Socioanalyse

Nous continuons à introduire ce livre avec la présentation des socioanalyses (analyse de couple, famille et groupe). La socio-somatanalyse, ma première création (il y a quarante ans) est une arme absolue à la fois verbale, corporelle et sociale, directive et analytique, de durée courte, moyenne et longue… avec émotion, cri et contact tactile. Et, surtout, elle a révélé la trame universelle de la vie des groupes : conflit ⇒ sécurité ⇒ consensus ⇒ don altruiste. C’est le SocioCode.

La confirmation de cette « sociodynamique » se fait scientifiquement par :

  • la répétition des expériences par les centaines de praticiens formés qui observent le même résultat ;
  • la référence aux principaux psychanalystes de groupe chez qui on retrouve les quatre étapes fondatrices du groupe.

On retrouve l’Expérience de Mort Imminente/Initiante qui inspire l’hymne à la joie de Schiller et Beethoven et nous exalte nous -mêmes dans la joie indicible de déboucher sur la merveille EMIque. Cette dernière révèle l’Ontocode, universel lui aussi, et la nouvelle OntoSynthèse qui complète et parachève la Psychanalyse seulement Psy !

Troisième partie :
les socioanalyses

Les somatoanalyses et les socioanalyses sont encore des nains face au géant psychanalytique, ceci au niveau de la notoriété et donc du nombre de cures. Mais elles constituent le véritable renouveau là où la psychanalyse classique recule. Ce livre œuvre à cette résurrection. La socio-somatanalyse insiste sur les marqueurs corporels et relationnels de la sécurisation et du consensus. J’ai accompagné un groupe de patients pendant vingt-cinq années (groupe à renouvellement lent) pour des cures de 2 à 3 années. Et chacun de mes douze cents élèves a participé une dizaine de fois à cette analyse (séances de quatre heures). Et la fée est arrivée, à savoir le modèle sociodynamique. Tout groupe qui en a le temps, quels que soient ses membres, passe par quatre constellations : conflit, sécurité, consensus, don altruiste. Chacune de ces organisations développe autant de capacités, capabilités, états d’être, que seul le groupe peut susciter et stabiliser.

Comme je le communique aux élèves, j’ai la grande modestie de croire que ce modèle sociodynamique est absolu et universel. Je l’ai donc appelé SocioCode. Pour le fonder, en partie du moins, je me réfère aux principaux psychanalystes de groupe : Foulkes, Bion, Mendel, Anzieu, Kaes, les Argentins Pichon et Bléger notamment. Leurs travaux corroborent notre sociodynamique sauf pour la quatrième constellation, le don altruiste. Les Français taxent la troisième étape, le consensus, d’illusion groupale et ne peuvent donc pas accéder au don (des anthropologues comme Marcel Mauss). Ce modèle sociodynamique (du groupe) est totalement différent du modèle psychodynamique (de l’individu) de Freud. Il constitue un nouveau code source, pas secret du tout, celui de toute dynamique de groupe qu’il suffit d’observer en son déroulement.

La sociodynamique constitue tout autant la trame de cet autre groupe qu’est la famille. C’est grâce à la formation aux thérapies familiales que j’ai pu centrer mon enseignement sur trois écoles exemplaires, celle de Minuchin abordant le système familial comme structure, celle de Boszormenyi-Nagy insistant sur les valeurs communes au groupe familial et à la loyauté qu’elles engendrent et celle de Bowen qui travaille à la différenciation de chaque membre de la famille. Il s’est avéré que ces trois spécificités correspondent aux trois dernières constellations sociodynamiques :

  • la structure de Minuchin garantit la sécurité,
  • la loyauté de Boszormenyi-Nagy crée le consensus,
  • la différenciation de Bowen découle du don altruiste de la famille à chacun de ses membres.

Cette approche des écoles systémiques confirme également notre modèle sociodynamique que nous décrirons longuement à travers deux ateliers thérapeutiques. Le dernier chapitre de cette troisième partie se complète de l’essentiel de ma thèse de doctorat en sociologie et ethnologie. Il procède à l’analyse structurale du mythe dogon. Deux intérêts ont guidé la reprise de ce texte. D’abord la beauté du mythe qui n’est autre que la psychologie et la mystique de la société traditionnelle. Freud, Lacan et tous les grands psychanalystes ont toujours recommandé l’approche transversale, anthropologique en particulier. L’autre intérêt illustre cette nécessaire ouverture puisqu’il s’agit rien moins que de l’application stricte de la méthode structuraliste de Claude Lévi-Strauss que nous utilisons pour l’intégration des méthodes et des théories. Sa spécificité se manifeste généreusement puisque la structure du mythe correspond au modèle structuro-fonctionnel, que nous développons dans ce livre. (En séparant cette grande œuvre en deux tomes, j’ai déplacé l’analyse du mythe au tome II).
Le rêve, l’EMI et le mythe nous emmènent au-delà des seuls protocoles et exercices thérapeutiques et dépassent les seules théories et hypothèses intello. Nous sommes en pleine analyse, psycho- socio- et somato-, et dans l’intégration que nous développons dans la quatrième partie.

Le doute (théorique) systématique

Dans cette introduction, j’insiste surtout sur la pratique, sur l’organisation des cures et sur la méthodologie qui intègre tout cet expérientiel, et je néglige quelque peu la théorie. Or, la psychanalyse s’enorgueillit de sa science magnifiée en métapsychologie. Pourtant, de nos jours, cette dernière est un boulet parce que ces hypothèses remontent à cent ans d’âge. La science avance mais les psychanalystes procrastinent par loyauté au maître. Nous verrons cela très clairement avec la psychanalyse de groupe française qui postule un inconscient de groupe, un appareil psychique groupal et la malheureuse illusion groupale. Or un groupe n’a ni inconscient ni appareil psychique et ne s’arrête pas au consensus. Un groupe n’est que communication et sociodynamique et débouche sur le don altruiste.

Pour ne pas coincer dans ces impasses de loyauté, il aura fallu recourir à Descartes et à son doute systématique. Le nouveau protocole somatoanalytique fonctionnait (presque) tout seul. Il suffisait d’observer puis, peu à peu de généraliser par degrés d’abstraction successifs. Le résultat ne s’est pas fait attendre longtemps. Les algorithmes ont afflué et assuré l’opérationnalité de ce travail : modèle structuro-fonctionnel, schéma de position (socio-, duo-, solo), six étapes du développement personnel, les quatre étapes de la sociodynamique. Mais ce sont les deux découvertes suivantes qui font ma fierté et l’espoir de grands changements à venir : la cure séquentielle et le code source inconscient qu’est l’EMI, héraut du héros fondateur, le POH. Du dernier, il en sera longuement question dans le tome II. Quant au premier, en voici le tableau repris des deux précédents tomes auxquels on se référera (Meyer 2016). Toute psychothérapie qui se prolonge bascule spontanément aux séquences suivantes selon un ordre temporel. La psychanalyse y trouve sa place en son 3ème temps.

 

Quant aux théories, nous ne reprenons pas les concepts freudo-lacaniens par pure loyauté. Au contraire, nous observons les nouvelles variantes du logiciel analytique et réfléchissons à partir d’elles. Le résultat est un fantastique enrichissement de tout le corpus psy.

Ce livre constitue donc la réédition de la partie analytique du « Manifeste ». (Chapitres 1, 6, 7, 8, 10). Il réédite aussi les meilleures pages d’un livre plus ancien « Freud Encorps, la psycho- et socio-somatanalyse et le théorème de l’humain » (chapitres 2 à 5, 9 et 11) (Meyer 1995). Il propose aussi des textes inédits sur la socio-somatanalyse et la sociodynamique (chapitres 12, 13) ainsi que deux chapitres de « Stress Angoisse Pulsion de Mort » (Meyer 2011). Toute la quatrième partie est originale et récente. Elle fonde la psychanalyse pléni-intégrative, son code source, l’EMI, et son programme : Essence, Existence, Transcendance (modèle ET). La juxtaposition de ces textes d’âges différents ne nuit pas à cette présentation. Au contraire, elle montre un cheminement et une progression qui sont les miens. Il est bon que le lecteur s’inscrive aussi dans cette progression et ne prenne pas tout simplement le dernier état des lieux comme un acquis qui pourrait à nouveau devenir dogme. Faut crapahuter ici comme dans la vie !

 

Quatrième partie :

la psychanalyse pléni-intégrative,
le logiciel analytique
et le modèle Essence/Existence/Transcendance

 

Si, de temps à autre, je me permets cette écriture désinvolte et impériale directement dictée par l’évidence EMIque, c’est qu’il y a en contrepoint une rigueur méthodologique rarement observée en psychothérapie/psychanalyse. C’est la méthode structuraliste que nous visiterons dans toute sa rigueur avec le mythe dogon. Eh bien, ici, nous constituons un nouvel ensemble en réunissant les trois familles analytiques psycho- socio- et somato-. Il en résulte ses invariants (ou facteurs communs) au nombre de deux : le logiciel analytique et la cure séquentielle. Cette dernière, nous venons de la présenter dans ses quatre temps. Le logiciel sera développé dans ses principales caractéristiques. Et comme cet ensemble analytique est plus que l’addition de ses parties, il nous gratifie de sa grande trouvaille : l’EMI mène à son terme ce qui a été initié par le rêve. Elle institue l’état transconscient au-delà de l’inconscient et du conscient. Cet ensemble, c’est la psychanalyse pléni-intégrative® fondée définitivement dans ce texte. Il ne s’agit pas d’un nouveau système minutieusement protocolé, mais d’une démarche chaque fois personnalisée, construite sur la base des invariants et avec toutes les variables possibles.

Le fil conducteur de cette psychanalyse pléni-intégrative se concrétise dans notre modèle Essence/Existence/Transcendance. Nous allons plus loin que les trames proposées par Freud (inconscient  préconscient  conscient ; ça  surmoi  moi),

par Reich (cuirasse musculo-caractérielle  éveil et circulation énergétiques  réflexe orgastique) ou par Jung (persona  ombre  animus/anima  Soi).

Nous partons aussi des informations inconscientes (au sens des neurosciences), passons par le conscient (focalisé et réducteur) et ouvrons aux ressources transcendantes (essence de l’énergie, nature de l’esprit, intime du lien) qui nous transposent dans l’état d’être transconscient et la plénarité. L’inspiration vient en grande partie de l’EMI qui va inspirer tout le tome.

 

 

Tome II

Expérience de Mort Imminente (EMI) et Processus Organisateur de l’Humain (POH)

L’OntoCode

Révélations, Manifestations, Enseignements

Nous attaquerons cet univers que représente l’EMI. Nous en décrirons les trois occurrences, traumatique, extatique et analytique. Nous détaillerons ses cinq séquences découpées chacune en subversion (de structure) et en submersion (par les ressources). Nous observerons les modes de réception individuels et sociaux de cet évènement extrême et discuterons de leurs dérives professionnelles et culturelles. Car, s’il s’agit bien du processus suprême de l’humain, il ne doit pas laisser indifférent. L’EMI est tellement complexe qu’on ne peut pas la conceptualiser mais seulement la décrire phénoménologiquement. Nous nous porterons en faux contre tous ceux qui veulent en faire une entité dissociée de l’individu, volée à cet individu. Des références prises aux auteurs à la mode illustrent nos decriptions tout en validant le cycle EMIque en cinq étapes. (Eben Alexander avec sa « Preuve du Paradis », et Sogyal Rinpoche avec le Livre tibétain de la vie et de la mort).

C’est probablement la première fois que sa vraie place est accordée à l’EMI, avec sa totale reconnaissance mais sans l’hystérie des expérienceurs trop enthousiastes et sans le recours aux prétentions scientifiques indues. Pour cela, il fallait l’ expertise d’un médecin, psychiatre, psychanalyste, somato-, anthropologue et … ancien religieux. Cet ensemble d’expériences débouche sur un invariant étonnant, à savoir le bon sens. Dans notre domaine psy et onto- (l’être) les explications les plus simples sont les meilleures. Pas besoin de quantique (physique), le Cantique des cantiques suffit. Et c’est néanmoins énorme, comme l’amour que chante ce cantique.

 

Pause, panne d’inspiration, et joie.

Ou plutôt, prudence à ne pas me laisser emporter par une écriture qui commence à devenir maniaque au-delà de l’EMIque. Je descends au caveau et allume la télé. Arte, dimanche soir, pour le concert. C’est la neuvième. Emotion. Larmes à l’œil. C’est la seule fois que j’avais emmené ma mère au concert, pour la neuvième symphonie de Beethoven. Elle avait appris le piano mais moi je ne l’ai plus entendu à moins que, dans l’amnésie infantile ! Mon père faisait vibrer le violon. Ils devaient jouer en duo. Plus tard, il s’est mis au baryton dans une orféon .

Au couvent, on m’assenait les preuves de l’existence de Dieu. Aujourd’hui, cette preuve, c’est J.S Bach et la neuvième. Ecoutant, regardant, méditant, lisant le texte français en incrustation, tout d’un coup vient l’évidence. Mais c’est le cycle EMIque. C’est inspiré par l’Expérience de Mort Initiatique. La musique fait tomber les clivages (formatés) et éveiller les ressources transcendantes. Vous voulez y goûter ? En voici des extraits, de l’hymne à la joie de Schiller, traduction de wikipedia revue et corrigée par moi-même.

 

L’hymne à la joie de Friedrich Schiller


« O joie ! divine et belle étincelle,
fille élyséenne,
ivres et enflammés, nous pénétrons
ton saint royaume, o céleste.


Tes magies à nouveau relient
ce que la mode a gravement démis.
Tous les êtres deviennent frères
là où ton aile tendre se déploie…


La joie, tous les êtres la tète
aux mamelons de la nature.
Qu’ils soient bons, qu’ils soient mauvais,
ils suivent tous tes traces dans la roseraie.


Frères, suivez joyeux votre trajectoire
comme un héros va vers la victoire.
Enlacez-vous tous par millions !
donnez le baiser au monde entier.


Frère, au-dessus du dôme étoilé
il doit y avoir un père aimé…
Pressens-tu le créateur, ô monde ?
Cherche-le par delà les étoiles.

 

D’où vient cette inspiration ? Il y a de l’énergétique dans cette joie. Il y a des sons, de la lumière, des étoiles et de l’évidence. Il y a l’amitié, l’amour et les êtres virtuels. Est-ce que ça viendrait de la culture ou de l’inconscient collectif de Jung ? Ça passe aussi par là. Mais ça part surtout du tréfond de l’être, de ses ressources transcendantes que l’EMI manifeste.

Pause encore, digression et lecture du journal

Voici encore une réaction EMIque. Un grand pédagogue français, puisqu’il s’agit de Philippe Meirieu, se fait interviewer dans notre journal régional, les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA 28/08/16 p.8) avec le titre suivant : « Les savoirs unissent, les croyances séparent ». Ça semble évident. En tout cas tout le monde est formaté pour opiner. Ça sent bon les Lumières et la laïcité (Jules Ferry). Ça reprend même l’actualité du burkini. Eh bien non ! Il s’agit d’une pensée automatique ainsi que l’appelle le cognitivisme. Auparavant on se contentait d’y voir une idée fixe. Eh bien, c’est faux, au regard de l’évolution du monde. Aujourd’hui, le thérapeute que je suis, le psychiatre et sociologue, s’inscrit en faux. La réalité nouvelle, la voici : « Les savoirs détruisent, les croyances humanisent ».

Vous commencez à entendre que ce sont les savoirs anciennement « durs », à savoir les sciences dites telles, qui détruisent la planète et risquent l’extermination de l’humanité avec leur bras armé, la technologie. Hier encore, dans le même journal régional, on nous annonce que la chaleur de l’été (28° à 30° C) fait fondre le permafrost de la Sibérie (près de la moitié de la Russie) et libère des rennes enfuis avec leur anthrax, un risque d’épidémie catastrophique, pire qu’Ebola et Zika réunis.

Et avec des croyances, ça irait mieux ? Oui, ça donne de l’espoir. Parce que les croyances multiples ne sont que les formes diverses (les variables) d’un processus bio- physio- et psycho-logique invariant et commun à toute l’humanité. Je pense évidemment à l’EMII (Expérience de Mort Imminente/Initiante) et au POH, le processus organisateur de l’humanité, et à l’éthique que tous deux constituent.

Enfin quelque chose de commun aux sept milliards. Les croyances rendent humains. Elles restent surtout le dernier espoir d’éviter la catastrophe qui s’annonce. J’ai quand même lu les intertitres de l’interview de Meirieu : « le laxisme, c’est quand un 13 en physique rattrape un 7 en français ». Eh bien non, cher monsieur. Ça s’appelle transversalité, pluridisciplinarité et intégration. L’ensemble est plus que l’addition des parties.

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