes débouchent sur les effets à moyen et long terme. « Ainsi que le rapportent la plupart des témoignages, l’aspect le plus important de l’expérience de proximité de la mort est la transformation complète qu’elle opère souvent dans la vie, l’attitude, la carrière et les relations de ceux qui l’ont vécue. » (o.c.p. 420). Voici maintenant la confrontation des Bardo et de l’EMI. Je continue de citer directement les textes de Sogyal (Rinpoché est un nom générique très commun) qui sont concis et précis.

 

Le Bardo du moment précédant la mort.

« Dans le bardo du moment précédant la mort, la dernière phase du processus de dissolution a lieu quand l’expérience d’obscurité du « plein accomplissement » se lève « comme un ciel vide plongé dans les ténèbres ». A cet instant particulier, les enseignements parlent d’un sentiment de félicité et de joie ». (p.421) « Au moment de la mort, l’aube de la Luminosité fondamentale ou Claire Lumière se lève dans toute sa splendeur. Le Livre des Morts Tibétains dit : Ô fils, fille d’une lignée d’êtres éveillés… ton Rigpa est luminosité et vacuité inséparables ; il est telle une vaste étendue de lumière, au-delà de la naissance et de la mort ; en réalité, il est le Bouddha de la Lumière immuable. Melvin Morse, spécialiste des expériences de proximité de la mort chez les enfants, fait remarquer : « Presque toutes les expériences vécues par les enfants – et environ un quart pour les adultes – comportent un élément de lumière. Tous rapportent que la lumière apparait aux derniers stades de l’expérience, après qu’ils sont sortis de leurs corps ou ont parcouru le tunnel. » (p.422)

 

Le Bardo du devenir

« Le Livre des Morts Tibétain décrit le corps mental, dans le bardo du devenir, comme un « corps de l’âge d’or », doué d’une mobilité et d’une clairvoyance presque surnaturelles. Ceux qui ont fait une expérience de proximité de la mort ont, eux aussi, découvert que la forme qui est la leur à ce moment est intacte et dans la force de l’âge… Ils relatent que, grâce à un sens particulier de clairvoyance, ils disposent pendant l’expérience de proximité de la mort d’une connaissance totale, allant « de l’origine jusqu’à la fin des temps. » (p. 427)

La différence : ils ne sont pas morts

« L’expérience de proximité de la mort et les enseignements sur les bardos présentent des similitudes significatives ; on peut également constater des différences importantes. La différence majeure, évidemment, est que ceux qui font l’expérience de proximité de la mort ne meurent pas, alors que les enseignements sur les bardos décrivent ce qui advient des personnes au moment de la mort, après la mort du corps physique et lorsqu’elles prennent une nouvelle naissance. » (p.434)

Pour les expérienceurs de l’EMI, c’est clair. Ils n’étaient pas morts. Et pour les tibétains préparés par les rituels des bardos ? La médecine la plus scientifique se rend compte que la définition exacte du moment de la mort est très compliquée. En réalité, comme il y a plusieurs critères, elle ne sait plus très bien. La science rend parfois humble et modeste. Alors ne chipotons pas sur les définitions tibétaines !

 

Retour sur les bardos

« Que nous apprennent donc les enseignements des bardos sur la mort ? Qu’elle n’est autre que les trois phases d’un processus de manifestation graduelle de l’esprit : partant de son état le plus pur – celui de la nature essentielle de l’esprit – en passant par la lumière et l’énergie – le rayonnement de la nature de l’esprit – pour arriver, par une cristallisation progressive, à une forme mentale. Ce qui se révèle avec une telle clarté dans le bardo du moment précédant la mort, dans le bardo de la dharmata et celui du devenir, nous montrent les enseignements, est un processus triple :

  • tout d’abord, une dissolution qui conduit à un dévoilement ;
  • ensuite, un rayonnement spontané ;
  • enfin, une cristallisation et une manifestation.

Les enseignements nous invitent à aller plus loin. Ce qu’ils nous montrent en réalité – et c’est là, à mon sens, une vision véritablement révolutionnaire qui, une fois comprise, change totalement notre façon de voir les choses – est que ce triple schéma ne se déploie pas seulement au seuil de la mort et dans la mort. Il se déploie maintenant, en ce moment même et à chaque instant, au sein de notre esprit, dans nos pensées et dans nos émotions, et à tous les niveaux, sans exception, de notre expérience consciente. » (p.447)

Ces trois temps se déroulent dans chaque séquence:

  • dissolution = subversion de la structure, sachant que dans le trauma violent il s’agit au contraire de dissociation et de morcellement ;
  • dévoilement = éveil de la ressource transcendante correspondante ;
  • cristallisation et manifestation = entrée dans le lien le plus intime, créativité symbolique, fixation de l’état de stabilité temporaire puis définitif par l’intégration interne-externe

Sogyal Rinpoché propose de retrouver ces trois temps dans les fonctionnements les plus courants de la vie : sommeil et rêve, émotion, méditation. Et pour clore cette réflexion il nous laisse bouche bée.

 

Le processus

« Maintenant que nous avons examiné comment ce processus se reproduit dans le sommeil et dans les rêves, ainsi que dans la formation même des pensées et des émotions, voyons-le à l’œuvre, jour après jour, dans notre expérience quotidienne. Le meilleur moyen d’y parvenir est d’examiner attentivement un mouvement de joie ou de colère : nous découvrons qu’il existe toujours un espace, ou intervalle, avant qu’une émotion ne commence à s’élever. Ce moment riche de potentialités, existant avant que l’énergie de l’émotion n’ait l’occasion de s’élever, est un moment de pure conscience originelle, qui nous offrirait, si nous nous y abandonnions, un aperçu de la nature véritable de l’esprit. Pendant un bref instant, le sortilège de l’ignorance est rompu ; nous sommes complètement libérés de tout besoin et de toute possibilité de saisie, et la notion même d’ « attachement » devient ridicule et superflue. » (p. 451)

« Les bouddhas et les lumières de sagesse ne sont en aucune façon distincts de vous, ils sont votre propre énergie de sagesse.
Réaliser cela est faire l’expérience de la non-dualité ; y pénétrer est parvenir à la libération …  Le samsara est votre esprit, le nirvana est aussi votre esprit ; tout plaisir et toute douleur, ainsi que toute illusion, n’existent nulle part ailleurs que dans votre esprit. » (p. 455)
Voilà, y a plus de dualité, y a plus de clivage entre la personne et une hypothétique conscience quantique. C’est moi, c’est vous, en soi, dans une merveilleuse relation je-tu, soi-nous.

 

Conclusion

Les origines de l’art, de la religion,
de la culture et de la civilisation

 

Qu’est-ce qui fait l’art ?
Picasso entre autres.
Ce fut un individu comme vous et moi.

 

Qu’est-ce qui fait les religions ?
Bouddha, Moïse, Jésus, Mahomet.
Ce furent des humains comme vous et moi.

 

Qu’est-ce qui a constitué la culture
ou l’inconscient collectif de Jung ?
Des êtres comme vous et moi.

 

Qu’est-ce qui réunit les membres d’une civilisation ?
Un consensus sur des valeurs communes.

 

Qu’est-ce que ces valeurs qui réunissent ces individus ?
Ce que je perçois et ressens au plus profond de moi-même.

 

Qu’est ce qui harmonise ces valeurs pour en faire mythologie, culture,
religion et civilisation ? Devinez !

L’Expérience de Mort Imminente fait réaliser (c’est réel) que
chacun de nous a les capabilités qui ont fait les sociétés, les cultures et les civilisations.
Il suffit d’y ajouter l’art de l’unification de l’humanité.

 

Cette synthèse découle des nombreuses associations et corrélations des approches aussi diverses que celles de Moody, Greyson, Van Lommel, Chambon, Rinpoché et des centaines de patients et élèves de l’Eepssa. Cela ne constitue pas encore un ensemble exhaustif susceptible d’une élaboration structuraliste stricte. Quoique. Il s’agit probablement de l’approche scientifique la plus aboutie qui existe à ce jour. Nous ne réunissons certes pas autant d’auteurs que certains traités ou autres banques de données mais nous réunissons les meilleures descriptions et les plus complémentaires.

Aussi en avons-nous extrait l’invariant, (le cycle de cinq séquences, dispatchées en subversion et submersion) et pouvons-nous en tirer son enseignement majeur, à savoir son universalité. Le phénomène EMIque est commun à toute l’humanité et, avant d’en déduire le POH, Processus Organisateur de l’Humain, nous devons insister sur – et militer pour – son rôle absolu. Comme elle fonde toute la production spécifiquement humaine (arts, religions, éthique et mystique, anthropologie et psychologie), elle constitue le véritable lien entre les cultures, religions, croyances jusqu’à et y compris, la laïcité. La prise en considération de ce fonctionnement commun, invariant, doit rendre les constructions particulières et variables, secondaires. La survie de l’humanité est à ce prix. Et ce n’est pas cher payé, puisqu’il s’agit d’un logiciel libre. Même Trump ne pourra pas le relocaliser dans sa tower. Et puis, évidemment, il (le logiciel) nous réserve de belles choses. Fêtons-le, en attendant, avec un nouveau tableau qui dénomine sous d’autres termes et associe.

 

Tableau 7 : Les cinq étapes de l’EMI et ses caractéristiques : subversion, submersion, ressources et pathologies

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