Voilà plein de promesses. La psychanalyse qui intègre pleinement. L’EMI qui manifeste le fondement ultime de l’humain. L’analyse enfin en son logiciel, qui décompose l’homme complexe en ses éléments constitutifs et qui révèle son code source. Pouvons-nous tenir la promesse ? Les chapitres à venir et la conclusion relèvent le défi. Aller au bout du chemin alors que la psychanalyse classique ne fait que mi-parcours. Elle nous emmène de l’inconscient au conscient, de l’insu à la théorie. Maintenant faut pousser jusqu’au transconscient et à la transcendance.

 

Retour à la quatrième partie :

la Psychanalyse Pléni-Intégrative
et son programme :
le modèle Essence > Existence  > Transcendance (ET)

 

Çà se travaille, évidemment. Dans le caisson de l’IRMf, on observe que la modification de l’état de conscience « synchronise » le fonctionnement du cerveau. Ça connecte et reconnecte les circuits différenciés et ça débouche sur la plénitude. Dans le corps, ça se « syntonise » : la musculature lisse des viscères se met dans la tension génératrice de la volupté énergétique. Et le cœur, de son côté, se « sympathise ». Ce qui surgit subitement en EMI traumatique, se travaille ici patiemment. Nous indiquons les modes d’emploi.

La psychanalyse, élargie aux somato- et socio- analyses, en est l’un des accès privilégié. Les mots qui désignent ces nouvelles étapes peuvent déranger. Plénarisation, plénitude, transconscient, transcendance. Vous connaissez certainement déjà l’un ou l’autre de ces processus et états d’être. Mais à présent, il faut les caractériser, phénoménologiquement, et les rendre opérationnels. Ça se passe simplement dans nos vies quotidiennes : volupté, félicité, agapé (=amour). Mais les patients ne connaissent pas et les analysants languissent après. Ça se passe dans nos corps, esprits et cœurs. Encore faut-il savoir comment. On laissait cela aux clergymen, gourous et autres magnétiseurs. Non, ça nous concerne pleinement. L’EMI nous en apprend l’essentiel. Que provoque la fabuleuse musique de la neuvième ? Elle fait fondre nos blocages et structures trop rigides. Puis elle nous submerge des ressources qui nous transcendent. Chez Schiller, les mots sont plus simples et parlants : joie, ivresse, magie, reliance, frère, père, dieu, baisers, victoire, enlacement, étoiles, nature. J’oubliais, l’amour. Ce modèle ET (comme l’extraterrestre tout chou) nous cueille dans notre essence (les processus inconscients), nous accompagne dans l’existence (consciente et opérationnelle) et prône notre meilleure part, transcendante. ET n’oublie pas la mort et l’annonce même comme l’extase suprême. Voilà pour ce nouveau programme de la psychanalyse (ici, pléni-intégrative). Il enlève la peur de la mort et nous prépare à l’extase. Chez les larrons crucifiés aux côtés de Jésus, celui qui rejette la contrition est voué à l’enfer, celui qui lâche prise est promis au paradis. Pouvez-vous, vous aussi, subvertir vos nouvelles préventions ? Car ce n’est pas terminé.

L’EMI n’est que la manifestation ponctuelle du
Processus Originaire de l’Humanisation.
Par conséquent, il jette les fondements de l’éthique qui garantit la transcendance humaine.

 

That’s it. Jetez à nouveau ce livre dans un coin. Criez un bon coup. Plus fort, pour que l’énergie se libère et vous inonde de volupté. Car la psychanalyse n’est pas seulement un savoir mais plus encore un savoir-faire et un savoir-être. Et ça passe aussi par la lecture de ce livre. Y-a-t-il encore un coin où le jeter ?

J’ai annoncé la véritable avancée épistémique (en savoir) et scientifique (en validation) avec cette expression étrange qu’est POH, Processus Organisateur de l’Humanité. Cela renvoi l’EMI au simple rôle de manifestation de ce POH. Là nous entrons dans le monde des hypothèses, comme Freud (avec l’inconscient), Moody (avec la conscience délocalisée). Pourtant, l’évidence triomphe là encore.

Il y a des centaines de milliers d’années, un être humain a émergé de la vie animale et s’est différencié (de 2% par rapport au génome des grands singes) mais beaucoup plus psychologiquement et socialement. C’est nous qui mettons ces singes en cage et pas l’inverse. Eh bien, l’hypothèse, je le répète, veut que le processus d’humanisation s’exprime par l’EMI. Sinon, What else ? Qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ? Il faut que ce soit un processus unique et universel comme seul l’EMI le réalise. CQFD. L’enjeu est tellement énorme qu’un peu d’humour évite le stress et le clivage. Pas d’OBE (Out of the Body Experience). Faut garder les pieds sur terre, il y a 270000 années, en Afrique du Sud. Bien plus tôt ailleurs. Et pour aggraver mon cas, laps et relaps : ce processus d’humanisation universel qui se révèle par l’EMI fonde l’éthique humaine et la mystique.

En attendant nous ne possédons vraiment que les deux bouts : l’EMI d’un côté et l’éthique de l’autre. Le POH est au milieu, c’est comme moi entre mon grand-frère et ma petite sœur. Et vous savez combien je me suis démené pour exister. En attendant, c’est l’EMI que nous tenons fermement. Nous retrouvons les nœuds borroméens de Lacan. Si l’un des anneaux lâche, tout se défait. Cultivons donc notre anneau EMIque au moins autant que les anneaux reichiens (et chakras). Expérimentons. Dégustons. Comme un Nespresso. What else ?

Avant de foncer tête baissée dans les trois premières parties à la facture bien classique, je vous propose un nouveau rallye à travers le cycle EMIque et, ce coup-ci, en tant que lecteur.

L’immersion dans cette lecture pourrait être
une psychanalyse (sauvage ?) et
une Expérience de Mort Initiante

 

Après m’être permis une écriture EMIque, je vous propose une lecture EMIque et donc analytique. Reprenons le cycle EMIque et appliquons-le à vous-même. Cinq étapes (plus une). Chaque étape en deux séquences : subversion de structure et submersion par les ressources transcendantes.

Etape 1 : Subversion de la structure clivante et envahissement du bien-être

Vous pouvez vous coltiner cette lecture pour différentes raisons :

  • enrichir votre savoir avec de la théorie,
  • acquérir de l’avoir avec de nouvelles méthodes,
  • développer votre pouvoir de thérapeute,
  • ou, plus prosaïquement, faire votre devoir.

Voilà les attitudes un peu rigides qui constituent les structures clivantes et qui vous empêchent de vous immerger dans leurs antidots : l’intuition, l’empathie et le feeling dont nous avons fait l’attitude même de l’analyste. Mais comment faire ? Prenez la main qui vous est tendue ici. Certes ce n’est pas celle d’un universitaire, ni d’un gourou, ni de quelqu’un de bien connu. Et pourtant vous pouvez trouver ici rien moins que le Graal. « Par contre il est prétentieux ! » Acceptez juste ceci : ce livre est traversé par quatre fils conducteurs. Quatre, c’est déjà pas mal, contrairement au marketing politique. Et quel est leur fil conducteur à eux ? Une seule idée par jour, à marteler sans modération ! A l’inverse, les voici, les nôtres, les quatre :

  • une réflexion professionnelle classique sur les psychanalyses existantes; ça donne certes du savoir mais y a du neuf en plus ;
  • la critique de ce classicisme pour ne pas dire archaïsme, par toutes nouveautés : autres psychothérapies et nouvelles (somato- et socio-) analyses, neurosciences, psychologie expérimentale, mises à jour anthropologiques et spirituelles ;
  • une démarche personnelle de soixante années, la mienne, comme GPS à suivre (éventuellement) dans sa créativité générative : quinze nouveautés majeures que vous lirez dès que vous aurez subverti la structure corporelle et accepté mon écriture parfois EMIque ;
  • enfin, votre lecture EMIque à vous que je stimulerai régulièrement.

N’oublions pas que la psychanalyse est foncièrement expérientielle et qu’elle ne vaut que tant qu’elle suscite ces vécus personnels que nous susciterons longuement. L’EMI traumatique est un vécu expérientiel et l’EMI initiatique l’est tout autant. A moins que ça, ce n’est que devoir et ce dernier est passé de mode. O.K. Çà lâche ? Ça fait du bien de s’accrocher à ces quatre brins. On pourrait les tresser en natte, çà ajouterait de la sécurité au fun. Et çà éveillerait progressivement, une douce euphorie. Quinze nouveautés, dites donc, plus quelques autres !

Etape 2 : Subversion de la structure corporelle et engagement dans la volupté énergétique

« Il se moque de nous. Mais ça me titille. Et si des fois. Je me sens déjà mieux. » Çà titille dans le ventre et aiguise l’esprit. J’y vais, j’y vais pas ? Je me laisse submerger ? Il nous promet quinze innovations, créations de méthodes, nouveaux concepts, jusqu’aux origines de l’humanité… A défaut de coup de massue sur la tête ou de caillots dans vos coronaires, à savoir trauma et coma, ou en alternance avec vos méditations habituelles, vous pouvez aussi ressentir que quelque chose d’important se passe, à commencer dans votre ventre. Voici ces premiers apports :

  • l’officialisation des thérapies psycho-corporelles sous les termes scientifiques à racines grecques : somatothérapie, somatoanalyse, et somatologie leur science spécifique ;
  • l’abord pluriel des psychothérapies, somatothérapies et sociothérapies et leur intégration par la méthode structuraliste qui en fait ressortir les deux invariants : la caractéristique de l’être thérapeute et la cure séquentielle ;
  • le développement de la quatrième et dernière étape de l’intégration des psychothérapies grâce à son extension exhaustive à toutes les méthodes, à la rigueur méthodologique et épistémologique et à la mise en œuvre personnalisée par chaque praticien ;
  • la même démarche intégrative des théories psy par la modélisation de la situation thérapeutique en un schéma structuro-fonctionnel qui se décline en six modèles spécialisés ;
  • en particulier les modèles positionnel (socio, duo, solo), ontogénétique (six étapes de développement) et ontodynamique (maîtrise, jouissance, expérience plénière, volonté d’expansion) ;
  • l’intégration des centaines (quatre cents pour le DSM 5) de pathologies par le modèle ontopathologique;
  • le modèle sociodynamique avec ses quatre constellations successives : conflit, sécurité, consensus, don altruiste.

On n’est qu’à sept nouveautés et je n’ai pas insisté sur ce que nous verrons longuement, à savoir les trois somatoanalyses, de groupe, en duo et solo. Le titillement dans le ventre continue-t-il, se déplace-t-il, monte-t-il vers le diaphragme et le thorax ? Ou se coince-t-il dans un chakra/anneau reichien précis ? Dans ce dernier cas, vous pensez peut-être que c’est un bel opportuniste (l’intégration est à la mode), un organisateur avisé (ne semble-t-il pas se prévaloir du numérique ?) et un mec culotté. En fait, rien que pour ces sept premiers sauts systémiques, il se passe quelque chose de remarquable que j’appellerai la créativité générative. Chaque étape, qui est un évènement en soi, génère l’étape suivante, apparemment sortie de nulle part mais logiquement reliée et générée par les précédentes. Noam Chomsky a promu une « grammaire générative » innée et non pas apprise. L’enfant comprend et apprend le langage spontanément. L’enrichissement de notre démarche est analogue. Il retrouve tout simplement ce qui est là, inné. Encore faut-il le réceptionner après l’avoir inconsciemment cherché ! La suite éclairera bien mieux cette psychologie/psychothérapie générative que j’appelle Ontopsy(-chologie).

  • Les principales psycho-somatothérapies se combinent en un protocole de méditation, la Pleine Présence, qui se propose comme quatrième temps de la cure séquentielle ;
  • la thérapie respiratoire baptisée rebirth est transposée dans un cadre analytique, pneumo-analytique, qui devient le laboratoire expérimental de l’EMI (Expérience de Mort Imminente / Initiante) ;
  • l’approche plurielle et intégrative des psychanalyses, somatoanalyses et socioanalyses, débouche sur la psychanalyse pléni-intégrative elle aussi construite en une cure séquentielle ;
  • cette approche exhaustive et intégrée complète le programme de la psychanalyse classique (inconscient è conscient ; çà è moi) par le modèle ET, « Essenceè Existenceè Transcendance ».

Le vécu EMIque s’arrête très souvent à la deuxième séquence du cycle EMIque, émotionnelle et énergétique, soit que l’élan énergétique ne soit pas assez intense soit que des structures corporelles l’inhibent. Pour la lecture, c’est pareil. Onze nouveautés, ça ébranle, ça déménage. Mais onze, c’est peut-être too much ? Sinon, ça commence à grouiller dans les méninges et peut-être même dans la culotte. On laisse la curiosité s’entêter et descendre ?

On l’aura compris, mais je le répète. Toutes ces innovations se sont succédées dans le temps, en quarante ans. Chaque acquis générait tout d’un coup une nouvelle création sur le mode de la sérendipité, là où je ne cherchais rien sinon d’être enfin tranquille et stabilisé.

Voici, en apéritif, le tableau fondateur de cette Onto-Psy tel qu’il s’annonce dans mes derniers livres (Meyer 2016)

Tableau : Le modèle Ontopsy, une psychologie « dure », exacte et validée

 

 

Etape 3 : La subversion de la structure mentale et la submersion de l’esprit par l’évidence

Lors des traumas et comas, l’accident perturbe le fonctionnement cérébral. En pneumo, c’est l’hyperventilation qui modifie ce fonctionnement. Pour mon écriture déjantée, je laisse s’exprimer la pression de l’évidence. Sur le divan de la psychanalyse, l’amour transférentiel rompt la langue de bois. Et pour votre lecture ? Je vais essayer de rajouter de la pression. Ça passe (dans l’émerveillement) ou çà casse (trente euros de perdus, le prix du livre !).

  • La reconnaissance définitive de l’Expérience de Mort Imminente (EMI), traumatique, scientifiquement fondée et médicalement validée ;
  • sa reproduction expérimentale lors des pneumanalyses en un processus initiant ;
  • depuis deux mois, l’impérieuse intuition que l’EMI ne serait que la manifestation ponctuelle et consciente du fondement même de l’être humain qu’on peut appeller : « Processus Organisateur de l’Humain » (POH).
  • La reconnaissance définitive de l’Expérience de Mort Imminente (EMI), traumatique, scientifiquement fondée et médicalement validée ;
  • sa reproduction expérimentale lors des pneumanalyses en un processus initiant ;
  • depuis deux mois, l’impérieuse intuition que l’EMI ne serait que la manifestation ponctuelle et consciente du fondement même de l’être humain qu’on peut appeller : « Processus Organisateur de l’Humain » (POH).

Nous sommes au cœur de ce livre, nous poussons enfin la psychanalyse jusqu’à son achèvement qui n’est autre que l’humanisation et l’humanité. Là, évidemment, on laisse tomber les concepts et autres interprétations. On laisse simplement tomber puisqu’on est dans l’essentiel (de la vie) et dans la transcendance (de l’être humain).

Psychanalyse, association libre, interprétation

Nous sommes aussi au cœur de la psychanalyse. Dans le cadre classique, on parle, on discourt. Pourquoi, tout d’un coup, une résistance cède-t-elle pour donner libre court à une nouvelle association, association qui sourd du tréfond de (la nature de) l’esprit ? Dans la variable freudienne, çà ne sourd pas tant que çà et ça n’émerge pas de très loin, pour deux raisons. D’abord on cherche des réponses. On fouille les tréfonds mais on les couvre (trop) vite de leur trappe : « c’est l’inconscient, c’est l’Œdipe, c’est papa/maman ». Ensuite, avec l’obligation de parler, on s’oblige à maintenir la structure langagière : mot juste, syntaxe exacte, adéquation des expressions et sensations… Sinon, c’est lapsus linguae, un dérapage qui aura illico son interprétation. Jacques Lacan a joué à déconstruire les mots : « Westminster, où est ce mystère ? » ; « je père sévère », à la dissolution de son école. Est-ce que ça suffit pour subvertir la structure mentale et se laisser submerger par le « ah ha de l’interprétation juste » (encore Jacques Lacan) ?

Carl Gustav Jung, lui, suscitait beaucoup mieux ces subversions et submersions de l’esprit. Il privilégiait les « grands » rêves qui déroulent tout le cycle EMIque et il amenait ainsi à en faire de plus en plus, de ces rêves archétypaux. C’est du conditionnement opérant ‘‘Je ne cause que si vous racontez des ’’grands rêves’’ ! Nous le verrons plus loin dans le chapitre sur les rêves. De plus, il proposait de l’artthérapie et demandait de dessiner/peindre comme lui-même le faisait dans son fameux Livre Rouge. Cet énorme volume trônait toujours dans son cabinet et il complétait texte et peintures entre deux patients. La socioanalyse passe rapidement sur la nature de l’esprit (puisque là aussi il faut communiquer) mais favorise l’intime du lien dès que le groupe accède au consensus et au don altruiste. Mais c’est la somatoanalyse qui excelle dans l’accès au cycle EMIque : volupté, agapé (amour) et épistémé (savoir et intuition).

Alors, votre lecture est-elle analytique, découvrante, EMIque, fondatrice ? Spécialiste de la psychanalyse ou jeune disciple, pouvez-vous vous laisser imprégner par la présentation des différentes variables de cet art (Freud, Lacan, Jung, socio-, somato-) ? Ou reste-t-il encore un coin dans votre salon pour y jeter le livre ? Ça nous permet d’annexer aussi Ferenczi. Il parait qu’il avait acheté « l’Interprétation des rêves » de Freud (son voisin de 300km, Budapest-Vienne) mais l’a soigneusement rangé en enfer (le lieu où l’on cache les livres dangereux chez les curés) avant de le redécouvrir un an plus tard dans l’exaltation que nous imaginons. Il est devenu le disciple chéri de Sigmund et le fol espoir de gendre idéal. Mais la fille, Anna, fantasmait de fessées (sur cul nu) de la part de son papa et a viré (non, on l’est tout court) lesbienne.

Ces allusions font autant potins (de la commère) qu’interprétation freudienne (scène primitive, homosexualité latente, perversion polymorphe etc). Est-ce que çà fait enfin lâcher, là-haut, dans la tête ? Mais peut-être n’avez-vous aucun avis préalable sur la question. Vous découvrez, vous vous documentez, vous apprenez. Et il se passe quoi ? Eh bien des associations plus ou moins libres, des connexions, des interprétations. Moi-même j’associe joyeusement…

A la prochaine, dans quinze jours.

Socioanalyse

Nous continuons à introduire ce livre avec la présentation des socioanalyses (analyse de couple, famille et groupe). La socio-somatanalyse, ma première création (il y a quarante ans) est une arme absolue à la fois verbale, corporelle et sociale, directive et analytique, de durée courte, moyenne et longue… avec émotion, cri et contact tactile. Et, surtout, elle a révélé la trame universelle de la vie des groupes : conflit ⇒ sécurité ⇒ consensus ⇒ don altruiste. C’est le SocioCode.

La confirmation de cette « sociodynamique » se fait scientifiquement par :

  • la répétition des expériences par les centaines de praticiens formés qui observent le même résultat ;
  • la référence aux principaux psychanalystes de groupe chez qui on retrouve les quatre étapes fondatrices du groupe.

On retrouve l’Expérience de Mort Imminente/Initiante qui inspire l’hymne à la joie de Schiller et Beethoven et nous exalte nous -mêmes dans la joie indicible de déboucher sur la merveille EMIque. Cette dernière révèle l’Ontocode, universel lui aussi, et la nouvelle OntoSynthèse qui complète et parachève la Psychanalyse seulement Psy !

Troisième partie :
les socioanalyses

Les somatoanalyses et les socioanalyses sont encore des nains face au géant psychanalytique, ceci au niveau de la notoriété et donc du nombre de cures. Mais elles constituent le véritable renouveau là où la psychanalyse classique recule. Ce livre œuvre à cette résurrection. La socio-somatanalyse insiste sur les marqueurs corporels et relationnels de la sécurisation et du consensus. J’ai accompagné un groupe de patients pendant vingt-cinq années (groupe à renouvellement lent) pour des cures de 2 à 3 années. Et chacun de mes douze cents élèves a participé une dizaine de fois à cette analyse (séances de quatre heures). Et la fée est arrivée, à savoir le modèle sociodynamique. Tout groupe qui en a le temps, quels que soient ses membres, passe par quatre constellations : conflit, sécurité, consensus, don altruiste. Chacune de ces organisations développe autant de capacités, capabilités, états d’être, que seul le groupe peut susciter et stabiliser.

Comme je le communique aux élèves, j’ai la grande modestie de croire que ce modèle sociodynamique est absolu et universel. Je l’ai donc appelé SocioCode. Pour le fonder, en partie du moins, je me réfère aux principaux psychanalystes de groupe : Foulkes, Bion, Mendel, Anzieu, Kaes, les Argentins Pichon et Bléger notamment. Leurs travaux corroborent notre sociodynamique sauf pour la quatrième constellation, le don altruiste. Les Français taxent la troisième étape, le consensus, d’illusion groupale et ne peuvent donc pas accéder au don (des anthropologues comme Marcel Mauss). Ce modèle sociodynamique (du groupe) est totalement différent du modèle psychodynamique (de l’individu) de Freud. Il constitue un nouveau code source, pas secret du tout, celui de toute dynamique de groupe qu’il suffit d’observer en son déroulement.

La sociodynamique constitue tout autant la trame de cet autre groupe qu’est la famille. C’est grâce à la formation aux thérapies familiales que j’ai pu centrer mon enseignement sur trois écoles exemplaires, celle de Minuchin abordant le système familial comme structure, celle de Boszormenyi-Nagy insistant sur les valeurs communes au groupe familial et à la loyauté qu’elles engendrent et celle de Bowen qui travaille à la différenciation de chaque membre de la famille. Il s’est avéré que ces trois spécificités correspondent aux trois dernières constellations sociodynamiques :

  • la structure de Minuchin garantit la sécurité,
  • la loyauté de Boszormenyi-Nagy crée le consensus,
  • la différenciation de Bowen découle du don altruiste de la famille à chacun de ses membres.

Cette approche des écoles systémiques confirme également notre modèle sociodynamique que nous décrirons longuement à travers deux ateliers thérapeutiques. Le dernier chapitre de cette troisième partie se complète de l’essentiel de ma thèse de doctorat en sociologie et ethnologie. Il procède à l’analyse structurale du mythe dogon. Deux intérêts ont guidé la reprise de ce texte. D’abord la beauté du mythe qui n’est autre que la psychologie et la mystique de la société traditionnelle. Freud, Lacan et tous les grands psychanalystes ont toujours recommandé l’approche transversale, anthropologique en particulier. L’autre intérêt illustre cette nécessaire ouverture puisqu’il s’agit rien moins que de l’application stricte de la méthode structuraliste de Claude Lévi-Strauss que nous utilisons pour l’intégration des méthodes et des théories. Sa spécificité se manifeste généreusement puisque la structure du mythe correspond au modèle structuro-fonctionnel, que nous développons dans ce livre. (En séparant cette grande œuvre en deux tomes, j’ai déplacé l’analyse du mythe au tome II).
Le rêve, l’EMI et le mythe nous emmènent au-delà des seuls protocoles et exercices thérapeutiques et dépassent les seules théories et hypothèses intello. Nous sommes en pleine analyse, psycho- socio- et somato-, et dans l’intégration que nous développons dans la quatrième partie.

Le doute (théorique) systématique

Dans cette introduction, j’insiste surtout sur la pratique, sur l’organisation des cures et sur la méthodologie qui intègre tout cet expérientiel, et je néglige quelque peu la théorie. Or, la psychanalyse s’enorgueillit de sa science magnifiée en métapsychologie. Pourtant, de nos jours, cette dernière est un boulet parce que ces hypothèses remontent à cent ans d’âge. La science avance mais les psychanalystes procrastinent par loyauté au maître. Nous verrons cela très clairement avec la psychanalyse de groupe française qui postule un inconscient de groupe, un appareil psychique groupal et la malheureuse illusion groupale. Or un groupe n’a ni inconscient ni appareil psychique et ne s’arrête pas au consensus. Un groupe n’est que communication et sociodynamique et débouche sur le don altruiste.

Pour ne pas coincer dans ces impasses de loyauté, il aura fallu recourir à Descartes et à son doute systématique. Le nouveau protocole somatoanalytique fonctionnait (presque) tout seul. Il suffisait d’observer puis, peu à peu de généraliser par degrés d’abstraction successifs. Le résultat ne s’est pas fait attendre longtemps. Les algorithmes ont afflué et assuré l’opérationnalité de ce travail : modèle structuro-fonctionnel, schéma de position (socio-, duo-, solo), six étapes du développement personnel, les quatre étapes de la sociodynamique. Mais ce sont les deux découvertes suivantes qui font ma fierté et l’espoir de grands changements à venir : la cure séquentielle et le code source inconscient qu’est l’EMI, héraut du héros fondateur, le POH. Du dernier, il en sera longuement question dans le tome II. Quant au premier, en voici le tableau repris des deux précédents tomes auxquels on se référera (Meyer 2016). Toute psychothérapie qui se prolonge bascule spontanément aux séquences suivantes selon un ordre temporel. La psychanalyse y trouve sa place en son 3ème temps.

 

Quant aux théories, nous ne reprenons pas les concepts freudo-lacaniens par pure loyauté. Au contraire, nous observons les nouvelles variantes du logiciel analytique et réfléchissons à partir d’elles. Le résultat est un fantastique enrichissement de tout le corpus psy.

Ce livre constitue donc la réédition de la partie analytique du « Manifeste ». (Chapitres 1, 6, 7, 8, 10). Il réédite aussi les meilleures pages d’un livre plus ancien « Freud Encorps, la psycho- et socio-somatanalyse et le théorème de l’humain » (chapitres 2 à 5, 9 et 11) (Meyer 1995). Il propose aussi des textes inédits sur la socio-somatanalyse et la sociodynamique (chapitres 12, 13) ainsi que deux chapitres de « Stress Angoisse Pulsion de Mort » (Meyer 2011). Toute la quatrième partie est originale et récente. Elle fonde la psychanalyse pléni-intégrative, son code source, l’EMI, et son programme : Essence, Existence, Transcendance (modèle ET). La juxtaposition de ces textes d’âges différents ne nuit pas à cette présentation. Au contraire, elle montre un cheminement et une progression qui sont les miens. Il est bon que le lecteur s’inscrive aussi dans cette progression et ne prenne pas tout simplement le dernier état des lieux comme un acquis qui pourrait à nouveau devenir dogme. Faut crapahuter ici comme dans la vie !

 

Quatrième partie :

la psychanalyse pléni-intégrative,
le logiciel analytique
et le modèle Essence/Existence/Transcendance

 

Si, de temps à autre, je me permets cette écriture désinvolte et impériale directement dictée par l’évidence EMIque, c’est qu’il y a en contrepoint une rigueur méthodologique rarement observée en psychothérapie/psychanalyse. C’est la méthode structuraliste que nous visiterons dans toute sa rigueur avec le mythe dogon. Eh bien, ici, nous constituons un nouvel ensemble en réunissant les trois familles analytiques psycho- socio- et somato-. Il en résulte ses invariants (ou facteurs communs) au nombre de deux : le logiciel analytique et la cure séquentielle. Cette dernière, nous venons de la présenter dans ses quatre temps. Le logiciel sera développé dans ses principales caractéristiques. Et comme cet ensemble analytique est plus que l’addition de ses parties, il nous gratifie de sa grande trouvaille : l’EMI mène à son terme ce qui a été initié par le rêve. Elle institue l’état transconscient au-delà de l’inconscient et du conscient. Cet ensemble, c’est la psychanalyse pléni-intégrative® fondée définitivement dans ce texte. Il ne s’agit pas d’un nouveau système minutieusement protocolé, mais d’une démarche chaque fois personnalisée, construite sur la base des invariants et avec toutes les variables possibles.

Le fil conducteur de cette psychanalyse pléni-intégrative se concrétise dans notre modèle Essence/Existence/Transcendance. Nous allons plus loin que les trames proposées par Freud (inconscient  préconscient  conscient ; ça  surmoi  moi),

par Reich (cuirasse musculo-caractérielle  éveil et circulation énergétiques  réflexe orgastique) ou par Jung (persona  ombre  animus/anima  Soi).

Nous partons aussi des informations inconscientes (au sens des neurosciences), passons par le conscient (focalisé et réducteur) et ouvrons aux ressources transcendantes (essence de l’énergie, nature de l’esprit, intime du lien) qui nous transposent dans l’état d’être transconscient et la plénarité. L’inspiration vient en grande partie de l’EMI qui va inspirer tout le tome.

 

 

Tome II

Expérience de Mort Imminente (EMI) et Processus Organisateur de l’Humain (POH)

L’OntoCode

Révélations, Manifestations, Enseignements

Nous attaquerons cet univers que représente l’EMI. Nous en décrirons les trois occurrences, traumatique, extatique et analytique. Nous détaillerons ses cinq séquences découpées chacune en subversion (de structure) et en submersion (par les ressources). Nous observerons les modes de réception individuels et sociaux de cet évènement extrême et discuterons de leurs dérives professionnelles et culturelles. Car, s’il s’agit bien du processus suprême de l’humain, il ne doit pas laisser indifférent. L’EMI est tellement complexe qu’on ne peut pas la conceptualiser mais seulement la décrire phénoménologiquement. Nous nous porterons en faux contre tous ceux qui veulent en faire une entité dissociée de l’individu, volée à cet individu. Des références prises aux auteurs à la mode illustrent nos decriptions tout en validant le cycle EMIque en cinq étapes. (Eben Alexander avec sa « Preuve du Paradis », et Sogyal Rinpoche avec le Livre tibétain de la vie et de la mort).

C’est probablement la première fois que sa vraie place est accordée à l’EMI, avec sa totale reconnaissance mais sans l’hystérie des expérienceurs trop enthousiastes et sans le recours aux prétentions scientifiques indues. Pour cela, il fallait l’ expertise d’un médecin, psychiatre, psychanalyste, somato-, anthropologue et … ancien religieux. Cet ensemble d’expériences débouche sur un invariant étonnant, à savoir le bon sens. Dans notre domaine psy et onto- (l’être) les explications les plus simples sont les meilleures. Pas besoin de quantique (physique), le Cantique des cantiques suffit. Et c’est néanmoins énorme, comme l’amour que chante ce cantique.

 

Pause, panne d’inspiration, et joie.

Ou plutôt, prudence à ne pas me laisser emporter par une écriture qui commence à devenir maniaque au-delà de l’EMIque. Je descends au caveau et allume la télé. Arte, dimanche soir, pour le concert. C’est la neuvième. Emotion. Larmes à l’œil. C’est la seule fois que j’avais emmené ma mère au concert, pour la neuvième symphonie de Beethoven. Elle avait appris le piano mais moi je ne l’ai plus entendu à moins que, dans l’amnésie infantile ! Mon père faisait vibrer le violon. Ils devaient jouer en duo. Plus tard, il s’est mis au baryton dans une orféon .

Au couvent, on m’assenait les preuves de l’existence de Dieu. Aujourd’hui, cette preuve, c’est J.S Bach et la neuvième. Ecoutant, regardant, méditant, lisant le texte français en incrustation, tout d’un coup vient l’évidence. Mais c’est le cycle EMIque. C’est inspiré par l’Expérience de Mort Initiatique. La musique fait tomber les clivages (formatés) et éveiller les ressources transcendantes. Vous voulez y goûter ? En voici des extraits, de l’hymne à la joie de Schiller, traduction de wikipedia revue et corrigée par moi-même.

 

L’hymne à la joie de Friedrich Schiller


« O joie ! divine et belle étincelle,
fille élyséenne,
ivres et enflammés, nous pénétrons
ton saint royaume, o céleste.


Tes magies à nouveau relient
ce que la mode a gravement démis.
Tous les êtres deviennent frères
là où ton aile tendre se déploie…


La joie, tous les êtres la tète
aux mamelons de la nature.
Qu’ils soient bons, qu’ils soient mauvais,
ils suivent tous tes traces dans la roseraie.


Frères, suivez joyeux votre trajectoire
comme un héros va vers la victoire.
Enlacez-vous tous par millions !
donnez le baiser au monde entier.


Frère, au-dessus du dôme étoilé
il doit y avoir un père aimé…
Pressens-tu le créateur, ô monde ?
Cherche-le par delà les étoiles.

 

D’où vient cette inspiration ? Il y a de l’énergétique dans cette joie. Il y a des sons, de la lumière, des étoiles et de l’évidence. Il y a l’amitié, l’amour et les êtres virtuels. Est-ce que ça viendrait de la culture ou de l’inconscient collectif de Jung ? Ça passe aussi par là. Mais ça part surtout du tréfond de l’être, de ses ressources transcendantes que l’EMI manifeste.

Pause encore, digression et lecture du journal

Voici encore une réaction EMIque. Un grand pédagogue français, puisqu’il s’agit de Philippe Meirieu, se fait interviewer dans notre journal régional, les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA 28/08/16 p.8) avec le titre suivant : « Les savoirs unissent, les croyances séparent ». Ça semble évident. En tout cas tout le monde est formaté pour opiner. Ça sent bon les Lumières et la laïcité (Jules Ferry). Ça reprend même l’actualité du burkini. Eh bien non ! Il s’agit d’une pensée automatique ainsi que l’appelle le cognitivisme. Auparavant on se contentait d’y voir une idée fixe. Eh bien, c’est faux, au regard de l’évolution du monde. Aujourd’hui, le thérapeute que je suis, le psychiatre et sociologue, s’inscrit en faux. La réalité nouvelle, la voici : « Les savoirs détruisent, les croyances humanisent ».

Vous commencez à entendre que ce sont les savoirs anciennement « durs », à savoir les sciences dites telles, qui détruisent la planète et risquent l’extermination de l’humanité avec leur bras armé, la technologie. Hier encore, dans le même journal régional, on nous annonce que la chaleur de l’été (28° à 30° C) fait fondre le permafrost de la Sibérie (près de la moitié de la Russie) et libère des rennes enfuis avec leur anthrax, un risque d’épidémie catastrophique, pire qu’Ebola et Zika réunis.

Et avec des croyances, ça irait mieux ? Oui, ça donne de l’espoir. Parce que les croyances multiples ne sont que les formes diverses (les variables) d’un processus bio- physio- et psycho-logique invariant et commun à toute l’humanité. Je pense évidemment à l’EMII (Expérience de Mort Imminente/Initiante) et au POH, le processus organisateur de l’humanité, et à l’éthique que tous deux constituent.

Enfin quelque chose de commun aux sept milliards. Les croyances rendent humains. Elles restent surtout le dernier espoir d’éviter la catastrophe qui s’annonce. J’ai quand même lu les intertitres de l’interview de Meirieu : « le laxisme, c’est quand un 13 en physique rattrape un 7 en français ». Eh bien non, cher monsieur. Ça s’appelle transversalité, pluridisciplinarité et intégration. L’ensemble est plus que l’addition des parties.

Psychanalyse et OntoSynthèse

Les deux textes précédents ont annoncé les deux théories prédominentes : la Psychanalyse de Freud, (et Freud ad hominem), et l’EMI, Expérience de Mort Imminente et Initiante. Quarante années à bousculer le maître pour arriver enfin au-delà. Il a créé la psychologie des profondeurs. Dans le trou à creuser, Freud a buté sur une chape en béton et l’a appelé « inconscient » : arrêtez, y a rien au-delà ! Résignation (à 80 € les trois quarts d’heure et les dix minutes chez les lacaniens).

Eh bien si ! Y a un au-delà ! C’est quand on est sur le point de crever, en trauma ou coma, que les ressources fondamentales s’éveillent, nous guérissent, nous enlèvent la peur de la mort et nous transforment. A suivre, au-delà de l’inconscient !

Ecriture EMIque

Après la création du terme Ontopsy(chologie) (pour recentrer dans l’être, onto-et ne pas rester seulement en psy), je propose l’adjectif EMIque (à prononcer éèmique) pour désigner tout ce qui concerne l’Expérience de Mort Imminente, toute son extension qui se déploie dans ce livre. Pour commencer, nous pouvons postuler une écriture EMIque telle que celle qui introduit ce texte. L’EMI étant la descente absolue dans les profondeurs de l’être, (dans son secret, sa mystique, l’au-delà de l’inconscient et le quantique), sa description fidèle en devient particulière. Certes, le processus de l’Expérience de Mort Imminente est un processus biologique et physiologique et donc un mécanisme invariant et universel. Mais cette « forme basique » (et opérante) ne se révèle que sous des aspects particuliers, personnalisés, comme dans le rêve. C’est la raison pour laquelle on a mis si longtemps à s’entendre sur sa trame en cinq séquences.

Si mon écriture apparait donc parfois désinvolte, décousue, sens dessus-dessous et sans queue ni tête. C’est qu’elle est EMIque. Le contenu rappelle le délire paranoïde, bizarre, fantastique, allant dans tous les sens. Et quand cet écrit retrouve à nouveau les exigences scientifiques, il semble paranoïaque, maniaque et même monomane. Nous verrons plus loin que même la psychose aigüe se déroule en cinq séquences informées par l’EMI. Alors continuons avec une désinvolture assumée, une créativité débridée, animés par l’essence de l’énergie, instruits dans la nature de l’esprit et néanmoins reliés par l’intime du lien.

Mais à quoi peut bien servir la révolution EMIque ? Ça donne de l’affirmation de soi, de l’affirmation tout court, grâce à l’énergie qui s’éveille. Ça connecte à la nature même de l’esprit et à l’évidence qui sommeille en elle. Ça rend proche et donc intime, beau, bon et bien. J’essaye de l’illustrer par le mode d’écriture de ce début de livre. Et ça va même plus loin. Ça jette aussi un autre regard sur l’histoire, l’histoire de vie, mon histoire de vie en l’occurrence.

L’histoire de toute une vie se construit aussi sur le processus EMIque avec subversion et submersion

Je me suis répandu sur mon cheminement dans plusieurs livres. J’ai insisté sur les épreuves, professionnelles en particulier. Je me suis même présenté parfois en victime, oubliant que ça me permet de noircir quelques feuilles supplémentaires. Ce serait tout bénef. Mais aujourd’hui la lumière (de l’esprit) permet un tout autre regard sur mon cheminement sur lequel je vais (encore) me répandre mais, maintenant, comme illustration de la fonction EMIque. Les épreuves de vie ne sont que la subversion des structures qui se sont figées et bloquées. Pour avancer vers l’actualisation des ressources transcendantes, il faut lever ces empêcheurs de tourner … en avant. Et ces ressources, soulignons-le, c’est volupté, félicité et agapé. C’est très sérieux, sans trop se prendre au sérieux.

La subversion de l’héritage familial et l’accès à l’esprit

A mes treize ans, mon grand frère (16 ans) entrait dans l’entreprise familiale pour en prendre la succession et ma petite sœur (4 ans) assurait le bonheur des parents qui en avaient… bavé (deux exodes entre autres, en 1940 et 1944). L’aumônier de la colo où nous allions tous deux avait toutes ses chances en me vantant une vocation religieuse à laquelle j’ai adhérée en cinq minutes. En prenant mes distances avec la structure familiale, j’y trouvais enfin une place. Je trouvais surtout ma place, celle d’un futur intello qui commençait par réprimer sexo. J’ai aussi accédé à la musique (piano et orgue) jusqu’à un niveau appréciable. J’y ai connu satisfaction, apaisement, appartenance, reconnaissance et petites visions (déjà spirituelles).

La subversion des structures institutionnelles et dogmatiques et l’accès à la pensée

A vingt-deux ans, le service militaire et l’université (sociologie et ethnologie) m’ont fait découvrir le monde, plus particulièrement l’autre moitié du monde. J’écris mes hésitations à mon supérieur qui m’enjoint de ne pas réintégrer le couvent. Je me sentais renvoyé et je décris plus loin les cauchemars qui en ont résulté. Mais l’intello s’est libéré et a ajouté médecine aux sciences humaines. De là à glisser vers la psychiatrie, il suffit de suivre la voie la plus facile. Psycho-, socio- et somato- se constituent en kit. Les trois ressources s’annoncent par bribes éparses en attendant de me transcender. Mais auparavant il fallait lâcher l’institution et le dogme ainsi que les rituels. Je n’ai jamais plus pu m’inféoder ni à une école/chapelle, psychanalytique en particulier, ni à un maître. On verra longuement la référence à Freud, à la fois déférente et distante, jusqu’à ce que j’aille un peu plus loin que lui avec l’EMI. Famille, institutions, écoles professionnelles, mêmes structures à subvertir pour acquérir la liberté de pensée jusqu’au don de l’évidence.

La subversion de la structure sociale et les merveilles du corps

Mais 68 m’a cueilli à mes vingt-six ans, en deuxième année de médecine et fraichement marié. J’ai été l’un des meneurs en fac de médecine, élu délégué des étudiants, présidant la seule AG étudiants/profs et siégeant à l’instance dirigeante de la fac. J’en ai payé le prix. On a failli me faire louper l’examen clinique de fin d’études (devant jury). On a essayé de me piéger à la fin de la première année de psychiatrie. On m’a refusé le poste de chef de clinique et même d’attaché.

Mais j’étais libre. J’ai donné libre cours à ma créativité. Mon ex femme est kiné et je lui ai promis de m’intéresser au corps, ce corps que Mai 68 a libéré, magnifié. Les nouvelles thérapies psycho-corporelles ont prospéré, en particulier le rebirth, cette hyperventilation en position allongée et immobile qui déséquilibre les constantes sanguines. Il s‘agit d’un véritable traumatisme bio-physiologique qui équivaut en plus cool aux traumas générateurs des EMI avec coma. C’est la raison pour laquelle la modification que j’ai apportée au rebirth pour en faire la pneumoanalyse (analyse par le souffle) est devenue le laboratoire expérimental et expérientiel de l’EMI. J’ai installé très vite un centre de thérapie de groupe, avec un sauna et, pour mes anciens patrons, il est devenu un baisodrome. Non, chers maîtres, c’est un émotiodrome et actuellement l’EMIdrome, le centre de recherche de ce processus.

Je pourrais en rajouter. L’expulsion du Sénégal alors que j’étais major du concours d’internat de Dakar. Le refus par l’ARS (Agence Régionale de Santé d’Alsace) de mon dossier pour l’enseignement de la psychopathologie des médecins et psychologues. Motif : risque de « dérives graves ».

Non. Ce n’est pas la litanie des épreuves qui importe. Le processus EMIque nous révèle que toute acquisition d’un nouvel état d’être passe par la subversion d’une structure bloquée (en bloc). J’ai rapidement évoqué la subversion des structures sociales (famille, institution, église, école, administration). Les textes à venir décriront les subversions intrapersonnelles par l’hyperventilation, la catharsis émotionnelle et le contact intime. Il n’est pas nécessaire de s’exposer au coup de massue sur la tête ou au coma par infarctus du myocarde. Mais les ressources transcendantes ne s’actualisent qu’après avoir lâché quelque chose. Appellera-t-on cela épreuves revigorantes avec les moralistes ou « destruction créatrice » avec les économistes (Schumpeter) ? Essayons pour le moment : subversion EMIque. Cette nouvelle notion vient aussi éclairer mes déclarations précédentes niant toute volonté délibérée de provoquer. Ça se fait à l’insu de mon plein gré. Mais ce n’est pas ma faute. C’est l’EMI qui ! Nous verrons plus loin que les étapes du développement ontogénétique passent également par deux séquences : une catastrophe qui prélude à un état de stabilité structurale (selon René Thom).

L’expérience de Mort Initiante

C’est ici que nous comprenons mieux l’étrange dénomination d’Expérience de Mort Initiante/Initiatrice qui conserve le terme de Mort. L’étape de subversion des structures peut atteindre une intensité évoquant effectivement la mort. Cela nous évoque aussi la « petite mort » qui symbolise la déstructuration causée par l’orgasme. Nous verrons la théorie des catastrophes du mathématicien René Thom qui voulait mettre en équation les changements de régime climatique entre deux périodes (structurellement) stables. Comment passe-t-on de trois semaines de beau temps aux journées d’orage et vice versa ? Pour rester dans la métaphore climatique, on peut se considérer soi-même comme un système météorologique. Beau temps qui cherche à se perpétuer et qui vit des petites morts à chaque changement de régime !

Voilà suffisamment d’exhibition personnelle (petite mort ?) Vous avez quand même compris que ces éléments autobiographiques ne répondent pas seulement à la question d’antan (d’où parle-t-il ?) mais constituent aussi un moyen de vous subvertir, vous. Vous vous y reconnaissez (en partie du moins) et vous lâchez prise (en choc) ou ça vous gonfle et votre corps se met en stress. Dans les deux cas, c’est tout bon. Sinon c’est la réaction de bloc, troisième mode, vous vous rappelez !

 

Sérieux, sans se prendre au sérieux

Ce troisième tome qui clôture la réédition du Manifeste de la Psychothérapie Intégrative crée la psychanalyse pléni-intégrative ® en réunissant psycho-, somato- et socio-analyses. Cet ensemble qui est plus que l’addition des parties révèle son invariant, le logiciel analytique, et son code source inconscient, l’EMI (Expérience de Mort Imminente). Cette dernière est l’aboutissement de l’analyse et en même temps son origine. Nous entrons dans une causalité circulaire qui est celle-là même de la vie. Ainsi se relance l’intérêt de la psychanalyse, ici en France.

Présentation du livre

Nous livrons une belle histoire pour ne pas dire un conte de fée. Quarante années de recherche, d’expérience et d’audace ont relancé la psychothérapie et la psychanalyse, doublant le niveau de profondeur, du rêve jusqu’à l’EMI et de la psychanalyse formatée jusqu’à la psychanalyse pléni-intégrative. Ce livre retrace ce déroulement, le plus sérieusement du monde. Deux tomes constituent ce texte. Le premier développe les psychanalyses, somatoanalyses et socioanalyses pour intégrer ces trois branches en une psychanalyse pléni-intégrative. Le deuxième tome se laisse aller à l’évidence qui jaillit comme invariant et facteur commun, son code source inconscient, l’Expérience de Mort Imminente (EMI) qui n’est que la manifestation consciente du Processus Organisateur de l’Humain (POH) totalement inconscient.

  • Première partie : la psychanalyse, de Freud à Lacan, en passant par Ferenczi et Jung

 La psychanalyse reste la reine de la psychothérapie, celle qui creuse en profondeur et produit des connaissances méta-, au-delà. Même si les cures longues se pratiquent moins, les psychanalyses brèves et de durée moyenne tiennent la route. Freud traitait en quatre à six mois. C’est l’élargissement à des indications nouvelles, comme les personnalités archaïques (schizoïde, narcissique, paranoïaque) et surtout les psychoses, qui a allongé les cures.

Freud a donné au rêve un statut scientifique, au risque du transfert et des états de conscience modifiés. Il a vulgarisé l’aspect inconscient des processus psychiques, débouchant ainsi sur la complexité de l’être. Après le transfert affectif jusqu’à l’amour/haine, il s’appesantit sur le relationnel avec le complexe d’Œdipe (que nous élargissons au « défi œdipien : je veux aimer, je dois tuer »). A son actif encore, l’insistance sur la sexualité, sur la petite enfance et les étapes du développement. Mais les neurosciences ont déboulonné plusieurs de ces postulats. Le rêve ne se construit pas sur une pensée latente. L’inconscient n’est pas le refoulement des pulsions œdipiennes. Et ces dernières ne sont pas universelles.

Aussi commençons-nous par l’interrogation cruciale : comment peut-on enseigner Freud encore ? Puis nous continuons avec la démarche freudienne, exemplaire et courageuse, dans laquelle nous osons nous reconnaitre. Nous mettons en avant le « logiciel analytique » qui fait l’unité de toutes les familles d’analyses, y compris des somatoanalyses et des socioanalyses. Nous insistons sur deux algorithmes, celui des trois positions de vie (en groupe, duo et solo) et celui de l’ontogenèse avec ses six étapes du développement. Nous proposons une nouvelle lecture de l’œuvre théorique de Freud, métapsychologique, en mettant en évidence six grands thèmes qui correspondent aux acquis de chacune de ces étapes. Avec ces six thèmes, Freud aura balayé l’essentiel du fonctionnement humain.

Mais c’est l’outil du rêve qui fait l’essentiel de cette première partie. Le rêve a-t-il une fonction ? En tout cas, on l’utilise en thérapie et en analyse. Nous montrons qu’il se construit sur la trame de l’EMI avec deux rêves de Freud et de Jung eux-mêmes. A partir de cet argument, ajoutée à bien d’autres, nous reconnaissons à la psychanalyse, devenue ici « intégrative », le mérite d’être une voie royale vers l’EMI. Nous saluons aussi son rôle d’inspiratrice de la somatoanalyse qui le lui rend bien en la rendant intégrative et novatrice.

  •  Deuxième partie : la somatoanalyse en ses trois settings

L’histoire devient belle avec la création de la somatoanalyse. Le conte de fée s’enrichit. Au prix d’une nouvelle mise à distance par les thérapeutes psychocorporels, humanistes et transpersonnels, que j’avais rejoint après le rejet par la psychiatrie officielle. Ça a duré son temps et la spécialiste française du rebirth me lança rageusement : « Ces mecs quand même, dès qu’ils font du neuf, faut qu’ils le baptisent ». Cette nouveauté, la somatoanalyse (avec ou sans o), n’était pourtant ni un caprice ni la volonté délibérée de rejoindre le mainstream psychanalytique. Je décris cette création. Mes deux formations au New Identity Process de Casriel et à la psychothérapie analytique de groupe se sont associées le jour où mes patients ne voulaient /pouvaient plus se laisser diriger : « Eh bien, alors prenez la responsabilité de votre action/non action ». Je me suis rallié au logiciel analytique qui a fonctionné comme un puissant attracteur tout en intégrant le cri et le bonding comme puissants moyens de communication. L’émotion intense en jaillit et retrouve la catharsis de Breuer et Freud. Cette première forme, en groupe, a été appelée plus tard socio-somatanalyse ou socio- tout court.

Puis je présente longuement la psycho-somatanalyse, la forme duelle avec communication verbale, tactile et visuelle. J’y décris deux cas cliniques, une personnalité schizotypique et un syndrome post-traumatique complètement dissocié après dix années d’inceste quotidien. Cette rencontre globale, psycho-, socio- et somato-, suscite des régressions bénignes et parfois profondes comme les décrit Balint, disciple de Ferenczi.

Ferenczi, nous l’abordons longuement à travers la présentation du livre d’un de mes élèves. Lorsque Freud a théorisé la pulsion de mort pour se dédouaner des patients qui ne voulaient pas guérir, Ferenczi a reconnu qu’il n’utilisait pas les bons moyens. Aussi a-t-il créé trois techniques nouvelles : la thérapie active, la néo-catharsis et l’analyse mutuelle. Après avoir créé moi aussi mes trois somatanalyses, socio-, psycho- et Présence Juste, j’ai retrouvé Ferenczi et remarqué que c’est de lui que je suis le plus proche :

  • la socio- est la méthode active,
  • la psycho- se centre sur le tactile comme la néo-catharsis,
  • l’auto-somatanalyse (Présence Juste) prépare le thérapeute à l’analyse mutuelle.

Cette reconnaissance en Ferenczi apporte une validation supplémentaire de la somatoanalyse d’autant plus que là où Ferenczi (bridé par Freud) n’avait pas la capacité de gérer les émotions fortes, les contacts intimes et sa propre ouverture au patient, nous avons, cent ans plus tard, toutes les techniques, les protocoles et l’accompagnement scientifique pour le faire.

Grâce à la sécurité apportée par le cadre analytique, la création a continué avec deux autres innovations décisives : la Pneumanalyse et la Méditation Pleine Présence. Dans le cadre de la psychanalyse pléni-intégrative, elles ont permis d’accéder directement au processus EMIque. Nous le verrons longuement dans le dernier chapitre de cette deuxième partie.

Un autre chapitre décrit la sexo-somatanalyse à la fois groupale et individuelle. En effet, la maîtrise du cadre analytique et des outils psycho-corporels nous promeut à ces soins sexologiques sous-jacents à la majorité des psychopathologies. L’autre maîtrise, celle du systémisme (famille et couple sont des systèmes relationnels comme le sont les groupes) nous qualifie pour les conjugothérapies/analyses.

Un long chapitre décrit l’accès au processus EMIque par la Pneumanalyse, la Méditation Pleine Présence et la Psychose aigüe. Ce chapitre, complété par mon expérience personnelle du rebirth (et du caisson d’isolation sensorielle dans le tome II) nous donne toutes les garanties d’un abord méthodologique et phénoménologique de cette Expérience de Mort Imminente qui révolutionne notre science psychologique et notre profession psychothérapique.

L’actualité nous branche sur la remémoration de Mai 68. Et, pour faire vrai, véritable remake, les universités sont même bloquées et en grève (certaines d’entre elles). Je ne pouvais pas laisser passer l’occasion puisque j’y étais ! Petite satisfaction narcissique ! Pourtant je raconte les évènements de façon modeste. J’y fus, et basta. Par contre cinquante ans plus tard, et dans la passion de mes derniers livres et nouvelles trouvailles, je retrouve Mai 68 sous une toute nouvelle forme : il a actualisé l’essentiel de l’être et de la société, à savoir ses codes ontologiques et sociologiques, ses OntoCode et SocioCode universels. En ce sens, Mai 68 fût une véritable révolution même si notre unique barricade n’avait qu’un mètre de haut.

Mai 68 – Mai 2018
L’universalité d’une Révolution

Pour le cinquantenaire du fameux Mai 68, les commentaires vont bon train. Mon journal préféré, Le Monde (18 mars 2018), s’y abandonne aussi : Ricoeur, Aron, Touraine, Morin, les maitres du moment.

Fût-ce une vraie révolution, politique, sociétale ? Qu’en reste-t-il ? En ce moment de « Balance ton porc » et de « Me too » la question est relancée du côté du sociétal. « L’occident est entré dans une révolution culturelle » selon Paul Ricoeur, philosophe que l’on retrouve grâce à Macron.

Le Mai 68 d’un jeune étudiant en médecine à Strasbourg

            Avec ce cinquantenaire, ça se rappelle. Ça me titille. Et moi ? Parce que j’y étais et pour de bon. Mais quoi en tirer, à part une médaille imaginaire pour bons et loyaux services (ou sévices)? Plus personne ne se souvient et moi ?

J’avais 26 ans et j’étudiais en deuxième année de médecine à Strasbourg tout en cumulant la sociologie et l’ethnologie en fac des Sciences Humaines. J’étais naïf à la sortie du couvent, marié jeune, plus âgé de 4 ans que mes condisciples et sociologue en plus.

Dès le 22 mars (1968) j’assistais à une réunion de l’Internationale Situationniste très active à Strasbourg. Mais j’ai loupé la première (et seule) barricade (de 1 mètre de haut) pour aller voir papa et maman. Ils payaient mes études et avaient acheté mon appart. Et j’avais encore la mentalité bienpensante !

En mai, je me suis retrouvé avec les fortes têtes, en fac de médecine, l’élite, loin des situationnistes anarchistes. Comment ? Je n’en sais plus rien. Ça s’est fait comme ça, presque tout seul. La fac s’est mise en grève, plus de cours ni d’examens. Nous avons organisé une Assemblée Générale étudiants/professeurs. Et je fus désigné comme président de séance, naïf et sociologue ! Le grand amphi était bondé et les grands patrons étaient là ! Je donnais la parole, je coupais la parole, aux patrons aussi. (Ils se vengeront). On institua une commission de fac mixte, enseignants et étudiants. Je fus élu représentant avec un Schmitt (aussi représentatif de l’Alsace que les Meyer et Muller). J’ai siégé jusqu’à la fin de l’année (et j’ai eu mon examen reporté en septembre). A la rentrée, plus de commission mixte. On a quand même obtenu deux choses importantes : la fin de l’externat sur concours. Tout le monde devenait externe, à la fin de la deuxième année. On a séparé la neurologie et la psychiatrie après des décennies de neuropsychiatrie.

Un jour, ma femme nous rejoignait à la réunion (des copains) et déclara triomphalement : « j’ai failli renverser un flic ». Cette connivence sentait bon le jeune couple. Mais elle, elle bossait déjà comme kiné. Et moi, je faisais la révolution ! Un jour, nous faisions du canotage sur le plan d’eau de Plobsheim et je lui déclarais, mi-figue mi-raisin, qu’un jour je ferai de grandes choses. Elle m’a rigolé au nez ! Une autre fois, je rentrais d’un atelier de bioénergie et, en pleine rencontre sexuelle, je lui propose la trente-septième posture, bioénergétique. Elle rigole encore et c’est la débandade ! Eh bien, il fallait attendre, longtemps, bien longtemps, mais ça s’est réalisé, cette grande chose avec la reconnaissance de l’EMI et du code ontologique.

Revenons en mai 68. Ce fût quoi, pour moi ? Je n’ai pas sauté les co-révolutionnaires ! J’étais suffisamment amoureux. En médecine, ce fût corporatiste avec quelques avancées néanmoins : moins de sélectivité (pour l’externat) et un beau divorce entre la neurologie très technique et une psychiatrie plus humaniste, qui a pu devenir psycho-, socio- et anthropo-, loin de l’EBM, Evidence Based Medecine. Et alors, révolution ou réformisme ? Véritable avancée sociétale (et même politique) ou coup d’épée dans l’eau vite récupéré?

Par la suite, on m’a saqué à trois reprises : lors de l’examen clinique en fin de sixième année, l’un des patrons (Warter) à qui j’avais coupé la parole en AG a voulu me coller. Un psychiatre du jury m’a rattrapé (Singer). En première année d’internat en psychiatrie, on a institué un nouvel examen de passage (pour moi tout seul apparemment). Un autre psy m’a sauvé (Israel). Mais à la fin de cet internat (de CHU) j’aurais eu droit au poste de chef de clinique qui se libérait, d’autant plus que j’avais obtenu mon doctorat de sociologie / ethnologie (à Paris V Sorbonne). Refusé. Quel bonheur (après coup). J’étais libre de créer dans mon coin. Ce que j’ai fait et qui me permet de revoir Mai 68 avec les nouveaux acquis.

Alors que fût ce Mai 68 ?
Laissons gloser les grands penseurs.
Pour nous, c’est une révolution, à soi et en soi, et de la plus belle manière.

Cette révolution s’est construite sur les fondements mêmes de l’humain (de chaque individu) et du social (de l’humanité en bloc). Voilà la révélation après coup. Mai 68 a été inspiré par les codes universels. Et ce ne fût pas seulement un code, mais deux : le code sociologique (politique) et le code ontologique (humain). Et la notion de code est à entendre comme dans « code génétique ». C’est unique, absolu et universel. Cinquante années de recherche n’ont pas été de trop pour l’y décéler.

La révolution s’inscrit dans le Code Sociologique
et décline son déroulement sociodynamique :
conflit > sécurité > consensus > don altruiste.

Notre (petite) révolution, tout en étant corporatiste dans notre coin, a respecté l’inspiration de toute (grande) révolution. Elle renforce la longue présentation que j’ai faite dans mon dernier livre où je magnifie enfin le « modèle sociodynamique » en ce « code sociologique » à fondement universel. Toute véritable révolution (dont Mai 68 !) s’érige en illustration héroïque de cet absolu.

C’est parti d’un conflit : les jeunes contre les vieux barbots, les étudiants brimés par les patrons, les garçons refoulés des résidences universitaires des filles, et les petits malins castrés de leur créativité et de leurs bonnes idées.

De se retrouver dans ce grouillement de copains / copines aussi motivés (par quoi ?), affirmés (en tout), déterminés (on y va), faisant la fête (sans sauteries officielles), copains, copines qui risquent de perdre une année d’étude, ce grouillement donc donnait une sécurité évidente. On ne s’interrogeait pas. On n’hésitait pas. On y allait, à l’AG, à l’élection des délégués de la commission mixte. On était prêt à se payer un flic. L’unité faisait la force et validait les idées (presque) folles. Sécurité.

Consensus. Mai 68 a duré plusieurs semaines, le temps de développer un magnifique consensus. On n’élisait ni Trump, ni Poutine, ni Erdogan, pour présider l’AG, juste un petit enragé. Je ne me sentais pas particulièrement préparé à gérer cette situation. Je ne l’avais jamais fait. J’étais un jeunet de deuxième année. Et pourtant je n’avais aucune hésitation. Je n’avais construit aucun protocole du parfait coach ou du RH. J’y allais la fleur au fusil en accord avec les collègues. Les profs ne me faisaient pas peur et je ne voulais en rien régler des comptes. Ça s’est fait. That’s it.

Idem pour la commission paritaire de la fac. Je ne me rappelle rien de particulier.

Je suppose que les choses importantes étaient négociées en dehors de notre présence, à Schmitt et Meyer ! Point d’élection, point de narcissisme (pas trop). On représentait les étudiants sans arrière-pensée. Nous étions naïfs, mais quand même consensuels. Et j’allais le payer, sans m’en douter.

Don altruiste. Eh oui. Nous avons donné de notre temps, de notre énergie, de notre créativité, pour qu’advienne ce que nous avons élaboré ensemble.Mai 68 nous rappelle le code sociologique, en accéléré, en quelques semaines et on en parle encore, on glose, on entre dans ce consensus et même dans ce don au risque de la casse.

En tout cas, en s’inscrivant dans le code sociologique universel. Mai 68 s’avère comme une véritable révolution. D’autant plus qu’il n’a fait que l’un ou l’autre mort (sept exactement), ce qui nous emmène dans une dimension encore plus fondamentale, dans le code ontologique qui nous rend humain, universellement humain. Le droit d’accéder aux résidences des filles signifie bien plus que de pouvoir les sauter éventuellement (attention au porc). C’est une révolution, anthropologique, sociétale, ontologique. Voici quelques citations de nos maitres penseurs qui confirment chacun de son côté.

« Au cours du mois de mai, les événements ont favorisé la confusion entre l’anarcho-syndicalisme ou l’autogestion, utopie du XIXe siècle, et l’assouplissement des organisations, exigence conjointe de la rationalité et de l’humanisation de la société industrielle. Cette révolution a donc été à la fois anachronique et futuriste. » Raymond Aron. That’s it. Il suffit de remplacer le mot « confusion » par « connexion » pour accéder à l’universel sociodynamique, éthique et hédonique.

« En fait, la commune étudiante est presque une révolution pour avoir joué en une seule toutes les révolutions rêvées et défié réellement l’ordre établi. Elle est riche, folle, géniale comme une révolution. Comme une révolution, elle est une explosion utopique et uchronique, et pourtant bien enracinée dans un lieu et un temps. Comme une révolution, elle est une extase de l’histoire. Comme une révolution, elle fait communiquer les individus et les groupes qu’elle transporte dans la fraternité et la générosité. » Edgar Morin. Comment mieux paraphraser le logiciel sociologique : conflit > sécurité è consensus > don altruiste ?

« Il a donc créé lui-même, en même temps qu’une force de combat contre la classe dominante, une contre-utopie libertaire et anti-autoritaire, communautaire et spontanéiste. Cette utopie était créatrice, comme le socialisme de 1848 ou les nationalismes du tiers-monde. Mais elle devait aussi déborder l’action du mouvement social. Car s’il y eut un mouvement révolutionnaire, il n’y eut pas d’issue révolutionnaire. » Alain Touraine. Ça s’est fondé comme toutes les grandes et vraies révolutions. Et ça se fonde tout autant dans les profondeurs de l’être, de l’être éternel et universel.

Mai 68, la Révolution Sociétale
et l’accès au logiciel de l’Humanité

  • « Révolution culturelle » Ricoeur,
  • « anachronique et futuriste » Aron,
  • « contre-utopie libertaire » Touraine.
  • « La commune étudiante de Paris sera peut-être un modèle classique pour les futures mutations d’Occident. » Morin

Voilà quelques variables appliquées à l’évènement. Y aurait-il un invariant, unique et universel ? « Marx le dit pour le processus socio-politique. Marx disait de la Révolution française qu’elle était classique, c’est-à-dire présentait à l’état clair et achevé les traits distinctifs dans lesquels prendraient modèle par la suite toutes les révolutions bourgeoises. La commune étudiante de Paris sera peut-être un modèle classique pour les futures mutations d’Occident ».

Et il y en a un second pour le processus ontologique, (humain). Mai 68 a été directement et pleinement inspiré par le « Processus Organisateur de l’Humanité » (POH). Huit milliards d’humains fonctionnent de la même façon : rouges, noirs, blancs et sapiens, depuis des centaines de milliers d’années. Et ils ne se massacrent pas trop puisqu’ils arrivent bientôt à huit milliards. Il y a donc un invariant. Le voici. Les cinquante années de recherche me l’ont fait observer et retrouver dans le Mai 68. La prétention à ce code ontologique universel est énorme ! Mais en voici une des manifestations, vécue de l’intérieur.

C’est simple et énorme à la fois.
Il doit exister, ce code aussi universel que le code génétique.

Il se révèle de façon surprenante, dans l’EMI (Expérience de Mort Imminente / Initiante). Quand on est sur le point de crever (trauma, torture, coma), l’essentiel de notre humanité se révèle, nous maintient en vie, nous guérit et nous rappelle ce qu’est l’essence de l’homme / femme.

C’est un cycle diachronique en cinq étapes. Chaque étape se constitue d’une dialectique synchronique de deux pôles opposés et complémentaires : subversion de structure inhibante et submersion par les ressources constituantes. Voici le tableau résumé de ces 10 états d’être.


Le processus EMIque et la révélation du Code Ontologique

Ce code est illustré par notre Révolution. De haut en bas nous développons les cinq structures et ressources fondamentales. La présentation en est un peu ludique. On était sérieux sans trop nous prendre au sérieux.

Dynamique et dialectique ontologique façon Mai 68

50 ans après
Quel héritage ?

Cette véritable révolution qui manifeste les codes absolus de l’humanité, son code sociologique et le code ontologique, fait aussi face à des critiques. Car si ces codes sont invariants et universels, leurs applications évènementielles et les appréciations théoriques sont variables et circonstanciées. Deux critiques principales trainent par là depuis le début : l’individualisation et la démocratisation.

Mai 68 a-t-il lancé l’individualisme ?

Pire encore, l’individualisme consumériste et néolibéral. Il ne s’agit plus seulement d’importuner agréablement les femmes (Catherine Deneuve contrant Me too) mais de s’offrir sans limite (« jouissez sans entraves ») tout ce qui tombe sous la main. Et les marchands du temple s’en frottent les mains. Et les big data relancent l’offre. Imaginez que ces chers révolutionnaires décident tous d’habiter seuls et de rejeter chacun autant de carbone qu’une famille de quatre personnes. Impossible. La planète étoufferait deux fois plus vite.

En réalité, l’individualisme a été lancé par Freud et la psychanalyse avec le Moi et le Soi (de Jung), soixante années auparavant. A l’opposé, Mai 68 a mis en avant, entre autres, Herbert Marcuse, disciple de Wilhelm Reich et membre de l’Ecole de Francfort avec Horkheimer, Adorno, Habermas, Honeth. Ce courant dissident – duquel je me réclame aussi – fait progresser la libération de la personne au-delà du Moi (l’égo honni des méditants) et du Soi (encore structuré comme entité) en attendant d’être « en soi », immanent et transcendant comme le font nos deux codes universels. Merci joli mois de mai.

J’ai évoqué Me too et les porcs, cette nouvelle étape de la libération des femmes en ce mai 2018. Comment vivre cette révolution en tant que mâle ? Ça coince. Et moi qui préconise et enseigne l’enlacement affectif. La toute nouvelle commission des psychologues belges vient de condamner l’un de mes formateurs parce qu’il « touche » ses patients dans le cadre de l’haptonomie notamment ! Et moi qui forme des sexothérapeutes et conjugothérapeutes ? J’ai eu des mois de malaise avec la révolte des femmes et voici que le retour de Mai 68 m’inspire enfin. La réponse, je la donne dans la formation en avançant que la sexualité est une fonction en soi et pour soi (manifestée par les plans cul et la porno pour tous, entre autres !) Mais les autres grandes fonctions humaines doivent aussi s’appréhender en soi et pour soi, l’amour, la cohabitation, la parentalité et la créativité, professionnelle en particulier. Dans notre société pré-Mai 68, ces fonctions sont amalgamées (sexualité après mariage) ou clivés (la femme reste à la maison avec les enfants). Il faut donc différencier ces cinq lieux de vie et les rendre autonomes laissant à chaque personne le soin de connecter celles qu’elle désire. Moi, c’est le sexe plan cul et/ou dans l’amour et/ou dans le couple officiel et/ou pour la parentalité. J’ai créé un questionnaire exploratoire très simple pour les sexo- et conjugo- thérapies.


Tableau: le questionnaire sexo- et conjugo-thérapique

 

Nous partons du couple actuel (durée, cohabitation, enfants) et, éventuellement, du couple précédent, ou de celui… à venir.

Nous étudions cinq dimensions majeures sexo et conjugo : l’autonomie personnelle, la sexualité, l’amour, la cohabitation, la parentalité.

Pour chacune de ces dimensions, nous recherchons :

  • l’importance personnelle, de 1 à 7 ;
  • l’importance supputée pour le/la partenaire, de 1 à 7 ;
  • les aspects qui justifient cette importance, en positif et en négatif.

À partir de ces données, nous pouvons choisir la priorité à donner à ces dimensions puis choisir la stratégie thérapeutique.

 

Qu’est-ce que çà à voir avec Weinstein, balance ton porc, me too et times up, qui sont autant de variables et de points de vue circonstanciés ? C’est variable et néanmoins indispensable. Mais nous accédons surtout à l’invariant et à l’universel. A ce niveau fondamental où se mettent en place les cinq lieux de vie évoqués, femme et homme fonctionnent de la même façon. Fondamentalement, leur vie sexuelle, l’amour, le besoin de cohabitation et/ou de parentalité, ainsi que de réalisation professionnelle sont identiques. Il n’y a pas de genres comme il n’y a pas de races ! Au secours ! A part la fonction procréative en attendant les utérus artificiels.

Au-delà du Moi (me too) et de l’in-conscient, (circulez, y a rien à voir), nous proposons la nouvelle révolution, ontologique (et pas juridique, de 90 à 750 € pour admirer de trop près les décolletés de plus en plus profonds). La femme est un autre moi-même et l’homme tout autant. Si je me connais, je la connais. Si je me respecte, je la respecte. Nous faisons l’amour de la même façon, fondamentalement, au-delà des variables anatomiques. Voilà l’invariant.

Et c’est Mai 68 qui inspire cette nouvelle révolution. Et çà n’a rien à voir avec le piège consumériste qui est encore une autre fonction en soi et pour soi à des-amalgamer de son automatisme et surtout des manipulations facebookiennes.

Ce qui change et qui pousse à la théorie du genre, c’est la façon de connecter ou déconnecter ces cinq fonctions. Là ; il n’y a pas de spécificité masculine ou féminine., il n’y a que des histoires de vie, des habitus (Bourdieu) et des enjeux culturels spécifiques. Mai 68, tout en restant modeste, a fonctionné selon les impératifs ontologiques, universels. C’était une étape, modeste quant à ses contenus, mais absolue dans sa forme.

Moi-même, je reconnais cette particularité à travers l’humour que je mets dans ce texte, à travers les limites de mon rôle d’acteur ! Mais j’ai quand-même beaucoup de bonheur à rappeler tout cela. Et pour faire sérieux néanmoins, on retrouvera ici encore mon inspiration essentielle :

  • dépasser les contenus et histoires personnelles (malgré tout admirables) pour accéder à la forme générale, commune ;
  • traverser les vécus et expériences partielles pour accéder à l’universel, au code ontologique (devenu l’OntoCode entre temps) et au code sociologique (transformé en SocioCode) que nous aborderons dans le blog 5, mai 2018.

L’Onto Psy, une psychologie enfin « dure », exacte et validée


Introduction

La première publication nous a propulsé dans les applis les plus larges de la Psychanalyse Pléni-Intégrative, thème de ce livre :

  • EMII (Expérience de Mort Imminente / Initiante), qui manifeste le plus parfaitement le POH ;
  • POH (Processus Organisateur de l’Humanité), devenu entretemps le Code Ontologique, le code de l’être humain aussi pertinent que le code génétique ;
  • la contre-culture psy que nous développons ici avec Thomas Piketty.

Les deux premières pages de l’introduction nous situent plus clairement dans le bouquin dont je joins le sommaire avec ses 4 parties et ses 18 chapitres.


SOMMAIRE

Envoi
Changement d’ère, de scène, de paradigme : la révolution intégrative
………………………… 9

Introduction
« Le Manifeste de la Psychothérapie Intégrative et ses développements» en sa deuxième édition
………………………… 13

Première partie : LES PSYCHANALYSES

Chapitre I
Le Génie de Freud, d’Opportunisme en Empirisme et de Matérialisme en Structuralisme
………………………… 45

Chapitre II
Psychanalyse et somatoanalyse – le logiciel analytique et la cure séquentielle
………………………… 56

Chapitre III
L’Hum’un trois six deux – Le théorème de l’Humain
………………………… 67

Chapitre IV
La topique développementale et les six étapes de vie : équilibre de base, attachement, protection, puissance, intimité, créativité
………………………… 78

Chapitre V
Les six étapes de la théorie freudienne – Une autre lecture de Freud
………………………… 96

Chapitre VI
L’approche intégrative du rêve et l’avènement du processus EMIque
………………………… 108

Deuxième partie : LES SOMATOANALYSES

Chapitre VII
Naissance des trois somatoanalyses : en groupe, individuel, en solo
………………………… 152

Chapitre VIII
La psycho-somatanalyse : écouter, toucher, aimer
………………………… 174

Chapitre IX
Une application de la Somatoanalyse – La sexo-somatanalyse :volupté,orgasme,tantrisme
………………………… 190

Chapitre X
Sandor Ferenczi : Le corps peut-il s’intégrer à une véritable psychanalyse ?
………………………… 203

Chapitre XI
Quatre approches de l’EMI Expérience de Mort Imminente/Initiante : trauma, méditation, psychanalyse, psychose
………………………… 211

Troisième partie : LES SOCIOANALYSES

Chapitre XII
La sociodynamique en ses quatre étapes : conflit, sécurité, consensus, don altruiste
………………………… 243

Chapitre XIII
Un atelier de socio-somatanalyse – Noëlle et Jean-Louis
………………………… 266

Chapitre XIV
Le modèle sociodynamique à l’épreuve des psychanalyses de groupe : Mendel, Bion, Foulkes, Anzieu, Kaes et des thérapies familiales : Minuchin, Boszormenyi, Bowen
………………………… 278

Chapitre XV
Un atelier de socio-somatanalyse : catharsis et sociodynamique
………………………… 305

Quatrième partie : LA PSYCHANALYSE PLENI-INTEGRATIVE

Chapitre XVI
La psychanalyse pléni-intégrative : verbale, corporelle et intime
………………………… 27

Chapitre XVII
Le cas Marjolaine et le modèle structuro-fonctionnel : émotion, imagination, sensation, réflexion, action, communication
………………………… 340

Chapitre XVIII
La psychanalyse pléni-intégrative et son programme : de l’inconscient au transconscient, le modèle Essence, Existence, Transcendance
………………………… 373

Conclusion

La révélation de l’Expérience de Mort Imminente (EMI) et du Processus Organisateur de l’Humanité (POH)
………………………… 387

 


Prochainement, je ferai une digression sur la révolution de Mai 68 dont j’ai été un des principaux meneurs à la fac de médecine à Strasbourg.


L’Onto Psy, une psychologie enfin« dure », exacte et validée

La vie est aussi mathématique (ou presque). Rappelez-vous les mathèmes de Jacques Lacan. Et voici les nôtres.

L’équation du bonheur (B)
B = EMI + ESPT
L’algorithme du malheur (M)
M = r > g

L’EMI, Expérience de Mort Imminente, est un processus salutaire et résiliant en cas de trauma ou coma. Elle nous enlève la peur de la mort. Elle devient expérience initiante et révèle l’essence de l’énergie, la nature de l’esprit et l’intime du lien, les bien nommées ressources transcendantes.

L’EMI fait passer par le fameux tunnel noir qui traduit la subversion de la structure mentale et qui préfigure l’ESPT, l’état de stress post traumatique. C’est ce dernier qui empêche de se massacrer mutuellement. Ce ne sont ni les lois ni les politiques. C’est l’horreur des flashbacks diurnes et des cauchemars nocturnes qui retient de plus de violence encore. « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn ». (Victor Hugo). L’EMI est en positif ce que l’ESPT est en préventif. Voilà les véritables maitres de la vie en leurs logiciels libres, (et à libérer encore plus).

L’algorithme du malheur,
c’est Thomas Piketty qui nous le formule : r > g.
Le rendement de l’argent ( r ) est supérieur aux revenus du travail (g).
5% > 1 à 2%. Les inégalités se creusent et l’animosité monte.

 A mi-chemin ou jusqu’au bout ?

Les psys (inclure ici l’ensemble des travailleurs de la psychothérapie et leurs outils thérapeutiques et psychologiques) nous font faire un beau progrès dans la qualité de vie. Ils nous guérissent des flashbacks et des cauchemars. Ils nous transforment en individus libres qui goûtent la vie. Ils nous formatent au néolibéralisme et au numérique. Mais ce n’est que la moitié du chemin, faisant de nous de parfaits otages du capitalisme. Ils nous abandonnent en rase campagne sous la mitraille du marketing et de la publicité néolibérales. Et le reste du chemin ? C’est par ici.

L’EMI encorps

Loin d’être quantique ou « non locale » comme le prétendent mes chers confrères, l’Expérience de Mort Imminente (dans sa version traumatique) tout comme l’Expérience de Mort Initiante (dans sa version extatique), révèlent le véritable processus inconscient, à savoir le plus fondamental, celui qui crée l’être et constitue l’humanité. Ses ressources foncières et fondatrices, à savoir l’énergie, l’esprit et le lien, agissent dès la cellule primitive.

La psychanalyse l’appelle « inconscient ». Mais ce concept ne décrit que la moitié de la descente annoncée par la « psychologie des profondeurs ». En effet, c’est par le rêve qu’est arrivé l’inconscient à Freud. Mais le rêve n’est qu’une manifestation particulière du POH (Processus Organisateur de l’Humanité), à mi-chemin de son véritable potentiel. C’est par le refoulement des pulsions œdipiennes – inceste et parenticide – que Freud a rempli le vide in-conscient. Il ne s’agit que d’une hypothèse de travail qui perd de plus en plus de followers. Quant à l’obsession d’interpréter et d’expliquer à tout prix, elle castre l’EMI de sa richesse illimitée et de sa surprenante subversion.

L’EMI, traumatique et extatique, est un phénomène global et complexe que seule la phénoménologie appréhende. Faut la vivre, l’apprécier, l’intégrer et la laisser gérer la vie. Elle enlève la peur de la mort. Elle seule peut empêcher la construction du four climatoire.

Pourtant la psychanalyse est une des voies, royale, de l’EMI

Breuer a développé la voie cathartique, énergétique, et salvatrice de par l’intensité émotionnelle. Freud a subverti les structures inhibitrices par l’analyse et laissé advenir l’intime du lien dans le transfert. Ferenczi a provoqué des transes mémorables grâce au contact et au bonding (enveloppement affectif). Reich faisait hyperventiler jusqu’à déclencher le réflexe orgastique. Jung privilégiait les « grands rêves » et l’irruption de lumière, tous deux marqueurs de l’individuation.

Casriel, deuxième génération freudienne par l’intermédiaire de Kardiner, faisait crier et enlacer jusqu’à l’accès à une nouvelle identité (New Identity Process, NIP). Moi-même, troisième génération freudienne par Kardiner et Casriel, j’ouvre l’accès direct et illimité aux processus EMIques par les pratiques de la Méditation Pleine Présence et de la Pneumanalyse.

Toutes ces voies sont des accès royaux aux processus EMIques (néologisme qui s’explicitera tout au long de ce livre) et pas seulement des voies partielles obérées par le poids des interprétations. Mieux encore, les pratiques de la Méditation Pleine Présence et de l’hyperventilation douce font accéder à l’extrême de cette expérience. Pour Freud, le rêve est la voie royale vers l’inconscient. Aujourd’hui, ce sont toutes les psychanalyses pleinement intégrées (psychanalyses, somatoanalyses et socioanalyses) qui ouvrent la voie du transconscient et des ressources transcendantes.

Voilà l’essentiel du message contenu dans ce livre et surtout dans le suivant.
La psychanalyse devenue « pléni-intégrative » fait accéder à l’EMI Initiante qui est la manifestation consciente du Processus Organisateur de l’Humanisation.
Ce POH fonde lui-même la mystique et l’éthique qui nous font vivre et exister.
Voilà quasiment le résumé de ce livre et sa conclusion.
Mais faut quand même commencer au début et développer !

 INTRODUCTION

Un envoi comme celui que vous venez de lire suscite deux réactions opposées plus une troisième, selon les trois modes de réactivité caractérielle, stress, choc et bloc.

  • En stress. « Mais il se prend pour qui celui-là ? La folle ambition qui s’y colporte n’est que pure prétention ». Quand j’ai lancé le signifiant somatoanalyse et que j’ai intitulé mon premier livre « Le corps aussi, de la psychanalyse à la somatoanalyse », j’ai péché par jeunesse et par naïveté. J’aurais au moins dû mettre un « et » au lieu d’un « à ». Les psychiatres m’ont blacklisté (le tunnel noir ?) et les « nouveaux thérapeutes » m’ont jalousé. J’étais renvoyé à mes chères études. « Dans dix ans, quand ce sera au point » m’a signifié le syndicat des psychiatres pour lequel j’écrivais dans la revue « Psychiatrie Française ». Ils n’ont plus accepté aucun texte.
  • En choc. (état de choc, lâcher prise et attente anxieuse). On va quand même lire. Peut-être y a-t-il quand même quelque chose dans cette promesse si affirmative ! Alors continuons !
  • En bloc, routine et répétition, pulsion de mort chez Freud. J’ai déjà lu du Meyer et apprécié. Continuons. Il y aura bien quelque chose du même genre.

A chacun de se laisser aller à sa réactivité (automatique) ou, encore mieux, à une réaction créative adaptée à la situation présente. Dans ce cas, faut arriver au moins à la fin de cette introduction ! Je ne suis plus dans la provocation. Ne le fus-je jamais ? Je propose seulement le meilleur de moi-même qui me tombe spontanément dessus (sérendipité) encore plus fort que sur vous. J’ai toujours professé que si je consacre tellement d’énergie à l’écriture (plus de quinze livres), il faut au moins que ça apporte du neuf. Répéter et écrire de simples variations sur un thème connu ne m’intéresse pas. Pour risquer encore le reproche de provocation, j’ajouterai que là j’ai tenu parole. Je me suis affirmé. J’actualise plus précisément l’une des trois ressources transcendantes : l’évidence. Pour moi, c’est clair, évident et impérieux. Alors j’y vais. Faut y aller. Mais, au fait, de quoi s’agit-il ? Du sous-titre de mon dernier livre (Meyer 2016) « La vie est belle et le monde va mal ». Entre temps, je l’ai complété.

La vie est belle,
et le monde va mal.
La nature est bonne
(mais quand même pas conne).

Nous retrouvons là ma nouvelle préoccupation de thérapeute et de citoyen – et j’espère aussi la vôtre : l’humanité pourrait disparaitre de par son incurie.

La seule pathologie qui vaille encore tous nos efforts,
plus que les tics, les tocs et le trac,
c’est le tictac du changement climatique.

De quel lieu parle-t-il ?

Ce n’est plus Dieu qui garantit la rationalité des dires, comme pour Descartes ou Leibniz. Faut se démerder tout seul sinon avec quelques autres. De quel lieu parle-t-il ? Voilà la question à relents scientifiques (‘‘durs’’) qui revient à présent. Quel est le contexte ? Freud n’a pas inventé l’inconscient. Il l’a piqué à Lipps. Casriel n’a pas construit son NIP (New Identity Process) tout seul. Il l’a emprunté aux toxicomanes organisés en cliniques autogérées, genre Synanon et Daytop. Moi-même je me réfère à tous les auteurs déjà évoqués dans une déférence qui s’exprime par la reprise de leurs œuvres. Je développe ces œuvres. Mais ça ne suffit pas.

D’où parle-t-il ? Que prétend-il ? Quelle est son expertise ? Nous verrons tout au long de ce texte d’où je parle et d’où j’écris. Sincérité et vanité ! Scientificité et narcissisme ! A votre bon cœur. Nous restons humains. N’importe quel acte peut contribuer à la construction du four climatoire ou à le déconstruire et l’on n’est pas de trop pour faire pencher la balance du bon côté.

Tout ce livre met en place les qualités scientifiques de notre démarche pour asseoir la crédibilité qui englobe les deux versants de notre art : la pathologie et son soin, la psychopathologie et les psychothérapies, la folie des hommes et son contraire. Et la pathologie, c’est d’abord et avant tout le désastre climatique, et la tentative de suicide de l’humanité. Voilà bien la tâche prioritaire des psys. Il s’agit de démontrer que le cri d’alarme que je pousse n’est ni du pur pessimisme ni cet extrémisme qui voudrait tenir lieu de sagesse chez les petits vieux (dont je fais partie).

Car je crois mordicus que l’EMI n’enlève pas seulement la peur de la mort mais transforme encore le moment de la mort en extase. J’y crois totalement. Nous l’argumenterons, à la limite près qu’il s’agit bien du moment de la mort et que notre entendement rationnel s’arrête là et que nous devons renoncer à tout autre ajout (sur l’après) qui ne serait que croyance.

Autre anticipation, l’accès à la « nature de l’esprit ». Au sortir du tunnel noir, l’EMI ne remplit pas seulement de lumière, d’amour et de volupté, mais elle confère aussi des « moments » d’évidence où l’on sait, tout simplement. Et pour que cette autre expérience ne fasse pas nouvelle provocation, il faut se fonder sur l’expertise professionnelle, pister l’exactitude et la valider.


« Le Manifeste de la Psychothérapie Intégrative » en sa deuxième édition

Ce livre reprend la troisième partie consacrée à la psychanalyse et à la somatoanalyse du Manifeste (Meyer 2010). Les 550 pages de 2010 faisaient un peu gros. Je voulais en faire trois volumes plus minces. Manque de pot, ils grossiront à 1500 pages tous ensemble !

Le premier volume s’intitule « Psychothérapies, Sociothérapies et Somatothérapies, la pleine intégration (avril 2016) ». Il concerne les thérapies courtes (6 à 12 séances) et les psychothérapies de durée moyenne (25 à 50 séances). Il s’agit du manuel pratique pour la formation de base des futurs psycho-somatothérapeutes dans mon Ecole, l’Eepssa. La méthodologie utilisée pour intégrer les thérapies est le structuralisme (de Saussure, Levi-Strauss, Lacan). L’épistémologie pour intégrer les théories se fonde sur une modélisation de la situation thérapeutique. Nous en retrouverons l’essentiel plus loin.

Le second volume s’appelle : « La psychothérapie et la méditation au chevet de l’Humanité » (octobre 2016). Il reprend le texte sur le couplage (matching) thérapie-maladie et inclut des écrits récents. L’Onto-Psy(chologie) s’y affirme clairement comme science psychologique « dure », exacte et validée. L’EMI s’y fraye une place plus importante, annonçant le présent livre.

Je ne reprends pas ici le terme « Manifeste » dans la mesure où le message a passé. Tout le monde se revendique actuellement de l’intégration avec plus ou moins de bonheur. C’est toujours mieux que de s’affubler du « quantique » pour vendre les nouvelles psychothérapies. Quant à nous, il nous appartient d’affirmer clairement les exigences méthodologiques d’une intégration scientifique. C’est ce que nous continuons à faire ici.

Les TIC et le numérique

Après le structuralisme et la modélisation qui rendent notre démarche rigoureuse, nous évoluons vers plus moderne : les technologies de l’information et de la communication (TIC) et tout le domaine numérique qui nous submerge. Prenons-en le meilleur, à commencer par la métaphore. Au cœur des trois cadres analytiques (psycho-, somato- et socio- analyses), se révèle un facteur commun appelé invariant (ce qui ne varie pas). Nous pouvons l’apprécier comme un logiciel tel windows, comme la « fenêtre » ouverte sur l’humain. Mais ici nous révélons le code source comme dans les logiciels libres. C’est ce facteur commun qui permet à la psychanalyse de se maintenir dans une certaine unité au-delà des innombrables applications aux positions de vie, situations particulières, indications cliniques et cultures diverses. Ce sont les variables. Il y a notamment la durée de la séance individuelle (45 minutes) qui a fait exclure Lacan de l’IPA (International Psycho analytical Association) pour le non-respect de cet invariant avec sa séance de durée variable (et surtout raccourcie).

Je propose d’appeler cet invariant « ontoanalyse », onto- désignant l’être dans sa globalité au-delà des trois dimensions constituantes : psycho-, socio- et somato-. Insistons sur ce biais de notre profession qui ne se voudrait que psycho-. Il faut bien dépasser un jour cette réduction. Onto-, l’être, l’étant, serait un préfixe juste et universel pour plus de consensus. Mais, en attendant, j’en resterai à l’expression : le logiciel analytique.

Un logiciel se construit avec des algorithmes, équations, raisonnements, constructions complexes et compliquées. Nous recenserons les principaux de ces algorithmes. Tout au bout, au cœur du logiciel, trône et gouverne le code source. Chez les Gafa ce code fort lucratif reste secret. Seuls les hackers et le FBI, sans oublier les Israéliens et les Russes arrivent à craquer ces codes (contre bonne rémunération). A l’inverse, les logiciels libres affichent leurs codes et permettent à chacun de les développer selon ses besoins. C’est ce que nous faisons ici et la métaphore du logiciel est fort instructive. Les Œdipe, inconscient, rêve, et autre transfert, ne sont que des applications. Quant au code-source, le voici enfin, au-delà des applis : l’EMI. Il nous permet d’aller au bout, là où on restait à mi-chemin, sous la mitraille de l’individualisme néolibéral et des inégalités que la psychanalyse classique cultive malheureusement aussi avec son élitisme.

Les limites de la psychanalyse

Le cadre analytique institué par Freud et repris par ses disciples fait œuvrer les processus de libération dans les trois dimensions constitutives de l’être :

  • en psycho- association libre (Freud),
  • en somato- circulation énergétique (Reich),
  • en socio- consensus et don (Meyer) .

Il s’y fait un accès privilégié à la vérité, à la volupté et à l’amour à travers rêves, transfert, états de conscience, transe énergétique, sociodynamique jusqu’à l’altruisme. Ces acquis révolutionnaires butent néanmoins sur les limites fixées par les psys :

  • les exigences de rationalité clinique (interprétation),
  • la fragilité des hypothèses théoriques,
  • la radicalisation des écoles et des protocoles didactiques.

C’est là que la reconnaissance scientifique de l’Expérience de Mort Imminente fait franchir la limite systémique de nos connaissances. L’EMI, achèvement et couronnement de l’analyse, nous transporte dans l’ultime de l’être, en son énergie, son esprit et le lien, tous trois intégrés en ressources transcendantes.

Mais l’EMI ne se décrète pas, elle s’expérimente tout comme l’inconscient et le transfert. Cette expérience est le plus souvent spontanée ; d’autres fois traumatique ou rituelle. Nous pouvons aller titiller cette expérience ici, dans cette introduction. Je propose deux galops (d’essai), l’un centré sur l’écriture et l’autre sur la lecture. Moi d’abord, vous ensuite. Est-ce-que ma façon de composer ce texte peut susciter une esquisse d’EMI ? Est-ce-que votre lecture peut vous emmener dans la subversion des structures et la submersion par les ressources transcendantes ? Je commence par mon galop d’essai à moi après lequel j’ajouterai le tableau du cycle EMIque.

Psychanalyse, la révolution intégrative. Psychologie la révélation EMIque et l’avènement du Transconscient/Transcendant

La psychanalyse, en sa révolution intégrative, Pléni-Intégrative®, se propose ici avec toute la rigueur professionnelle et scientifique, avec inconscient, transfert et interprétation des rêves notamment. Mais elle est d’abord une expérience personnelle débouchant sur la volupté, l’évidence et la félicité. Et, en une troisième étape, elle engage dans la vie citoyenne, sociale et politique. C’est par là que çà commence aujourd’hui.

Préambule

Ce livre comprend deux livres, un premier texte, scientifique, sur les formes les plus achevées de la psychothérapie, à savoir la psychanalyse, la somatoanalyse et la socioanalyse. Les trois familles analytiques se construisent sur les trois dimensions constitutives de l’être : l’esprit, le corps et le social ; psycho- somato- et socio-. Ces trois courants sont unifiés dans la nouvelle ‘‘Psychanalyse Pléni-Intégrative’’. C’est le livre que voici.
L’autre livre est un texte plus subjectif et parfois déjanté qui présente les révélations issues de cette révolution (pléni-intégrative), à savoir l’EMI, Expérience de Mort Imminente et Initiante, manifestée dans ses formes traumatiques ainsi que dans ses occurrences mystiques et analytiques. L’EMI est décryptée ici comme un phénomène bio- et physio- logique à expression psychologique et gestion culturelle. Son cycle est étudié expérimentalement dans des pratiques psy qui en extraient également les bases de l’Ethique et de la Mystique. Plus loin encore, l’EMI nous fait postuler le Processus Organisateur de l’Humanité (POH), processus universel et générateur de l’humanité.
La logique de cette œuvre voudrait un gros bouquin unique mais j’ai fait deux livres de ce grand bouquin. Je le garde néanmoins tel qu’il a été écrit : naturellement pour la partie psychanalytique, follement pour la démarche toute récente qui va aux origines mêmes de l’humanité (l’être humain individuel et la cohabitation de ses sept milliards de lascars). Nous allons au-delà du rêve et de l’inconscient freudiens pour aboutir aux profondeurs ultimes et extatiques jusqu’au transconscient. Et là il s’agit beaucoup plus de sentir et vivre que de penser et théoriser. De temps en temps, je laisse aller mon écriture à ces vécus initiatiques.
Les deux parties se complètent logiquement. La partie psychanalytique se construit selon les règles de l’art par un praticien / théoricien qui a dix-huit années d’études supérieures (théologie, médecine et anthropologie) et deux doctorats. Elle garantit et valide l’autre partie toute nouvelle et créative qui passe autant par le cœur, les tripes et l’âme que par la raison. En effet, la présentation de la psychanalyse débouche sur le rêve, notamment deux rêves de Freud et Jung eux-mêmes, qui se construisent sur la trame EMIque. La somatoanalyse s’enrichit de la pneumoanalyse qui révèle le processus complet de cette EMI. Enfin la socioanalyse se complète avec l’analyse du mythe dogon qui se construit selon la trame de la mythologie universelle. La longue introduction est plutôt folle et je la maintiens. Elle doit se vivre comme l’EMI et le POH (Processus Organisateur de l’Humanité) parce qu’il s’agit d’un POH-EMe et d’une œuvre POH-ETique (ET annonce le modèle Essence Existence Transcendance qui fait fil conducteur de la Psychanalyse Pléni-Intégrative). Poème et Poésie, c’est ça l’agrément de la vie. Ça vous donne en vie ?
Comme je le répéterai de temps en temps il y a ici une invitation à vivre et expérimenter tout autant qu’à lire et comprendre. Au-delà de l’Expérience de Mort Imminente / Initiante, au-delà de l’entrée (ou continuation) en analyse par cette lecture, je propose un pas de plus : subvertir les structures inhibantes et se laisser submerger par nos ressources énergétiques, spirituelles et affectives. Ma propre démarche aussi folle que professionnelle, me semble être le meilleur entraîneur pour cela.
Alors allons-y, sans chichis, sans rien moins que la Contre-Culture Psy que nous inspire l’EMI en ses cinq séquences de subversion des structures et de submersion par les ressources transcendantes. Et c’est la psychanalyse pléni-intégrative qui nous y emmène, au-delà de l’inconscient, dans le transconscient.

La Contre-Culture PSY

C’est çà, rien que çà, mais tout çà. Cinq séquences de vie comme transmis par l’EMI avec deux temps pour chaque séquence : subversion des structures résistantes et submersion par les ressources transcendantes. Voici un premier galop d’essai : cinq séquences (de I à V) avec leurs deux temps.

Etape I. Subversion. Je lâche mes pensées automatiques, les comportements formatés et la communication de bois.
Submersion. J’accède au bien-être en moi.

Etape II. Subversion. Ce nouvel état d’être entame le compartimentage intérieur entre ventre, cœur et tête, laissant circuler l’élan vital de sensation en sentiment et signification.
Submersion. Il s’éveille un flux énergétique circulant dans le ventre (remplissant, sensuel et/ou voluptueux), montant dans le thorax (tendre, relationnant), continuant dans la tête (optimiste) et se dissolvant en un vécu global de doux bonheur.

Etape III. Subversion. Le flux énergétique et bienheureux élimine la concentration mentale et provoque un mouvement d’aspiration et d’obscurité qui simulent un tunnel noir. Je me laisse entrainer par cet élan vital ou alors je résiste en une colère phénoménale.
Submersion. Le tunnel débouche sur de la lumière et des plages de couleur, sur des sensations voluptueuses et amoureuses, sur une connaissance évidente et un sentiment d’authenticité.

Etape IV. Subversion. Je peux rester dans cet état d’être (extase, nirvana) ou reconstituer des pensées, intuitions, objets, personnages, scénarios de vie dans des environnements étonnants et perdre la distinction entre êtres (encore) vivants, (déjà) morts et virtuels.
Submersion. Toute cette création très personnelle et chaque fois neuve est esthétique (le paradis), éthique (les scénarios sont positifs et altruistes), symbolique (informée par ma culture) et archétypale (images, principes et signifiants constituants de la vie humaine).

Etape V. Subversion. Des limites s’imposent peu à peu à cette exubérance addictive et des signaux rappellent la vie matérielle et les obligations sociales.
Submersion. Je réintègre ma vie quotidienne et l’enrichis de toutes les ressources acquises.

Etape VI. Et ça ne s’arrête pas là, dans l’immédiat. Subversion. Dans les jours, semaines et mois qui suivent, je me replonge dans cette expérience initiante pour m’y ressourcer.
Submersion. On me dit que je change et, réflexion faite, je l’observe aussi. J’accède à la vraie vie au-delà des pensées automatiques, comportements formatés et relations biaisées.

Voilà les fondements du véritable fonctionnement humain et donc de la Contre-Culture PSY qui doit contrer la Culture du fric, du flic et du clic.. Elle est scientifiquement observée et reconnue. Elle se manifeste dans d’innombrables vécus habituels : rêves et rêveries, orgasmes et élans amoureux, extases artistiques, musicales en particulier, prière et méditation, drogues et psychédéliques.
Mais c’est l’Expérience de Mort Imminente qui la manifeste en son intégralité, EMI par trauma et coma. Des pratiques dédiées y font accéder tout autant en douceur telles nos deux créations : hyperventilation en fonction immobile (Pneumo analyse) et Méditation Pleine Présence.
Soixante-quinze années pour y accéder, (quinze années en famille, dix années de vie religieuse, dix années d’études médicales, huit années d’études en sciences humaines, quarante années de psychiatrie, cinquante années de bonheur conjugal et parental). Soixante-quinze années, mais oui, ce n’est pas de trop pour vivre sa vraie vie.
Et huit cents pages pour vous en faciliter l’accès, ce n’est pas de trop non plus pour vivre sa vraie vie au-delà de la survie.
Car la survie de l’humanité est en jeu. La Culture du fric, du flic et du clic (et de Trump) a permis ce péril. Alors faut s’engager dans la Contre-Culture, fondée en psy, EMI, Ethique et Mystique.

GPS et Galiléo

Ce livre est festif, affirmatif, confirmatif, performatif. Il parachève et couronne soixante années de recherche et de démarche. Je quittais ma famille et entrais au petit séminaire pour devenir religieux. Je sortais du formatage pour assumer mon propre frayage. Avec le GPS et le nouveau Galiléo on sait où l’on va et on nous indique l’endroit. A quatorze ans, je pensais savoir. En fait, je ne faisais que pouvoir. J’ai pu. J’ai fait. Je suis parti. J’ai franchi. Je me suis affranchi. Aujourd’hui, c’est arrivé. Ce n’est pas fini, mais bien parti. Comme Galilée. Il savait. Il s’affirmait, confirmait, performait. Mais tout en malice, tout en finesse, mine de rien. Sa tête était à ce prix. La vie est comme ça.
Il y a un million d’années, un bonobo a eu un énorme orgasme tout en haut du baobab. Il a lâché prise, est tombé et a atterri sur ses pattes arrière, tout étonné de bien s’enraciner sur l’arrière train. En glissant sur le tronc, il s’est aussi fait arracher ses poils. Et l’humanité fût, à la fois l’être, humain, et l’organisation festive de ses sept milliards. Hier soir on en rigolait avec mon fils Grégoire, celui qui fait les couvertures de mes livres en digital art. C’est une baise éclair qui a métamorphosé le bonobo, notre ancêtre, et qui l’a rendu glabre. Grégoire vit à Londres. Il est tombé d’aussi haut avec le Brexit. Faut-il aussi repartir ? Non. Il s’agit seulement d’avancer, de chercher, d’intégrer la nouvelle donne. Oui. Parce qu’on donne. La vie ça donne.
Faut y aller. Vous me suivez ? Dans le livre d’images.
Depuis trente-cinq ans, ce cheminement est ponctué par des images, symboles et professions de foi sous la forme des titres de mes livres. Galiléo marque les repères, tempère, vitupère. C’est pas par-là, mais tout droit. Voici un florilège de ces titres.

  • « Le corps aussi » (1991), à trente-neuf ans, à l’âge de Freud pour ses « Etudes sur l’hystérie ». Le corps aussi, dès la sortie du couvent ?
  • « La somatologie, un modèle théorique pour…le troisième millénaire » (1990). Serait-il visionnaire ? Ambitieux en tout cas ! Mais on y est, dans le troisième millénaire.
  • « A chaque jour suffit son bonheur » (1994) Ah, quand même.
  • « Freud encorps… et le théorème de l’humain» (1995). Déjà. Mais c’est trop mathématique et c’était surtout trop tôt.
  • « Le Manifeste » (2010) qui se réédite ici pour sa troisième partie.
  • « Stress, angoisse, pulsion de mort » (2011). A tant claironner, fanfaronner et plastronner, ça tombe et souffre aussi.
  • « La Pleine Présence » (2013). Une méditation. Est-ce que ça repasserait par le couvent ?
  • « L’approche intégrative… la pleine intégration. » (mars 2016, octobre 2016)

C’est cela être humain. On affirme. On peaufine. On relance. On tance. C’est du corps, de l’âme et du cœur. C’est de la mort, imminente, qui devient initiante.
Poh, poh, poh. Arrête de tourner autour du pot. Avance plein pot. Comme le bonobo. Quand il a loupé la branche à cause de la transe, il a été terrassé par le POH, le Processus Organisateur de l’Humanité. Il est devenu humain. Et avant d’atterrir, il a eu la vision de ce nouvel état. En quelques secondes il s’est lâché dans l’Expérience de Mort Initiante, l’EMI. Il a été initié. Etre humain, c’est plein pot, sans tourner autour du pot. Juste, de temps en temps, le doigt dans le pot… de miel. On y va ? Vous ne laissez pas tomber ?

ENVOI

Changement d’ère, de scène, de paradigme

Le troisième millénaire s’annonçait comme un changement hautement symbolique, au-delà du seul numérique. On n’est pas déçu. Il n’est pas très religieux comme le souhaitait Malraux. Il est terroriste. Et le véritable terrorisme n’est pas où on le croit. Il est dans le changement d’ère. Nous entrons dans une nouvelle géologie, celle de l’anthropocène. A présent, c’est l’humain qui façonne le globe, certains humains du moins, ceux qui font fructifier leur argent au lieu des arbres. Quelle trumperie.
Changement de scène, Freud voyait la vérité de cet humain sur une « autre scène ». On n’est pas déçu non plus. Au lieu que ce soit le lieu de la rencontre, du lien, de l’intégration et de l’œcuménisme, c’est celui de la radicalisation. Chacun pour soi. Tout ça, c’est à moi. Même la psy s’y met qui construit ses chapelles, ses dogmes et ses rituels.
Changement de paradigme. Le discours ne se profère plus sur le divan mais sur les réseaux sociaux. Je like, je kiffe, je follow. La création ne concerne plus la vie bonne mais les jeux vidéo, la réalité virtuelle. On ne se réveille plus avec des rêves pleins les yeux, on saute sur son smartphone et ses followers. La psy formate des individualistes, pollueurs et radicaux. L’inconscient n’explique plus le monde. Ce serait plutôt le réflexe conditionné qui le fait. La psy a mené à mi-chemin. Maintenant faut aller plus loin, sur une nouvelle scène. Maintenant faut changer de paradigme à savoir la façon de penser.
C’est le secret qui domine le monde, le secret mystique, psychanalytique, quantique, numérique. Tout le monde veut dominer. Et quoi de mieux que d’y aller en secret ? De toute éternité, ce fut par la mystique : (mysticos = caché). Freud a apporté de la science. Loupé, elle est « in-consciente ». Circulez, n’y a rien à savoir. Après la science « molle », essayons la science « dure », physique. Manque de chance, le chat (de Schrödinger) y est vivant et mort à la fois. De quoi désespérer les transhumanistes eux-mêmes. Never mind. Il nous reste le numérique et les Gafam (google, apple, facebook, amazon, microsoft). Encore loupé. Les codes sources de leurs logiciels sont secrets (sauf pour les hackers !). Notre nouveau paradigme dérogerait-il au secret ? Renoncerait-il à dominer le monde ? Oui, parce que c’est un logiciel libre. Oui, il veut juste éviter la disparition du monde. On s’y met ?

Sciences dures et sciences molles

Il y a des sciences réputées « dures » : physique, chimie, biologie, mathématiques, entre autres. Elles s’endurcissent des conditions draconiennes de recherche, de validation, de théorisation, se prêtant à la falsification éventuelle. Le boson a été postulé il y a cinquante ans par Higgs. Il a été détecté dernièrement dans le Large Hadron Collider (LHC) de Genève au prix de milliards d’euros. Les sciences dites dures permettent d’exterminer l’humanité de deux façons : par la bombe atomique ou par le désastre climatique. Elles sont vraiment « dures », les sciences appelées ainsi.
En face œuvrent les sciences caricaturées en « molles », psychologie, sociologie, anthropologie, philosophie, pour ne pas ajouter histoire et théologie. Elles commencent par de pures descriptions dites phénoménologiques puis se précisent par degrés d’abstraction successifs. Mais elles régulent la société et guérissent les individus ce qui constitue une vérification et une validation au moins aussi dignes d’intérêt que la cinquantième particule de l’atome (le boson de Higgs). Avec l’histoire (faite pour ne pas la rejouer) et les religions (prônant les valeurs de vie), les psycho- et socio- logies veillent à la vie et, plus récemment, à la survie, celle de l’humanité. Aussi ces Sciences Humaines, tout en devenant « dures » comme nous le verrons, sont des savoirs « tendres » grâce au cœur et à l’âme qui les habitent. Et même qu’elles sauvent le monde. Alors, qui est dur, qui est mou ? Ne faudrait-il pas inverser ces attributions ?

Hacker du cœur (de la vie) ou comment casser les codes anti-vie

Mystique. Comment sortir de la cachette ? Comment accéder à ce trésor des civilisations sans fuir au fin fond d’une vallée himalayenne ? Par la méditation, entre autres. Par celle qui se construit sur les psychothérapies, au protocole libre, comme notre Méditation Pleine Présence, sœurette de la Pleine Conscience.
Inconscient. Comment transformer ce négatif, in-, y a pas, en du constructif ? Comment enlever cette réponse à tout faire, et même à ne rien faire, refoulant toute interrogation cruciale ? Par le transconscient. Cet état d’être est même « dur » puisqu’il combine les dizaines de messages inconscients simultanés (inférieurs à 0,2 sec) et la conscience opérationnelle (égale à 0,3 sec). Et c’est même neuroscientifique, exact et validé.
Quantique. Psychothérapie quantique, pour soigner l’ambivalence du chat de Schrödinger. Conscience quantique comme cache-misère de l’énigme de l’EMI. Elles sont les nouvelles donnes du marketing. Regardons plutôt du côté du Cantique des Cantiques, du plus beau des chants d’amour que la civilisation ait produit et dont l’inspiration vient évidemment de cette Expérience de Mort Imminente qui devient Expérience de Mort Initiante. C’est elle qui initie l’amour et sauve la vie, et l’humanité.
Numérique. Comment refuser d’être pisté, géolocalisé, analysé et coincé dans le big data sous prétexte de compter sur la smartwatch les 10.000 pas que je dois faire chaque jour ? Comment empêcher les Gafam de devenir les maitres du monde sous couvert de libertarianisme ? En fait, ils ne font que moderniser le besoin de consommation, donc de production, donc de pollution, puis d’extermination. Mais il y a d’autres ressources, internes, qui peuvent et doivent remplacer toutes ces actions meurtrières, à savoir les ressources transcendantes révélées par l’EMI.